Ben oui. Retour au Québec. Petite course à faire. Alors, boulettes.
Julie est partie sévir en Europe
jeudi 13 juillet 2023
lundi 3 juillet 2023
C'est finiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Un petit rappel, comme ça, juste pour rien:
Février:
- Une semaine en Islande (Borgarnes et Reykjavik)
- Une semaine à Helsinki (Finlande)
- Une semaine à Tallinn (Estonie)
- Une semaine à Riga (Lettonie)
Mars:
- Quelques jours à Lille, chez Anne et André (France)
- Un bébé saut à Bâle, chez Jacques et Peter (Suisse)
- Un premier saut à Bordeaux (France) pour aller boire du vin avec Christian et Raymond
- Trois semaines à Milan (et des escapades à Venise, Bergame, Vérone, Turin, Côme, le Barolo)
En avril:
- Trois semaines à Florence (et des escapades à Bologne, Parme, Modène, l’Émilie-Romagne, Saint-Marin, les Cinque Terre, Pise et Gênes)
- Une semaine dans le sud de la France: Marseille où j’ai soupé avec Louise, Maubec où j’ai passé du temps avec Gabrielle, Thibaud, Louise-Anne et Robert), Carcassonne et Bordeaux où j’ai habité chez Thierry et Hannah et où j’ai vu Pierre, Xavier, Caroline et Damien. 💕
En mai et juin:
- Une semaine à Londres pour le couronnement de Charles
- Trois semaines à Glasgow, en Écosse
- Deux semaines pour faire le tour de l’Écosse
- Une semaine à Édimbourg
- Dix jours à Manchester (avec une escapade à Liverpool)
- Quelques jours à Londres
Eh bazwell… Ma marge de crédit peut ben crier au meurtre! Elle en a pour quelques années à s’en remettre! 😱
Ce matin, j’ai jasé avec Caroline, la blonde de Natalie. Comme elle vient de Glasgow, on a jasé Écosse et elle a quand même été étonnée que je sois allée à Lockerbie. Ses grands-parents viennent de là et elle est venue les yeux pleins d’eau en m’expliquant le traumatisme vécu par les gens là-bas quand ils ont reçu l’avion sur la tête. Les Écossais ayant l’habitude de se regrouper et de se tourner les uns vers les autres, ça pourrait peut-être expliquer pourquoi il y a peu de monuments commémoratifs sur la tragédie. Ils savent – évidemment – que c’est arrivé mais ils ne veulent pas nécessairement en faire un plat. Ça a de l’allure.
J’ai mangé mon yogourt à la rhubarbe (pourquoi on n’a pas ça chez nous?) et Natalie m’a accompagné à la station de métro. Je n’ai pas trop compris son insistance à me donner un coup de main, mais je l’ai apprécié.
Métro. 1h20 de métro. Faut dire que j’ai traversé la ville de l’est à l’ouest. 🚋 Y'a le métro qui va à l'aéroport.
À Heathrow, j’ai pas niaisé: je suis tout de suite allée porter mes valises et passer la sécurité. Autant attendre du bon bord. Déposer les valises a été un jeu d’enfant: moi qui craignais qu’elles dépassent les 23 kg autorisés, j’ai quand même été surprise de constater que la plus pésante faisait 21,7 et la plus légerte à peine 17! Je voyage léger, mes amis! Passer la sécurité a amené plus d’action, toutefois. J’ai été choisie pour passer au comptoir où on n’a pas besoin de sortir l’ordi du sac ni d’enlever ses suyers… sauf que le rayon X a vu quelque chose dans ma botte gauche. Parce que oui, pour gagner de l’espace dans ma valise mauve, j’ai décidé de porter mes bottes de marche dans l’avion (de toute façon, j’ai jeté mes souliers hier soir, après ma journée à Londres – ils m’ont rendu de fiers services ces derniers mois mais ils étaient au bout de leur vie utile…). Faque j’ai dû enlever mes deux bottes, me mettre les pieds sur une machine qui cherchait je sais pas trop quoi pendant que mes bottes se faisaient examiner par une autre machine. Rien dans mes pieds, mes bas et mes bottes. Bon, c’est au tour de mon sac à dos d’être sur la voie d’inspection supplémentaire! Il m’a fallu le vider, moi qui l’avais justement paqueté serré. Ce que voulait voir l’agente, c’est le livre tout au fond! J’ai dû sortir l’ordi, la caméra, la jaquette, les suyers… et tout remballer une fois tous les tests complétés. Je suis clean, j’ai le droit de voyager!😇
Avec tout ça, j’ai toujours ben 2h devant moi. Je suis allée dans un duty free pour constater que je n’avais pas envie d’acheter de l’alcool (je dépasse déjà) ni du parfum. Comme il me restait des pounds en papier, je me suis dit que je pourrais les passer en achetant du chocolat Cadbury (une chocolaterie anglaise, je vous le rappelle) Bonne stratégie… qui s’est révélée inefficace. Parce qu’il faut absolument payer avec une carte. 🙄
Je suis allée déjeuner avec un english breakfast. Faut être fait fort pour manger ça… comme c’est mon dernier repas anglais, autant faire anglais.
