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samedi 25 mars 2023

Restants de Turin

Nuit mouvementée. Le lit (un canapé déplié) est assez inconfortable merci à cause de la jonction entre le siège et le dossier qui fait une barre tout au long du corps... Ça m’a donné une méchante crampe dans une jambe un moment donné pendant la nuit. C’est dommage parce que l’appartement est chouette, lumineux, super bien placé pour arpenter la ville. Faque j’ai pris ça mollo. Alors, voici mes restants de Turin, ville que j’ai beaucoup aimé.


















Pis il a fallu rentrer à Milan. Je capote toujours sur le train. Je me dis, des fois, que cet amour-là va me passer, mais ça passe jamais. Tellement que j’ai fait des tours de tramways dans toutes les villes que j’ai visité, et que j’ai même regardé, la semaine passée, si je pouvais pas faire un tour de train : prendre le train, aller souper quelque part et revenir à Milan en fin de soirée. Mais je m’étais retenue. Peut-être que l’envie va me prendre en Angleterre, étant donné que je n’aurai pas de voiture…

Déjà que j’aime le train, imaginez donc quand il va à 297 km/h. Je ne me peux plus. D'autant plus si on voit les Alpes au fond ou qu'on dépasse des autos sur l'autoroute italienne A4 qu'on sait aller à 140 km/h. Je vous le jure: si jamais il y a un train à grande vitesse entre Montréal et Québec, je vais aller souper à Québec juste pour le fonne.

Je suis rentrée à Milan sous un beau soleil. J'ai eu un plaisir fou à m'assoir sur ma petite terrasse et à lire un peu pendant que la machine lavait mon linge. C'est fou ce que ça fait, un peu de soleil et de chaleur.


 


vendredi 24 mars 2023

Écclectisme, quand tu me tiens

Eh que je suis échevelée, moi, quand il s’agit de choisir ce que je veux visiter… (Presque) tout m’intéresse. Bon, certaines affaires plus que d’autres, c’est sûr. Si ça parle d’histoire, ça part déjà avec une longueur d’avance. S’il est question de la Seconde Guerre mondiale, c’est deux longueurs d’avance. Mais des affaires peuvent partir avec un peu de retard et j’y trouve mon compte quand même. Chus de même.

Faque ce midi, tour de métro et première visite de la journée: l'immense musée de l’automobile de Turin. 


C’est parce que, les amis, Turin est le haut lieu de la conception et de la fabrication des autos en Italie. La compagnie FIAT est née à Turin et y a toujours son immense usine. D’ailleurs, FIAT est l’acronyme de Fabbrica Italiana Automobili Torino, faque c’est une affaire turinoise. À l’époque (fin 19e siècle), l’Italie se considérait «en retard» sur ses voisines, la France et l’Allemagne, quant à la construction automobile. On peut pas dire, quand même, que l’auto était une patente très très développée à la fin du dizneuvième…
Je parle de FIAT parce que c’est la plus grosse compagnie italienne. Non seulement elle fabrique des voitures (notamment en association avec Chrysler maintenant), mais elle possède aussi les machines agricoles New Holland et Case et les autobus IVECO. Un autre genre de véhicules, mettons.
Je pourrais aussi parler de Lancia ou de Ferrari… Heureusement, le musée ne s’intéresse pas seulement aux autos italiennes. Il y a des françaises (la Citroën qui «levait» du sol), des allemandes, des américaines, des françaises… et même une Trabant est-allemande!
Le musée est immense et est rempli de vieilles voitures. Le guide audio qui se télécharge sur le téléphone à partir d’un code QR est vraiment intéressant et d’une longueur acceptable: ça dure autour de deux minutes par salle. On ne s’éternise pas. Évidemment, on peut continuer à regarder les voitures même si la voix a arrêté de jaser, ce que j’ai souvent fait.




La première «limousine» de Rolls Royce


La première Volkswagen qui donnait l'idée qu'on pouvait voyager en voiture.



Une «deux-chevaux» française, très associée à l'époque Peace and Love

À Berlin-Ouest, dans les années 60, les gens se promenaient dans cette voiture...

... pendant qu'à Berlin-Est, les gens attendaient jusqu'à 5 ans pour avoir une Trabant brinquebalante et hyper polluante!


La première coccinelle, la voiture du peuple allemand

La section sur les voitures de formule un est magnifique. C’est juste trop beau de voir les voitures rouges alignées les unes derrière les autres. Pour parler de Ferrari, il y avait même une des voitures de Gilles Villeneuve. Ça m’a quand même fait un ti ketchose. Espèce de pilote fou mort trop jeune.


C’est sûr que je passe plus vite sur la section des moteurs, mettons… Mais ce qui était intéressant dans ce musée, c’est l’histoire de l’évolution de la voiture, ce que les clients veulent acheter. Ça explique l’importance du développement des voitures au moment des deux guerres mondiales (tout était concentré à développer des véhicules militaires, les véhicules civils étant laissés de côté), l’importance du désign dans la conception des voitures, l’évolution de la grosseur des autos (ça vient des Américains, vous ne serez pas surpris) et la notion d’obsolescence programmée… qui vient aussi des Américains: ils voulaient que les gens se tannent de leur voiture et en achètent une autre, alors les constructeurs se sont arrangés pour que des pièces de la voiture ne fonctionnent plus passé un certain temps ou que le look des nouvelles autos soit tellement plus accrocheur qu’on a juste envie de changer! Grrrr.

Tour d’autobus pour revenir en ville, le musée étant un peu excentré. J’aurais voulu aller voir le musée du cinéma italien (et surtout monter dans l’édifice par l’ascenseur pour voir Turin d’en haut), mais c’était complet pour la journée, à 15h, quand j’y suis arrivée. J’ai voulu acheter mon billet pour demain et c’est aussi complet pour la journée. Ben, ils vont devoir se passer de mon auguste présence.

