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dimanche 30 avril 2023

Dernière virée

Je ne me tanne pas de trouver ça beau…

J’ai exploré Bordeaux pour une dernière fois en ce jour du Seigneur.

J’ai pris le bateau à Lormont pour aller jusqu’à la place Stalingrad. Oh non, y’a des Italiens qui embarquent dans le bateau aux Hangars. Aucune conscience qu’il y a du monde autour. Pourtant, le bateau est très loin d’être plein. Mais j’ai dû manger le sac à dos de la mamma italienne dans la face une bonne dizaine de fois. Je vous jure.

Place Stalingrad, donc. C’est à cause du lion. Et aussi parce que c’est ici que le tramway est alimenté par le sol. Jusque-là, il y avait des caténaires en hauteur pour alimenter le tram. Après, pour ne pas défigurer la ville, Transport Bordeaux a décidé d’enfouir les fils. Faque faites-moi pas chier avec le pont Samuel-de-Champlain: les ingénieurs ont défiguré ce qui était un beau pont pour mettre des fils en hauteur. Tout le monde s’entend pour dire que c’est super laitte.

Après, je suis allée voir les ruines de Burdigala, qui datent des années 1300. Ouan… C’est les plus vieilles ruines connues de la ville de Bordeaux. Ça m’impressionne toujours de savoir que ça tient.





Dans ma tournée, je me suis arrêtée devant des vitrines d’agence immobilière, pour voir si je ne trouverais pas un appartement à mon gout… J’ai vu un appartement à « construire » à vendre, grandeur studio, pour 125 000 euros, près des Chartrons. L’annonce disait que c’était pour faire un logement de location saisonnière (un Airbnb?). Le plan avait l’air intéressant : une chambre fermée, une salle de bain complète et une cuisine-salle-à-manger-salon. Un peu plus de 27 m3. J’aurais-tu dû faire une offre d’achat?

J’ai continué à errer. J’ai avalé une moumousse qui volait. Parce qu’on est à l’époque des moumousses. Je l’ai eu collée dans le fond de la gorge tout l’après-midi.

J’ai visité le marché des antiquaires installé sur la place Quinconces jusqu’au début de mai. Je ne sais pas pourquoi je suis allée là : j’aguis ça, les antiquités. Ça ne m’a pas empêché d’acheter trois livres. Bâtard. Moi qui n’ai tellement pas de place dans mes bagages!!!


 

Petite marche le long des quais. Petite marche jusqu’aux Chartrons.

Alors, voici quelques images en vrac de cette dernière tournée.

Le pont de Pierre et la flèche de St-Michel










La place des Chartrons

Demain, jour des travailleurs, le tramway, les autobus et le bateau ne fonctionneront pas. Autant dire que Bordeaux sera totalement à l’arrêt. Et moi qui quitte…


 

samedi 29 avril 2023

Un peu d'épivardage

J’avais quatre objectifs aujourd’hui et je n’en ai réalisé qu’un seul… C’est ça, le genre de voyage que je fais. Je me laisse porter.

1. Je voulais aller chez Éric pour acheter du café. J’ai réalisé, hier, que je lui en commande d’habitude. Pis là, j’avais complètement oublié. Alors, que je me suis dit, je vais aller à la boutique où je ne suis jamais allée – chaque fois que je voulais du café, il m’en apportait, la plupart du temps au Château de La Rivière. Ben, en arrivant à Pessac, je constate que la boutique n’existe pas: c’est une adresse personnelle. J’imagine qu’il doit faire ses mélanges dans son salon! Conclusion, je ne suis pas allée sonner.

2. Je voulais aller au vignoble David Beaulieu, près de Saint-Émilion. Pour faire une photo de l’entrée et envoyer ça à mon ami… David Beaulieu. Mais ça n’existe pas vraiment, le vignoble David Beaulieu. C’est plutôt le Château Coutet, qui est «géré» par la famille David Beaulieu depuis 400 ans. Zut de flute. Bon, c’était la fin de semaine des portes ouvertes à Saint-Émilion, alors j’ai fait la visite du château en anglais, avec un couple d’Américains du Massachusetts. Eh misère que j’ai eu de la misère. Rapport que l’accent du Français était à couper au couteau. Ils font deux vins rouges: un vin standard (à 27 euros) et un vin fait avec les plus vieilles vignes de la propriété (plus de 100 ans), et à la main, comme dans le temps (à 75 euros). Faque pas de photo pour David, mais des photos du vignoble, quand même. Et du vin en devenir.