Puis la porte du vol AC865 a été annoncée: B-42. C’est de l’autre côté de l’aéroport, ça! Faut faire un détour par le Bangladesh! C’est au moins 15 minutes de marche!On finit tous par s’entasser dans le beau Boeing 787. C’est ben ben plein, cet avion-là. Je suis au fond, au 43C. Sur 45 rangées, c’est pas mal au fond!
Devant moi vient s’installer Delphine, une ancienne étudiante! Tu parles d’un adon (Camil! Sors de ce corps!) Elle est avocate fiscaliste spécialisée dans les grandes fortunes (eh qu’elle ne s’occupera pas de mon dossier!). Elle travaille à Londres, avec son chum, pour deux ans et elle rentre à Montréal pour deux semaines de vacances. Ils habitent dans Greenwich, là où j’étais hier, et elle travaille à Canary Wharf, juste de l’autre côté de la Tamise. J’étais contente de la revoir.
| Les cheveux blonds sont à Delphine! |
Vous dire la turbulence qu’on a eu en décollant de Londres, c’était vraiment pas rassurant. Mais à part garder sa ceinture attachée, y’a pas grand-chose qu’on peut faire. Un avion ne s’écrase pas de turbulence. C’est juste très désagréable.
À côté de moi, un Anglais qui vient passer trois semaines au Canada: Montréal, Québec et le stampede de Calgary! À côté de l’Anglais, un Québécois de la région de Huntingdon qui rentre après un séjour à Londres pour la job. L’Anglais a été informé d’à peu près tout de la vie: les tiques et la maladie de Lyme, son chien, le métro, les pubs, le salaire, les impôts, les trains (ou plutôt, les non-trains), les cartes E-SIM (j’aurais aimé le rencontrer avant, quand même!), le Saint-Laurent, la bière… Une chance que j’avais mes écouteurs coupeurs de son! Ça les empêchait de me faire du social. Ces écouteurs-là, c’est extraordinaire pour le son de fond (comme les moteurs d’avion) mais ça ne coupe pas les conversations! Mais ça donne l’air!...
On est parti de Londres avec une heure de retard! Faut croire que le vent de face n’était pas trop fort, parce qu’on faisait toujours ben du 830 km/h à 39 000 pieds dans les airs.
| On est passé au-dessus de Manchester! |
| Évidemment, dès qu'on a pu détacher nos ceintures, les gens se sont levés comme s'ils avaient le feu au cul. Ça ne sert à rien, on est dans le fond! |
J’avais la chienne… non, pas vraiment. Je rapporte trop d’alcool et je vais le déclarer. Au pire, je vais payer. Au mieux, le douanier va être fin. Faque j’ai fait ma déclaration de douane en indiquant que je dépasse la quantité d’alcool permise (c’est juste 1,5 litre, je vous le rappelle). La tite douanière (elle a l’air d’avoir 14 ans) me demande pourquoi je dépasse. Je le lui explique. Elle me dit d’aller voir son collègue à côté. Ce que je fais. Il me pose la même question, je lui donne la même réponse. On dirait que je le gosse, ça me donne l’impression que je pourrais m’en sortir.