J’ai pris le tramway (parce que oui, comme toutes les villes que j’ai visité – sauf Venise pour des raisons évidentes – Turin a un réseau de tramways fort efficace) pour aller au musée de la résistance. Petit musée de rien du tout, avec des témoignages d’Italiens et d’Italiennes qui ont «résisté» lors de la Seconde Guerre mondiale.  La ville de Turin a décidé d’installer ce petit musée à cet endroit parce qu’au moment de la reconstruction de la ville après la guerre, ils ont trouvé deux kilomètres d’abris anti-bombes dans le sous-sol. Une partie a été détruite, mais ils ont gardé quelques mètres qu’on peut visiter. C’est assez creux merci. Au moment des bombardements, les gens qui s’y étaient réfugié pouvaient entendre les bombardements au-dessus de leurs têtes. Eh misère que ça ne devait pas être plaisant…



Après cette petite visite, j’ai erré dans Turin. C’est vraiment une belle ville. Je sens un feeling sympathique qui ferait que j’aurais envie de m’y installer. J’ai fini par aboutir à la chocolaterie Baratti & Milano, qui fait dans la dentelle. J’ai acheté un peu de chocolat, évidemment. Mais j’ai surtout pris un chocolat chaud, avec un peu d’amaretto dedans. Je trouvais que la place était tout à fait de mon rang. Surtout que le chocolat chaud, c’était pas fait avec du Nestlé Quick. Quoi que le Quick, le matin, c’est tout à fait à propos.




 

jeudi 23 mars 2023

Je suis (déjà) épuisée!

Oui, je suis épuisée de tant de beauté. Je ne sais plus où regarder tellement c’est beau partout. OK, je vous ai déjà dit ça dans un autre billet, mais là, c’est ailleurement beau. Comment ils font les Zitaliens pour vivre dans cette Histoire-là, dans cette beauté-là, dans cette culture-là? Sont pas épuisés?

Il faisait un splendide 20 degrés en ce jeudi où j’ai pris le train de Milan pour venir sévir pendant deux jours à Turin, sur les recommandations d’Enrico. Encore une fois, à presque 300 km à l’heure dans le train, je me demandais pourquoi qu’on a pas ça chenous. Au moins, je sens que le troisième lien est moins dans l’actualité…

Je suis débarquée dans la ville principale du Piedmont sur le coup de midi. Comme j’ai rendez-vous avec Sebastiano devant l’immeuble à 13h, je prends quelques minutes pour aller à l’office de tourisme, bien situé en face de la gare. Ce qui était plus étrange, c’est que le type qui y travaillait ne parlait que l’italien. Quand on sait que les touristes, ils ne viennent pas nécessairement du pays local, ça serait une bonne chose s’il baragouinait un peu l’anglais, mettons. Reste qu’avec mon italien très très approximatif (pour cause de ressemblance avec le français et l’espagnol), j’ai un peu compris ce qu’il m’expliquait sur ce qu’il y a à voir en ville. Faut dire que le vieux stock de Turin est assez ramassé.

J’ai effectivement rencontré Sebastiano à 13h. On est monté dans ma chambre de bonne, au 6e étage d’un vieil immeuble. J’adore. L’ascenseur est d’un autre siècle, le dernier étage réservé au petit personnel est tout en ciment, avec des clés pas d’allure pour y circuler. Ça fait pas tellement de mon rang, ça!



Reste qu’après avoir pris possession de mes quartiers, je suis partie à la quête de l’autobus touristique de Turin que j’avais vu passer en face de la gare. Le tour n’était pas très long (y’a yinque une ligne qui fonctionne l’hiver), mais j’ai trouvé que ça avait fait un bon tour de la ville, du moins dans son centre. J’imagine que les trois autres lignes feraient un tour vraiment complet de la ville. Dommage que je voyage en plein mois de mars… Voici quand même quelques photos de mon tour.


Je l'ai ri, celle-là.




Des maisons de riches dans la colline

Une station-service dans le terre-plein central


La gare Porto Nuevo

Une photo pour Serge (tu vas la lui montrer, Patricia?)







Le bourg médiéval, reconstruit à l'identique


C'est ici qu'est gardé le Saint-Suaire de Turin... mais ça ne se visite pas!

Turin est traversée par le fleuve Po. Je suis émue de le traverser (à plusieurs reprises). C’est gnaiseux. Les cruciverbistes connaissent ce fleuve d’Italie, souvent demandé. Deux tites lettres de rien du tout pour le plus long fleuve d’Italie!




Il y a aussi de jolies montagnettes autour. Ça donne de la gueule. Surtout que c’est pas les pauvres qui se sont fait construire des maisons là.

Turin a accueilli les jeux olympiques d’hiver en 2006 (je vous rappelle que Milan et la région de Cortina, dans les Alpes, vont les accueillir en 2026, juste au cas où vous auriez oublié). Ça a l’air que ça a aidé la ville à se reniper un peu. Je dois croire ce que la voix disait dans le tour d’autobus parce que je ne sais pas ce que la ville avait l’air avant. Mais ce que je vois, c’est ben beau. Ça a l’air que les transports publics aussi ont profité des JO pour se faire des lignes et des connexions qui ont de l’allure.

Pis la ville de Turin est située au 45e parallèle, soit la frontière entre le Québec et l’état de New York et du Vermont. Turin a aussi comme patron Saint-Jean-Baptiste et célèbre sa fête le 24 juin! Et en plus, la ville de Turin est jumelée à Lille! Deux raisons de plus pour aimer Turin!