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mardi 23 mai 2023

Au coeur de l'Écosse

Décidément, le train européen, britannique ou écossais, c’est pas de la petite bière flatte. Dimanche soir, une envie d’aller voir le château de Stirling. J’ai donc acheté un billet de train: départ à 10h07 de la gare de Queen Street, à Glasgow. Ce matin, après une nuit d’insomnie, je suis partie un peu plus tôt que prévu de la maison, si bien que je suis arrivée à la gare à 9h30. Le quai du train de 10h07 n’était pas encore affiché, mais celui de 9h41 l’était… Alors, je suis partie 28 minutes plus tôt pour Stirling. Oui, il y a des trains toutes les demi-heures entre Glasgow et Stirling, à 30 minutes de là. Partez-moi pas, siouplait.

La gare de Stirling est considérée comme l’une des plus belles d’Écosse. Elle existe depuis 1848, et déjà, à l’époque, elle était très fréquentée. Les milliers de passagers qui s’y croisaient se plaignaient alors de sa petitesse. C’est donc en 1913 (on parle de 110 ans, là) qu’elle a été agrandie et redessinée par l’architecte James Miller. Vous le connaissiez? Moi non plus. Mais c’est lui pareil.



Stirling est une petite ville (autour de 50 000 habitants), quelque part au milieu entre Glasgow et Édimbourg (un petit peu au nord). Les premières traces de la ville datent de -2150. Mettons que ça fait un boutte. Mais mettons que la ville existe dans l’histoire de l’Écosse depuis le Moyen-Âge (genre 1200). Elle fut, un temps, la capitale du royaume d’Écosse. C’est pour ça qu’on dit de Stirling qu’elle est l’Histoire de l’Écosse. Et, amis du Nord, sachez que Stirling est jumelée avec Villeneuve d’Ascq, en France!

La vieille ville est construite sur une butte. Alors, je ne vous dis pas l’état de mes mollets et du devant de mes cuisses ce soir. D’autant plus que, pour une raison étrange, j’ai une jambe un peu enflée depuis quelques jours. J’ai donc arpenté la vieille ville médiévale, fort jolie d’ailleurs. Il y avait des vues où je me disais «C’est ça, l’Écosse, dans ma tête». Faque j’ai hâte à la semaine prochaine parce que je vais commencer mon tour d’Écosse… À moi les petits villages, les routes en plein champs et les moutons. Bon, bon, je m’énerve. C’est juste la semaine prochaine.









Le Mar's wark: les ruines d'un palais inachevé (c'est classé au patrimoine écossais)






Et le château est sur le dessus de la butte. Mettons que ça aidait à la rendre imprenable. Aujourd’hui, c’est assez bien restauré parce qu’il est vieux, le château. Les premières pierres datent du 12e siècle. Pour avoir vu des châteaux ailleurs (notamment en France), je peux dire que le château écossais ne ressemble pas vraiment aux autres. Par la pierre en grès rouge-brun, mais par l’architecture. Dans l’histoire (vous connaissez ma rengaine: «eh qu’il y a des trous dans mes connaissances historiques…»), le château (comme la ville de Stirling) a appartenu aux Zécossais, aux Zanglais, aux Zécossais, aux Zanglais… finalement aux Zécossais à partir du 15e siècle. Il y a eu des James (le 4e, le 5e et le 6e), comme Marie Stuart (la fille de James V) qui sera couronnée reine dans la vieille chapelle royale en 1543.

Il n’y a qu’un édifice que je n’ai pas visité: l’exposition des tapestries. Vous savez à quel point j’aguis ça, les tapestries. Faque chus pas obligée de me faire chier. Mais j’ai vu tout le reste: le Queen Anne garden, la Chapel Royal (je ne sais pas pourquoi j'ai vu, partout, chapel écrit de même), le Great Hall, le Palace, la Great Kitchen, les Casemates. J'ai aussi visité l'intérieur du château, là où les gens riches et célèbres habitaient. Il y avait des «personnages» qui nous parlaient de leur vie au château: une servante, un majordome, une femme de la cour... C'était très intéressant et instructif, pour ce que j'ai pu en comprendre! Ah oui: j'ai aussi fréquenté le magasin de souvenirs… où je n’ai rien acheté. Ben, trois cartes postales. Ça compte pas dans des souvenirs, ça.


L'entrée du château


Comme le château est sur une butte, on voit bien au loin (quand ce n'est pas trop brumeux écossaisement parlant). Et on voit les moutons qui paissent.




C'est pas évident, mais il y a des formes dans le gazon.

Le château est accessible à pied (et en véhicule) de l'autre côté.


La salle à manger

Oui, oui: des tapestries. J'ai pas eu le choix de les regarder.

Y'a une femme de ménage qui nous jase

Une dame de compagnie


La licorne est l'animal de la famille royale








La chapel royal

La chapel royal


Vue sur le cimetière




Le Argyll’s Lodging, en face du château, a été construit en 1632 pour Sir William Alexander qui a fondé… la Nouvelle-Écosse.  Aujourd’hui, c’est un hôtel, fermé pour l’instant pour cause de refurbichement. Je veux pas savoir le prix d’une chambre, je ne vais pas y aller énéwé.

Mon père aurait dit que les gens riches (et célèbres, peut-être) ont tellement d’argent qu’ils font tondre leur gazon ailleurs…

Une des maisons du château est dédié au Argyll and Sutherland Highlander Regimental Museum. Le régiment a été formé en 1881 par la réunion du 91e bataillon de l’Argyllshire Highlanders et le 93e Sutherland Highlanders qui existaient depuis 1790. Méchant nom original, quand on y pense. Les Highlanders servent dans l’armée britannique, notamment pendant la Guerre des Boers en Afrique du Sud, les deux Guerres mondiales, la Guerre de Corée, celle en Afghanistan… et en 1838, au Canada. En ce lendemain de journée des Patriotes, c’est comme venu me chercher, mettons.

En l’honneur de ce régiment, il existe des Highlanders… au Canada. Ouan. En Alberta.

En sortant du château... Je vous l'avais dit que c'était bizarre, la cornemuse.

Un peu comme à Lockerbie, j’avais un billet de train de retour vers 19h. Mais à 15h30, j’avais fini le tour du château et de la ville. Et j’ai su (et que j’aurais dû savoir la semaine passée) que mon billet de retour était lousse sur l’horaire: je pouvais prendre n’importe quel train pas à l’heure de pointe. Quand j’ai débarqué à Stirling en matinée, j’ai demandé à une employée de ScotRail c’était quand, les off-peaks hours. Elle m’a dit que ça comptait pour partir de Glasgow en soirée, pas pour y revenir. Faque je pouvais prendre n’importe quel train. Ce que j’ai fait. Et oui, il y avait des trains aux demi-heures encore. Je suis arrivée à la gare à 15h56 en me disant que le pire que j’aurais à attendre, c’est 29 minutes, si mon train venait de partir. J’ai finalement attendu sur le quai 3 jusqu’à 16h21. Une jolie demi-heure de train et j’étais revenue à Glasgow.