Après 30 minutes d’attente (je pense qu’ils manquent de personnel, à Dorval), j’ai récupéré mes valises et je me suis mise en ligne pour remettre mon papier de douane. La jeune fille, tout au bout, me dit que je dois plutôt aller dans la pièce de contrôle supplémentaire. Je me mets en ligne dans la file des contrôles supplémentaires. Comme je sais pourquoi je suis là, je sors mes factures. Je n’ai plus celles des bouteilles de vin (j’ai acheté ça à l’épicerie, c’est sûr que j’ai jeté ça), mais j’avais pensé à garder celles des gins. Faque quand c’est à mon tour, je lui dis que je suis ici pour 2 bouteilles de vin (mon 1,5 litre) et 5 bouteilles de 500 ml de gin en lui tendant les factures. Elle prend mon papier de douane et me fait un grand sourire: «Je vous en fais cadeau pour aujourd’hui! Déjà que vous avez attendu avec la file. Merci de l’avoir déclaré! Bonne fin de journée!» Je pogne mes factures avec un grand sourire moissi, je sors de la zone de contrôle et, de l’autre côté, je retrouve Michaël et sa mère venus me chercher! Le bonheur!
Maintenant, je suis rentrée. Je ne sais pas de quoi seront fait les prochains jours, ni comment je vais me réhabituer à une certaine routine au retour (éventuel) au travail. Comme les vacances sont loin d’être terminées, Azarius m’attend pour explorer les routes québécoises, ontariennes ou peut-être américaines (bien que je sois tannée du taux de change désavantageux face au dollar canadien). Mais ça se pourrait que j’aie envie d’un clam chowder ou bedon d’un lobster roll!
Merci à vous tous qui avez lu mes aventures. Merci à tous ceux qui ont commenté, ici ou ailleurs. Merci de vos encouragements, vos observations, vos questions. Merci aux amis européens que j’ai revu avec plaisir. Ça faisait longtemps. 💕 Merci aux étrangers que j’ai rencontré et à qui j’ai parlé sans me faire bouffer ni égorger. J’ai eu confiance et je n’ai jamais été déçue. Merci à AirBnB et à tous ceux qui mettent des appartements ou des chambres à la disposition des voyageurs. Merci à Booking.com de me suggérer des hôtels. Merci aux compagnies aériennes qui m’ont charrié icittélà. Merci aux transports publics et à quelques taxis. Merci aux chars loués: l’agréable Renault Captur, la détestable MG à Bordeaux (une chance, c’était juste pour 2 jours), l’à-l’envers Citroën C3 écossaise et la Vauxhall tout aussi à l’envers qui m’a amené voir des avions.
Merci à ma marge de crédit qui, malgré sa souffrance, m’a accompagné. Merci, surtout, à ma convention collective qui permet ce genre de congé!
Vous voulez continuer à suivre mes aventures? Retournez sur le blogue principal: https://julieestailleurs.blogspot.com
Ça ne sera pas autant exotique, mais ça sera toujours moi.
dimanche 2 juillet 2023
C'est la dernière, mais elle est occupée!
C’est aujourd’hui, la dernière journée de ce long périple européen! J’ai quand même du mal à croire que je suis rendue là.
En jasant avec Natalie ce matin, j’ai décidé de retourner à Greenwich village. Parce que c’est quioute et parce que j’ai vu qu’il y avait un parc avec un observatoire et des explications sur le méridien zéro. Et Natalie m’a suggéré un trajet d’un peu plus d’une heure, combinant train, métro et train léger. Go.
Eh boy… Pas facile les déplacements à Londres! Tchequez ben ça. J’ai pris le train jusqu’à Liverpool station (20 minutes), puis le métro jusqu’à Bank (1 station). C’est là que ça s’est gâté. J’aurais dû prendre le DLR (le Dock light rail) pour quelques stations, direction Lewisham, jusqu’à Greenwich.
Mais, dans tous les jours de l’année, cette section du train est fermée aujourd’hui pour de l’entretien. Une seule journée. Aujourd’hui. Comme je voyais passer plein de trains qui n’allaient pas à Lewisham, j’ai fini par m’inquiéter et j’ai demandé à un type avec une veste jaune. Plan B de déplacement: prendre le DLR pour une station jusqu’à Shadwill. Puis, le overground (le train) pour 3 stations jusqu’à Canada Water. De là, il y a des bus de remplacement pour Cutty Sark, ma destination (une des deux stations de Greenwich). Ce sera ça. Mais le bus de remplacement doit prendre des rues en travaux où on ne passe qu’à une voie en alternance! Alors, combien de temps vous pensez que ça m’a pris pour faire ce que je devais faire originalement en 1h15?