3. J’ai besoin d’une photo qui annonce la Garonne. J’ai trouvé ça à Cadillac. C’était juste un peu loin de St-Émilion. Je ne rechigne jamais devant quelques kilomètres, mais ça change les activités prévues… Mais, au moins, j’ai ma photo. Et quelques autres en prime.


 

Sur la route du retour vers Bordeaux, je me suis arrêtée chez Leclerc, à Léognan. Je cherche désespérément (je crois que je vais restée désespérée) des couteaux de mer en canne. J’en trouve facilement en Espagne, mais là, je suis en France. Et je n’en trouve pas. Alors, je vais m’en passer, ça a l’air. Faque après Leclerc, j'ai roulé vers Bordeaux.


4. Je voulais aller voir l’exposition à la base sous-marine de Bordeaux. Mais à 18h30, j’avais un peu mon voyage. Faque je suis plutôt revenue à la maison, en me disant que je pourrais peut-être y aller demain. Mais peut-être pas non plus. Demain est ma dernière journée à Bordeaux… et je n’arriverai pas à tout faire ce qui me reste à faire.

Thierry et Hannah étant partis souper – et coucher – au bassin d’Arcachon en ce samedi soir, je suis toute seule à la maison. J’en ai profité pour corriger un peu (faut que je finisse pour la semaine prochaine) et manger mon stock de ce voyage: mozzarella, tomate, saucisson, huile et vinaigre balsamique.

vendredi 28 avril 2023

Oh, les amis!

Oh comme je suis toujours émue quand je débarque dans le Fronsac. Revoir les amis, ça me fait un bien énorme. Quand j’ai soupé avec Louise, à Marseille la semaine dernière, elle m’expliquait à quel point c’était facile pour une retraitée de s’installer en France: «Pourquoi tu ne viendrais pas t’installer ici?» Ouais… J’avoue que m’installer à Bordeaux, c’est quelque chose qui pourrait me tenter. Mais pour l’instant, je pense seulement à passer du bon temps avec les amis. 


Oh le diner sur la terrasse avec les amis. Entrée de carpaccio de truite fumée, souris d’agneau et brioche perdue. Avec du vin. Mais pas tant. Presque trois bouteilles pour cinq personnes. C’est (presque) raisonnable! Ce qui est moins raisonnable, mais on s’habitue, c’est les conversations. Sont fous. Juste fous. Et c’est tellement agréable. Quelques conneries, quelques jeux de mots. On rit des jeux de mots que l’un et l’autre racontent. Par exemple, Thierry a raconté qu’un jour où il était dans un bureau administratif français, une dame est venue chercher la carte d’identité de sa fille. Le type au comptoir lui demande son nom, pour aller chercher ladite carte. La mère répond: «Marie Aubin». Jusque-là, ça va. Le type commence donc à fouiller dans la liste des cartes qui sont évidemment classées en ordre alphabétique de nom de famille en disant tout haut ce qu’il cherche: «Aubin Marie, Aubin Marie, Aubin Marie». Thierry pleure encore de rire en la racontant. Mais c’est juste con.

Xavier, Thierry, Caroline, Julie et Pierre

Oh la première journée de sandale aujourd’hui. C’est qu’il a fait 28. Quand je suis entrée dans mon char, après le diner à Fronsac, ça indiquait 33. C’est comme un peu chaud, mettons.

 

Oh les jolies vignes qui ont commencé à éclore il y a deux semaines. Elles sont toutes jeunes, fraichement écloses. Elles ne savent pas encore qu’elles vont donner du vin à l’automne.

