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dimanche 2 juillet 2023

C'est la dernière, mais elle est occupée!

C’est aujourd’hui, la dernière journée de ce long périple européen! J’ai quand même du mal à croire que je suis rendue là.

En jasant avec Natalie ce matin, j’ai décidé de retourner à Greenwich village. Parce que c’est quioute et parce que j’ai vu qu’il y avait un parc avec un observatoire et des explications sur le méridien zéro. Et Natalie m’a suggéré un trajet d’un peu plus d’une heure, combinant train, métro et train léger. Go.

Eh boy… Pas facile les déplacements à Londres! Tchequez ben ça. J’ai pris le train jusqu’à Liverpool station (20 minutes), puis le métro jusqu’à Bank (1 station). C’est là que ça s’est gâté. J’aurais dû prendre le DLR (le Dock light rail) pour quelques stations, direction Lewisham, jusqu’à Greenwich.

Mais, dans tous les jours de l’année, cette section du train est fermée aujourd’hui pour de l’entretien. Une seule journée. Aujourd’hui. Comme je voyais passer plein de trains qui n’allaient pas à Lewisham, j’ai fini par m’inquiéter et j’ai demandé à un type avec une veste jaune. Plan B de déplacement: prendre le DLR pour une station jusqu’à Shadwill. Puis, le overground (le train) pour 3 stations jusqu’à Canada Water. De là, il y a des bus de remplacement pour Cutty Sark, ma destination (une des deux stations de Greenwich). Ce sera ça. Mais le bus de remplacement doit prendre des rues en travaux où on ne passe qu’à une voie en alternance! Alors, combien de temps vous pensez que ça m’a pris pour faire ce que je devais faire originalement en 1h15?

A) 1h45
B) 2h
C) 2h30
D) 2h45

Ceux qui ont choisi C ont gagné mais rien gagné. Ouan. Partie de la maison à 11h15, je suis arrivée à Greenwich Village à 13h45. Tout ça en ne restant qu’à Londres! Dire que j’aurais pu aller à Québec dans le même temps!

Évidemment, j’avais une envie de dernier Sunday Roast, mais l’idée de m’assoir pendant une heure pour manger ne m’intéressait pas trop… Je suis donc allée au Greenwich market, où il y avait tout plein de kiosques de bouffe. Oh que ça a fait la job! Je me suis pris un excellent sandwich agneau, poulet et halloumi. Mais disons que manger debout, c’est pas la chose la plus tripante à faire, surtout quand on a le corps usé de cinq mois de marche! Ça prend juste pas mal moins de temps!

Je m’étonne toujours quand j’entends l’accent québécois. Je n’en ai quand même pas beaucoup entendu ces derniers mois. Un peu à Londres (il y avait des jeunes adultes derrière moi au kiosque de bouffe), mais pas tant que ça.

Je me suis un peu promenée dans les rues du village et je comprends un peu plus pourquoi le guide Michelin a donné trois étoiles à l’endroit. J’ai peut-être encore manqué quelque chose, mais j’en aurais donné deux, mettons. Surtout si je compare à Londres ou à Édimbourg qui ont trois étoiles…






La cabine de téléphone est à vendre, si jamais ça vous intéresse.







 
L'entrée du tunnel piétonnier sous la Tamise. Le tunnel fait 390 mètres et est creux de 5 étages (et l'ascenseur ne fonctionne pas toujours)

Comme je voulais aller voir l’observatoire, j’ai pas niaisé en ville et je me suis enligné dans le parc. J’ai rapidement compris pourquoi les gens de l’époque avaient installé l’observatoire ici: c’est sur une tite colline qui donne une vue imprenable sur un tiboutte de Londres. Bon, c’est sûr qu’au 16e siècle, les bildignes de Londres avaient pas l’air de ce qu’ils ont aujourd’hui, mais la vue devait être belle pareil!


Je me suis acheté un tiquette pis chus entrée. Misère que je comprends pas grand-chose aux observations physiques qui gèrent notre planète. J’ai souvent pensé à Elio, mon assistant.e de recherche qui tripe sur les étoiles, le ciel et autres patentes étranges.

La visite a pourtant mal commencé avec la statue de Wolfe, le "vainqueur du Québec", comme ça dit sur le socle...


Un premier téléscope


Les heures selon les fuseaux horaires...


La ligne du méridien zéro est ben claire. Pis y’a du monde qui s’amuse… Faque je me suis amusée moi aussi!

Et il m’a fallu rentrer. No way que j’allais refaire le même trajet en sens inverse. J’ai donc décidé de prendre le bateau westbound pour aller en ville. Le problème, c’est que je ne suis pas la seule à avoir pensé à faire ça: il y a une heure d’attente pour le bateau. Pfff. Je suis une fille débrouillarde. J’ai pris le bateau eastbound. Comme il n’y a que trois arrêts vers l’est, il n’y a pas d’attente! Faque j’ai débarqué à Woolwich Arsenal, au bout d’une ligne de DLR qui revient en ville. C’est sûr que j’ai fait un genre de grand cercle, mais au moins, je bougeais… Puis ça m’a fait voir le quartier Arsenal (ça appartient au Royal Borrough de Greenwich), là où, il y a longtemps, il y avait les usines d’armements les plus importantes de Grande-Bretagne.