A) 1h45
B) 2h
C) 2h30
D) 2h45
Ceux qui ont choisi C ont gagné mais rien gagné. Ouan. Partie de la maison à 11h15, je suis arrivée à Greenwich Village à 13h45. Tout ça en ne restant qu’à Londres! Dire que j’aurais pu aller à Québec dans le même temps!
Évidemment, j’avais une envie de dernier Sunday Roast, mais l’idée de m’assoir pendant une heure pour manger ne m’intéressait pas trop… Je suis donc allée au Greenwich market, où il y avait tout plein de kiosques de bouffe. Oh que ça a fait la job! Je me suis pris un excellent sandwich agneau, poulet et halloumi. Mais disons que manger debout, c’est pas la chose la plus tripante à faire, surtout quand on a le corps usé de cinq mois de marche! Ça prend juste pas mal moins de temps!
Je m’étonne toujours quand j’entends l’accent québécois. Je n’en ai quand même pas beaucoup entendu ces derniers mois. Un peu à Londres (il y avait des jeunes adultes derrière moi au kiosque de bouffe), mais pas tant que ça.
Je me suis un peu promenée dans les rues du village et je comprends un peu plus pourquoi le guide Michelin a donné trois étoiles à l’endroit. J’ai peut-être encore manqué quelque chose, mais j’en aurais donné deux, mettons. Surtout si je compare à Londres ou à Édimbourg qui ont trois étoiles…
| La cabine de téléphone est à vendre, si jamais ça vous intéresse. |
| L'entrée du tunnel piétonnier sous la Tamise. Le tunnel fait 390 mètres et est creux de 5 étages (et l'ascenseur ne fonctionne pas toujours) |
Comme je voulais aller voir l’observatoire, j’ai pas niaisé en ville et je me suis enligné dans le parc. J’ai rapidement compris pourquoi les gens de l’époque avaient installé l’observatoire ici: c’est sur une tite colline qui donne une vue imprenable sur un tiboutte de Londres. Bon, c’est sûr qu’au 16e siècle, les bildignes de Londres avaient pas l’air de ce qu’ils ont aujourd’hui, mais la vue devait être belle pareil!
Je me suis acheté un tiquette pis chus entrée. Misère que je comprends pas grand-chose aux observations physiques qui gèrent notre planète. J’ai souvent pensé à Elio, mon assistant.e de recherche qui tripe sur les étoiles, le ciel et autres patentes étranges.
La visite a pourtant mal commencé avec la statue de Wolfe, le "vainqueur du Québec", comme ça dit sur le socle...
| Un premier téléscope |
| Les heures selon les fuseaux horaires... |
La ligne du méridien zéro est ben claire. Pis y’a du monde qui s’amuse… Faque je me suis amusée moi aussi!
Et il m’a fallu rentrer. No way que j’allais refaire le même trajet en sens inverse. J’ai donc décidé de prendre le bateau westbound pour aller en ville. Le problème, c’est que je ne suis pas la seule à avoir pensé à faire ça: il y a une heure d’attente pour le bateau. Pfff. Je suis une fille débrouillarde. J’ai pris le bateau eastbound. Comme il n’y a que trois arrêts vers l’est, il n’y a pas d’attente! Faque j’ai débarqué à Woolwich Arsenal, au bout d’une ligne de DLR qui revient en ville. C’est sûr que j’ai fait un genre de grand cercle, mais au moins, je bougeais… Puis ça m’a fait voir le quartier Arsenal (ça appartient au Royal Borrough de Greenwich), là où, il y a longtemps, il y avait les usines d’armements les plus importantes de Grande-Bretagne.
Faque je suis revenue dans mon Walthamstow. Pis j’ai bouclé mes valises. Ça sent définitivement la fin.
samedi 1 juillet 2023
Eh ben...
Même si c’est l’avant-dernière journée de ces cinq mois européens, je n’ai pas l’envie de partir avant midi. Je me suis levée à 10h, j’ai déjeuné et j’ai mis de l’ordre dans ce que je voulais voir… Mais eh que ça ne s’est pas passé comme prévu.