 

Oh le cœur fendu quand j’ai revu les ruines du château Gaby, là où officie mon ami Damien. Un violent incendie, en septembre, a détruit le château (mais a épargné les chais). Et là, je vous dis pas l’horreur pour la reconstruction, entre le propriétaire américain pour qui tout ne va pas assez vite, l’employé qu’il a envoyé en France et qui s’est bien rendu compte que ça n’irait pas vite, l’assurance qui pense que les pompiers n’ont pas fait correctement leur travail et qui veut poursuivre les pompiers avant de payer quoi que ce soit… L’horreur, je vous dis, l’horreur. Pendant ce temps, Damien et les autres employés voient ça tous les jours, question de se rappeler le drame.



Oh les rires (toute seule!) quand je suis allée me filmer dans les vignes pour raconter l’histoire du rouge bourgogne… Je veux mettre l’anecdote sur le film, alors je me suis dit que la raconter à l’écran, pendant que je suis dans les vignes, ça serait quioute. Alors, je suis sur les terrains du château de La Rivière et je raconte, en me rappelant la niaiserie, que j’avais dit à Xavier que le bois des cuves, dans lequel ils mettaient les raisins, prenait donc la couleur rouge bourgogne quand ils retiraient les raisins… «Rouge bordeaux!», que Thierry et lui m’avaient aussitôt dit, de même, chkklawww! Ouais, rouge bordeaux. C’est juste que chez nous, on dit «rouge vin»…

Oh la belle journée qui me rappelle que j’aime la France, j’aime le vin, j’aime les voyages et surtout, j’aime mes amis. Merci d'être.

jeudi 27 avril 2023

Rebelotte

Deuxième journée à ré-explorer Bordeaux, avec tout le bonheur du monde. D’autant plus que je suis allée dans des quartiers moins connus. Pour toutes sortes de raisons, je connais plus la Bastide (c’est là que Françoise, mon échangiste, habite et où Thierry habitait, avant d’acheter la maison de Lormont avec Hannah). Je connais aussi plus les alentours de Quinconces, la place de Tourny, les Chartrons. Mais moins Saint-Michel et les Capucins, par exemple. Alors, je suis allée de ce côté.

Et je vais dire la même affaire qu’hier: maudit verrat de bazwell que c’est beau. Même les rues sales (parce qu’il y en a, rassurez-vous!) sont belles. C’est un beau sale.










Pis je sais pas trop pourquoi, mais j’éprouve un réel amour pour le tramway de Bordeaux. Je le trouve beau, pis je trouve qu’il dessert bien la ville. Fallait du courage politique pour décider d’éventrer la ville pour y planter des rails il y a plusieurs années. Évidemment, les Bordelais ont chialé (ce sont des Français, après tout), mais aujourd’hui, ils sont très contents d’avoir un tramway qui va partout (il va même aller à l’aéroport dès samedi!)

Méchantes rénos sur la flèche de l’église Saint-Michel. T’sais, quand c’est rendu qu’en haut, tu vois les strappes qui entourent la flèche, c’est que c’est du gros stoffe. J’ai regardé monter les travailleurs dans des petits ascenseurs bleus, après le diner, et je voulais mourir pour euzautres. On me pognera jamais à monter là-dedans. Pis t’imagines? Il manque d’électricité? Il faut descendre par les escaliers! Que nenni. Je pense que je resterais en haut et je demanderais à ce qu’on me livre à manger par drone.Pis énéwé, j'aurais déjà fait dans mes shorts.




À côté de la porte d’Aquitaine et de la colonne de la vigne et du vin, il y a deux tortues qui symbolisent la longévité du vignoble bordelais. Une autre affaire avec laquelle il faut se prendre en photo pour avoir de la chance…


Pis y’a aussi un type qui, dans une petite caravane, répare des montres et des horloges. Je trouve ça franchement chouette. Et il y a aussi des donneux de cours de bible.


La journée, commencée sous un ciel gris, s’est terminée au franc soleil… et 25 degrés. Mettons que mon corps n’était pas prêt à ça. J’ai sué ma vie en marchant sur les quais, en fin de journée. C’est pour ça que je me suis arrêtée au resto La Trattoria des quais, resto qui appartient à mon ami Pierrick, le même que Le Parlement des Graves où Thierry, Oscar et moi sommes allés hier. Là, sur le bord de la Garonne, j’ai regardé les bâtiments s’enflammer en mangeant mes pâtes carbonara (honnêtement? Meilleures que celles que j’ai mangé en Italie!)