Faque je suis revenue dans mon Walthamstow. Pis j’ai bouclé mes valises. Ça sent définitivement la fin.

 

samedi 1 juillet 2023

Eh ben...

Même si c’est l’avant-dernière journée de ces cinq mois européens, je n’ai pas l’envie de partir avant midi. Je me suis levée à 10h, j’ai déjeuné et j’ai mis de l’ordre dans ce que je voulais voir…  Mais eh que ça ne s’est pas passé comme prévu.

Non seulement on est samedi et tous les Londoniens ont décidé de sortir, mais en plus, c’est le weekend de la fierté qui couronne le mois de la fierté. Cool, au fond. Mais vous dire le monde qu’il y avait dans le métro, c’était hallucinant. Déjà que le métro est chaud et mal ventilé, là, c’était à la limite du supportable. J’avais deux trajets de métro à faire pour me rendre à Greenwich. Ma première ride partait de Walthamstow, au bout de la Victoria line. J’ai pu m’assoir. Mais dès la station suivante, ça s’est rempli de gens qui allaient fêter la fierté, je ne sais pas où. Parce que c’était clair qu’à midi et quart, le party était déjà commencé. Ma deuxième ride était de Green Park à Greenwich North, sur la Jubilee Line. Là encore, métro bondé de gens qui vont je ne sais pas où. Il fait chaud dans le métro!

Je sors à Greenwich North, je vois un comptoir Prêt-à-manger et je décide de m’acheter un sandwich. La quantité de fois que je me suis acheté un sandwich dans un des comptoirs de cette chaine, Ça commence à ressembler à une habitude.

Bon. J’ai mon sandwich, il fait un peu moins gris, je m’enligne pour sortir de la station quand… tout à coup, je vois une annonce qui dit que l’autobus pour aller au IKEA part de l’arrêt B, juste là, à gauche. Ah ben viarge. Messembre que des boulettes pour diner, ça serait une bonne idée, non? Il est 13h30… Je trouve que c’est aussi une bonne heure pour diner. Faque je prends le bus 388. Mais, évidemment, j’avais oublié qu’on était samedi et que le tout Londres se donne rendez-vous au IKEA pour y manger des boulettes! Calvinisse qu’il y avait du monde!


Après mon diner, je me dis qu’il faudrait bien que je m’enligne sur mon méridien. Mais en regardant sur Gougueulemappe, je vois qu’il y a un Primark à 700 mètres. C’est sans doute ma dernière chance de m’acheter des bobettes. Faque me v’la partie pour aller sur Primark. Mais point de bobettes il y eut. En fait, c’était le Primark le moins pourvu en bobettes que j’ai fréquenté depuis celui de Glasgow où j’ai trouvé le miracle fait bobette.

Pis en sortant du Primark, que vois-je de l’autre côté de la rue? Un Sainsbury! Peut-être que je trouverais d’autres chandails? Bon, chus là. Je vais aller voir. Ben j’en ai trouvé un vert à manches courtes et un bleu ciel à manches longues. Quoi??? Un bleu ciel??? Vous m’avez déjà vu avec cette couleur-là? Je sais ben pas ce qui m’a pris. Probablement la perspective que c’était à 50% de rabais (tante Irène, sors de ce corps!), ce qui expliquerait pourquoi je n’en trouvais plus dans les magasins: c’était la fin!

J’ai deux chandails, pas de bobettes et la bedaine pleine de boulettes, mais je n’ai toujours pas vu le méridien de Greenwich. Faque je m’enligne. Petit tour d’autobus puis longue marche… pour ça.

 




Dire que c’est décevant est un euphémisme. Voyons qu’il n’y a même pas d’affiche explicative? Y'a une ligne par terre, une flèche qui dit qu'en partant d'ici, si on fait 24 859 km, on va avoir fait le tour de la terre. J’aurais bien voulu un observatoire, mais c’est clair que ça ne va pas arriver. C’est franchement assez nul. Et tout ça a trois étoiles dans le guide Michelin de l’Angleterre?

Heureusement, on a quand même une belle vue sur la ville, de l'autre bord de la Tamise.



Ça, c'est de l'art: c'est une tranche de bateau.

Et dans les activités de la ville, à part le IKEA, le Primark et le Sainsbury, il y a le O2. C'est une salle sous chapiteau, pis au cas où les gens ne sauraient pas quoi faire de leur vie, les concepteurs du O2 ont décidé de permettre aux gens d'escalader la patente. Ça a l'air que la vue d'en haut est magnifique. Mais bazwell qu'on me pognerait pas, même si tout le monde est attaché à un câble. Il n'y a pas de marches, on escalade sur du mou. 