Non seulement on est samedi et tous les Londoniens ont décidé de sortir, mais en plus, c’est le weekend de la fierté qui couronne le mois de la fierté. Cool, au fond. Mais vous dire le monde qu’il y avait dans le métro, c’était hallucinant. Déjà que le métro est chaud et mal ventilé, là, c’était à la limite du supportable. J’avais deux trajets de métro à faire pour me rendre à Greenwich. Ma première ride partait de Walthamstow, au bout de la Victoria line. J’ai pu m’assoir. Mais dès la station suivante, ça s’est rempli de gens qui allaient fêter la fierté, je ne sais pas où. Parce que c’était clair qu’à midi et quart, le party était déjà commencé. Ma deuxième ride était de Green Park à Greenwich North, sur la Jubilee Line. Là encore, métro bondé de gens qui vont je ne sais pas où. Il fait chaud dans le métro!
Je sors à Greenwich North, je vois un comptoir Prêt-à-manger et je décide de m’acheter un sandwich. La quantité de fois que je me suis acheté un sandwich dans un des comptoirs de cette chaine, Ça commence à ressembler à une habitude.
Bon. J’ai mon sandwich, il fait un peu moins gris, je m’enligne pour sortir de la station quand… tout à coup, je vois une annonce qui dit que l’autobus pour aller au IKEA part de l’arrêt B, juste là, à gauche. Ah ben viarge. Messembre que des boulettes pour diner, ça serait une bonne idée, non? Il est 13h30… Je trouve que c’est aussi une bonne heure pour diner. Faque je prends le bus 388. Mais, évidemment, j’avais oublié qu’on était samedi et que le tout Londres se donne rendez-vous au IKEA pour y manger des boulettes! Calvinisse qu’il y avait du monde!
Après mon diner, je me dis qu’il faudrait bien que je m’enligne sur mon méridien. Mais en regardant sur Gougueulemappe, je vois qu’il y a un Primark à 700 mètres. C’est sans doute ma dernière chance de m’acheter des bobettes. Faque me v’la partie pour aller sur Primark. Mais point de bobettes il y eut. En fait, c’était le Primark le moins pourvu en bobettes que j’ai fréquenté depuis celui de Glasgow où j’ai trouvé le miracle fait bobette.
Pis en sortant du Primark, que vois-je de l’autre côté de la rue? Un Sainsbury! Peut-être que je trouverais d’autres chandails? Bon, chus là. Je vais aller voir. Ben j’en ai trouvé un vert à manches courtes et un bleu ciel à manches longues. Quoi??? Un bleu ciel??? Vous m’avez déjà vu avec cette couleur-là? Je sais ben pas ce qui m’a pris. Probablement la perspective que c’était à 50% de rabais (tante Irène, sors de ce corps!), ce qui expliquerait pourquoi je n’en trouvais plus dans les magasins: c’était la fin!
J’ai deux chandails, pas de bobettes et la bedaine pleine de boulettes, mais je n’ai toujours pas vu le méridien de Greenwich. Faque je m’enligne. Petit tour d’autobus puis longue marche… pour ça.
Dire que c’est décevant est un euphémisme. Voyons qu’il n’y a même pas d’affiche explicative? Y'a une ligne par terre, une flèche qui dit qu'en partant d'ici, si on fait 24 859 km, on va avoir fait le tour de la terre. J’aurais bien voulu un observatoire, mais c’est clair que ça ne va pas arriver. C’est franchement assez nul. Et tout ça a trois étoiles dans le guide Michelin de l’Angleterre?
Heureusement, on a quand même une belle vue sur la ville, de l'autre bord de la Tamise.
| Ça, c'est de l'art: c'est une tranche de bateau. |
Et dans les activités de la ville, à part le IKEA, le Primark et le Sainsbury, il y a le O2. C'est une salle sous chapiteau, pis au cas où les gens ne sauraient pas quoi faire de leur vie, les concepteurs du O2 ont décidé de permettre aux gens d'escalader la patente. Ça a l'air que la vue d'en haut est magnifique. Mais bazwell qu'on me pognerait pas, même si tout le monde est attaché à un câble. Il n'y a pas de marches, on escalade sur du mou.
Au bout de ma marche, je me dis que je vais revenir en ville. J’ai le choix. Ben pas tant que ça. Je pourrais remarcher en sens contraire et retourner prendre le métro. Que nenni. Je vois le téléphérique qui passe au-dessus de la Tamise et qui pourrait m’amener de l’autre bord. Mais il vente un peu… et je ne me vois pas pantoute me balancer dans les airs. Faque que nenni. Puis, tout à coup, je vois le bateau qui joue à l’autobus sur la Tamise. Ça va être ça.
