Eh que je suis échevelée, moi, quand il s’agit de choisir ce
que je veux visiter… (Presque) tout m’intéresse. Bon, certaines affaires plus
que d’autres, c’est sûr. Si ça parle d’histoire, ça part déjà avec une longueur
d’avance. S’il est question de la Seconde Guerre mondiale, c’est deux longueurs
d’avance. Mais des affaires peuvent partir avec un peu de retard et j’y trouve
mon compte quand même. Chus de même.
Faque ce midi, tour de métro et première visite de la
journée: l'immense musée de l’automobile de Turin.
C’est parce que, les amis, Turin
est le haut lieu de la conception et de la fabrication des autos en Italie. La
compagnie FIAT est née à Turin et y a toujours son immense usine. D’ailleurs,
FIAT est l’acronyme de
Fabbrica Italiana Automobili Torino, faque c’est une
affaire turinoise. À l’époque (fin 19
e siècle), l’Italie se considérait
«en retard» sur ses voisines, la France et l’Allemagne, quant à la construction
automobile. On peut pas dire, quand même, que l’auto était une patente très
très développée à la fin du dizneuvième…
Je parle de FIAT parce que c’est la plus grosse compagnie italienne.
Non seulement elle fabrique des voitures (notamment en association avec
Chrysler maintenant), mais elle possède aussi les machines agricoles New
Holland et Case et les autobus IVECO. Un autre genre de véhicules, mettons.
Je pourrais aussi parler de Lancia ou de Ferrari… Heureusement,
le musée ne s’intéresse pas seulement aux autos italiennes. Il y a des françaises
(la Citroën qui «levait» du sol), des allemandes, des américaines, des
françaises… et même une Trabant est-allemande!
Le musée est immense et est rempli de vieilles voitures. Le
guide audio qui se télécharge sur le téléphone à partir d’un code QR est
vraiment intéressant et d’une longueur acceptable: ça dure autour de deux
minutes par salle. On ne s’éternise pas. Évidemment, on peut continuer à regarder
les voitures même si la voix a arrêté de jaser, ce que j’ai souvent fait.
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La première «limousine» de Rolls Royce
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La première Volkswagen qui donnait l'idée qu'on pouvait voyager en voiture.
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Une «deux-chevaux» française, très associée à l'époque Peace and Love
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À Berlin-Ouest, dans les années 60, les gens se promenaient dans cette voiture...
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... pendant qu'à Berlin-Est, les gens attendaient jusqu'à 5 ans pour avoir une Trabant brinquebalante et hyper polluante!
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La première coccinelle, la voiture du peuple allemand
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La section sur les voitures de formule un est magnifique. C’est
juste trop beau de voir les voitures rouges alignées les unes derrière les
autres. Pour parler de Ferrari, il y avait même une des voitures de Gilles
Villeneuve. Ça m’a quand même fait un ti ketchose. Espèce de pilote fou mort
trop jeune.
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C’est sûr que je passe plus vite sur la section des moteurs,
mettons… Mais ce qui était intéressant dans ce musée, c’est l’histoire de l’évolution
de la voiture, ce que les clients veulent acheter. Ça explique l’importance du
développement des voitures au moment des deux guerres mondiales (tout était
concentré à développer des véhicules militaires, les véhicules civils étant
laissés de côté), l’importance du désign dans la conception des voitures, l’évolution
de la grosseur des autos (ça vient des Américains, vous ne serez pas surpris)
et la notion d’obsolescence programmée… qui vient aussi des Américains: ils
voulaient que les gens se tannent de leur voiture et en achètent une autre,
alors les constructeurs se sont arrangés pour que des pièces de la voiture ne fonctionnent
plus passé un certain temps ou que le look des nouvelles autos soit tellement
plus accrocheur qu’on a juste envie de changer! Grrrr.
Tour d’autobus pour revenir en ville, le musée étant un peu
excentré. J’aurais voulu aller voir le musée du cinéma italien (et surtout
monter dans l’édifice par l’ascenseur pour voir Turin d’en haut), mais c’était
complet pour la journée, à 15h, quand j’y suis arrivée. J’ai voulu acheter mon billet
pour demain et c’est aussi complet pour la journée. Ben, ils vont devoir se
passer de mon auguste présence.
J’ai pris le tramway (parce que oui, comme toutes les villes
que j’ai visité – sauf Venise pour des raisons évidentes – Turin a un réseau de
tramways fort efficace) pour aller au musée de la résistance. Petit musée de
rien du tout, avec des témoignages d’Italiens et d’Italiennes qui ont «résisté»
lors de la Seconde Guerre mondiale.
La
ville de Turin a décidé d’installer ce petit musée à cet endroit parce qu’au
moment de la reconstruction de la ville après la guerre, ils ont trouvé deux
kilomètres d’abris anti-bombes dans le sous-sol. Une partie a été détruite,
mais ils ont gardé quelques mètres qu’on peut visiter. C’est assez creux merci.
Au moment des bombardements, les gens qui s’y étaient réfugié pouvaient
entendre les bombardements au-dessus de leurs têtes. Eh misère que ça ne devait
pas être plaisant…
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Après cette petite visite, j’ai erré dans Turin. C’est
vraiment une belle ville. Je sens un feeling sympathique qui ferait que j’aurais
envie de m’y installer. J’ai fini par aboutir à la chocolaterie Baratti &
Milano, qui fait dans la dentelle. J’ai acheté un peu de chocolat, évidemment.
Mais j’ai surtout pris un chocolat chaud, avec un peu d’amaretto dedans. Je
trouvais que la place était tout à fait de mon rang. Surtout que le chocolat
chaud, c’était pas fait avec du Nestlé Quick. Quoi que le Quick, le matin, c’est
tout à fait à propos.