Au bout de ma marche, je me dis que je vais revenir en ville. J’ai le choix. Ben pas tant que ça. Je pourrais remarcher en sens contraire et retourner prendre le métro. Que nenni. Je vois le téléphérique qui passe au-dessus de la Tamise et qui pourrait m’amener de l’autre bord. Mais il vente un peu… et je ne me vois pas pantoute me balancer dans les airs. Faque que nenni. Puis, tout à coup, je vois le bateau qui joue à l’autobus sur la Tamise. Ça va être ça.


J’ai bien aimé ma tite ride de bateau… qui m’a permis de réaliser que Greenwich, au fond, c’était pas pantoute où j’étais. Oui, la ligne du méridien zéro passe là, mais le village, il est pas là pantoute. Le bateau a fait un arrêt à Greenwich village et c’est là que j’ai compris! En fait, j’aurais dû débarquer du bateau pour en profiter, mais le temps que je réalise, il était trop tard, le bateau était reparti. J’ai regardé pour revenir demain, pis ça se voyage juste tellement mal… Trois lignes de métro et 1h15 de voyagement. Pas sûre. Vraiment pas sûre. Faque j’ai continué mon tour de bateau. J’aime toujours ça voir une ville de son eau.







Je suis fascinée de la tour qui peut ouvrir ses fenêtres...

Fascinée aussi de cette fille qui porte des shorts... avec des bas de nylon.

Et encore fascinée de ce petit garçon qui avait tellement une face d'adulte!


Faque au bout de mon bateau, j’ai débarqué en face de Westminster. Je pense que tout le monde qui avait été dans le métro ce matin était autour de Westminster. C’est un peu étrange, mon affaire. Quand j’ai débarqué à Londres, au début de mai, c’était le couronnement de Charles. Tout était barricadé. Aujourd’hui? Même affaire. Y’a ben des rues de barrées pour le défilé de la fierté. Je pensais que c’était cet après-midi, mais ça s’est étendu jusqu’au début de la soirée. J’ai «manqué» le défilé des chars allégoriques, mais je suis arrivée pour le défilé des sympathisants… Le club des nageurs de Londres, les employés de la poste royale, l'association des psychologues, le club du cuir de Londres… genre les filles d’Isabelle, le Cercle des fermières, les Chevaliers de Colomb et autres club Rotary.





J’ai poussé ma marche jusqu’à Buckingham Palace, au bout du mall. Je pense qu’il y a dû avoir ben du monde là cet après-midi pour la parade. Mais là, c’était tranquille. Faque j’ai marché… et j’ai vu «le» balcon où les membres de la famille royale se font voir… À côté du château, il y a le Canada Gate très royal. Pis au bout de la gate, un poteau Newfoundland. Parce que j’imagine que quand le Canada a payé pour avoir sa gate, le Newfoundland n’en faisait pas partie.


Autour de Parlement Square, des statues pacifiques. Ici, Gandhi.

Nelson Mandela

Abraham Lincoln








La Canada Gate

J’ai traversé le Royal Park. En cette fin de journée, il y avait encore pas mal de monde assis par terre dans le gazon. Je ne sais pas si c’est à cause de la fierté, du samedi ou du soleil. Un peu de tout ça, j’imagine.



Je trouve que je suis à boutte du bruit. C’est sûr que le défilé, c’est bruyant. Mais dès qu’on rentre en-dedans, c’est toujours bruyant. Chus aussi tannée des mamelons (pas vraiment de rapport entre les deux causes de mes tannages). C’est juste que les filles, je vous l’ai déjà dit, ne gèrent pas très bien le soutien-gorge. Bon, c’est sûr qu’en ce jour de la fierté, ça débordait vraiment de partout, mais au-delà de ça, c’est pas chic pour les filles ordinaires. À Greenwich pis au IKEA, y’était pas question de fierté. T’sais, j’ai vu une fille avec un tshirt serré que non seulement on voyait la forme des mamelons, mais en plus, on voyait la boucle d’oreille (ben, la boucle de mamelon) qu’elle avait autour du mamelon gauche. Dans le métro, il y avait un paquet de filles habillées en rose parce qu’elles étaient toutes des filles d’honneur pour un mariage à venir (la future mariée aussi était dans la gang, évidemment), pis une des filles avait un décolleté tellement plongeant qu’on lui voyait un bout de mamelon. Chus à boutte.

En sortant du parc, je me suis mise en quête d’un pub pour manger un fish’n’chip. C’est que mon séjour anglais tire dramatiquement à sa fin… Mais, ce que j’ai croisé, c’est le métro Green Park… qui est sur la Victoria Line qui va me ramener chez moi en ligne droite. Faque j’ai décidé que c’était fini. Les jambes rentrées dans le corps jusqu’en t’sours des bras, je suis revenue souper… dans ma chambre, après une bonne douche!