J’ai bien aimé ma tite ride de bateau… qui m’a permis de réaliser que Greenwich, au fond, c’était pas pantoute où j’étais. Oui, la ligne du méridien zéro passe là, mais le village, il est pas là pantoute. Le bateau a fait un arrêt à Greenwich village et c’est là que j’ai compris! En fait, j’aurais dû débarquer du bateau pour en profiter, mais le temps que je réalise, il était trop tard, le bateau était reparti. J’ai regardé pour revenir demain, pis ça se voyage juste tellement mal… Trois lignes de métro et 1h15 de voyagement. Pas sûre. Vraiment pas sûre. Faque j’ai continué mon tour de bateau. J’aime toujours ça voir une ville de son eau.
| Je suis fascinée de la tour qui peut ouvrir ses fenêtres... |
| Fascinée aussi de cette fille qui porte des shorts... avec des bas de nylon. |
| Et encore fascinée de ce petit garçon qui avait tellement une face d'adulte! |
Faque au bout de mon bateau, j’ai débarqué en face de Westminster. Je pense que tout le monde qui avait été dans le métro ce matin était autour de Westminster. C’est un peu étrange, mon affaire. Quand j’ai débarqué à Londres, au début de mai, c’était le couronnement de Charles. Tout était barricadé. Aujourd’hui? Même affaire. Y’a ben des rues de barrées pour le défilé de la fierté. Je pensais que c’était cet après-midi, mais ça s’est étendu jusqu’au début de la soirée. J’ai «manqué» le défilé des chars allégoriques, mais je suis arrivée pour le défilé des sympathisants… Le club des nageurs de Londres, les employés de la poste royale, l'association des psychologues, le club du cuir de Londres… genre les filles d’Isabelle, le Cercle des fermières, les Chevaliers de Colomb et autres club Rotary.
J’ai poussé ma marche jusqu’à Buckingham Palace, au bout du mall. Je pense qu’il y a dû avoir ben du monde là cet après-midi pour la parade. Mais là, c’était tranquille. Faque j’ai marché… et j’ai vu «le» balcon où les membres de la famille royale se font voir… À côté du château, il y a le Canada Gate très royal. Pis au bout de la gate, un poteau Newfoundland. Parce que j’imagine que quand le Canada a payé pour avoir sa gate, le Newfoundland n’en faisait pas partie.
| Autour de Parlement Square, des statues pacifiques. Ici, Gandhi. |
| Nelson Mandela |
| Abraham Lincoln |
| La Canada Gate |
J’ai traversé le Royal Park. En cette fin de journée, il y avait encore pas mal de monde assis par terre dans le gazon. Je ne sais pas si c’est à cause de la fierté, du samedi ou du soleil. Un peu de tout ça, j’imagine.
Je trouve que je suis à
boutte du bruit. C’est sûr que le défilé, c’est bruyant. Mais dès qu’on rentre
en-dedans, c’est toujours bruyant. Chus aussi tannée des mamelons (pas vraiment
de rapport entre les deux causes de mes tannages). C’est juste que les filles,
je vous l’ai déjà dit, ne gèrent pas très bien le soutien-gorge. Bon, c’est sûr
qu’en ce jour de la fierté, ça débordait vraiment de partout, mais au-delà de
ça, c’est pas chic pour les filles ordinaires. À Greenwich pis au IKEA, y’était
pas question de fierté. T’sais, j’ai vu une fille avec un tshirt serré que non
seulement on voyait la forme des mamelons, mais en plus, on voyait la boucle d’oreille
(ben, la boucle de mamelon) qu’elle avait autour du mamelon gauche. Dans le
métro, il y avait un paquet de filles habillées en rose parce qu’elles étaient
toutes des filles d’honneur pour un mariage à venir (la future mariée aussi
était dans la gang, évidemment), pis une des filles avait un décolleté
tellement plongeant qu’on lui voyait un bout de mamelon. Chus à boutte.
En sortant du parc, je me suis mise en quête d’un pub pour manger un fish’n’chip. C’est que mon séjour anglais tire dramatiquement à sa fin… Mais, ce que j’ai croisé, c’est le métro Green Park… qui est sur la Victoria Line qui va me ramener chez moi en ligne droite. Faque j’ai décidé que c’était fini. Les jambes rentrées dans le corps jusqu’en t’sours des bras, je suis revenue souper… dans ma chambre, après une bonne douche!
