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lundi 27 mars 2023

Je suis faite pour être riche!

Une autre rengaine connue…

Cap sur l’est italien aujourd’hui. Je suis allée visiter une petite région du Piedmont, pas ben loin de Turin: le village de Barolo, où il y a un musée sur le vin. Tiens donc, du vin… Ça fait longtemps que je ne vous en ai pas parlé. J’ai décidé de venir à Barolo parce que je connais – et j’aime – ce vin. Du rouge solide, 100% Nebbiolo.

Le village de Barolo est absolument magnifique, comme les villages du coin. Autant le coin de Milan est plat, autant dans le Piedmont, ça se vallonne sérieusement. Ça aide à planter des vignes et à les faire souffrir. Plus ça se vallonnait, plus j’avais la bouche ouverte. Maudit bazwell que c’est beau.



À Barolo, le musée du Vin est joli et tout petit, même s’il occupe les trois étages d’un château. C’est que le château est petit… parce que le village est petit! On y parle de la naissance du vin, alors pas nécessairement du vin de la région. On voit une bibliothèque où sont cordés des livres sur le vin, une table où on apprend comment placer le couvert pour montrer qu’on sait recevoir et des extraits de film où les gens boivent! Le festin de Babette, bien sûr, mais aussi d’autres moins connus… Mais je trouvais que c’était une mautadite bonne idée.










Après cette visite, je suis allée dans un petit bar spécialisé dans le Barolo pour faire une dégustation. Eh maudit verrat de bâtard que j’aime ce vin-là. On dit, d’ailleurs, que le Barolo est le «roi des vins et le vin des rois». Je trouve que ça me fite. Le type de la place, fort sympathique, m’a dit qu’il y avait quatre vins dans la dégustation, mais devant mon enthousiasme, en a sorti un cinquième. Oh misère. J’ai tellement aimé ce vin ajouté à ma liste… Et oh que vous ne serez pas surpris de savoir que c’était le plus cher des cinq que j’ai bu. Oui. Quand même 85 euros la bouteille. Faque même si c’était une dégustation (donc, je ne bois pas l’ensemble du verre, d’autant plus que je conduisais), j’ai bu tout ce verre. Je suis faite pour être riche, c’est connu. Boire de la piquette? Du vulgaire vin de table? Pffff. Que nenni.



Un des vins que j’ai gouté est en vente à la SAQ… pour 71 dollars canadiens. Les autres?, pas pantoute. Mais il y a du Barolo. J’aime bien celui de Fabio Oberto. Je dis ça de même.

***

Quand même, que je vous raconte mon heure de diner: j’ai un colis à envoyer à Laval. Du stock que j’ai acheté que je n’ai pas envie de trainer. Jusque-là, ça va. J’ai déjà retourné une boite pleine de linge d’hiver. Sauf que là, je dois faire affaire avec la poste italienne. Du grand n’importe quoi. D’abord, les deux types à l’accueil, dans la petite ville d’Albeirate, en banlieue éloignée de Milan, ne parlent ni anglais ni français. Je suis quand même étonnée du pas-tant-de-monde-que-ça qui parlent anglais en Nitalie. Bon, ça commençait difficilement. Le type qui me sert a l’air sympathique, mais c’est clair que je le dérange. Ça ne lui tentait pas pantoute, ce midi (à moins d’une heure de la fermeture – parce que oui, m’sieudame, la poste italienne ferme à 13h30), d’envoyer un colis au Canada. À force de quelques mots en italien, en espagnol, en anglais ou en français, je finis par comprendre que je dois compléter le formulaire d’envoi (j’ai déjà fait ça). Sauf que j’écris mon adresse de retour à Montréal (c’est ce qu’il m’avait dit de faire). Ça ne rentre évidemment pas dans les cases dans le formulaire que le monsieur doit copier dans l’ordinateur (à Reykjavik, c’est moi qui ai entré les données dans l’ordinateur – je trouvais ça efficace, mettons). Alors, par encore quelques mots puisés dans mon répertoire italien, je fais comprendre au monsieur qu’il peut mettre l’adresse du bureau de poste (on a fait ça chaque fois que j’ai envoyé un colis – sauf en France où j’ai mis l’adresse d’Anne). Comme mon formulaire est écrit à la main et qu’il a déjà écrit les 3 codes des cossins que j’envoie, je vois ben dans sa face qu’il ne veut pas recommencer le formulaire manuscrit. Alors, il découpe une petite bande blanche collante pour mettre sur la première ligne de mon adresse montréalaise, il décolle le derrière et cache la première ligne pour y écrire la première ligne de l’adresse du bureau de poste. Rebelote avec la deuxième ligne: il découpe une petite bande blanche… se bat avec l’étiquette pour enlever le papier en arrière… Me semble qu’avoir découpé un papier plus large aurait permis de cacher toute l’adresse avec le même papier au lieu d’en découper trois. Surtout que c’est du papier carbone… alors sous la feuille originale, c’est encore mon adresse de retour montréalaise qui est là! Misère que c’est long.

J’ai aussi besoin d’acheter 12 timbres pour 12 cartes postales. Ben bazwell, le monsieur a pesé chaque carte postale, a entré l’adresse du destinataire dans son ordinateur et, dans certains cas, a mis deux timbres à la main sur la carte postale et dans d’autres cas, parce qu’il n’avait pas assez de vrais timbres, il a mis la carte dans la machine pour avoir un timbre de machine imprimé sur la carte. Je voulais mourir d’ennui. Encore plus quand, au lieu de travailler à imprimer mes timbres, il s’est mis à engueuler la cliente de son collègue (je ne comprends rien en italien, mais j’ai des habiletés à déceler un ton dans la voix…): il a sorti sa carte de crédit de son portefeuille pour la montrer à la madame (aucune idée pourquoi, bien sûr!), il lui expliquait pendant qu’elle aussi avait un ton dans sa voix… Misère. Pouvez-vous travailler que je sorte d’ici? Je commence à être sérieusement à boutte.

J’avais besoin de quelques timbres supplémentaires, mais j’ai laissé faire. J’étais rendue à boutte.

Toute cette épopée a duré… 45 minutes. Je vous jure. Mettez pas nécessairement ça sur le fait qu’on parlait pas la même langue (je ne comprends pas, d’ailleurs, pourquoi il continuait à me parler en italien alors qu’il savait très bien que je ne comprenais pas). Nenon. C’est le fait d’un employé qui n’avait vraiment pas envie de se forcer. Je l’ai vraiment dérangé ce midi. Mais au moins, mon colis et mes 12 cartes postales sont partis. Ben, j’espère. Parce que j’ai payé pour.