mercredi 31 mai 2023

Le tour de l'ile

C’est Félix qui avait chanté ça. Mais c’est clair qu’il ne parlait pas de l’Isle de Skye…

Pourquoi est-ce que j’ai voulu en faire le tour? Ou même juste y aller? Aucune idée. Y’a des affaires de même… c’est juste exotique, je trouve.

Vous le savez, j’aguis ça revenir sur mes pas. Bon, mettons que visiter une ile, ça impose un peu un revenage sur mes pas. Mais pas tant. Parce que ce matin, j’ai décidé d’être exotique et de prendre le traversier pour aller sur l’Isle de Skye. Sauf que… Je suis partie un peu juste de Fort William, ça a l’air. Parce que je suis arrivée sur le quai de Mallaig, le bateau de 9h30 venait de partir. Mais comme j’avais oublié que je devais réserver le traversier (et qu’il fallait être en ligne 20 minutes avant), ben je n'aurais pas pu le prendre énéwé. En plus, il n’y avait plus de place sur le bateau de 10h45. Alors, j’ai été placée en stand-by. Mais le bateau de 10h45 est parti sans moi… Heureusement, j’ai pu prendre celui de 11h45. Mettons que c’était un peu plus tard que je l’avais prévu.




Ce qu’il y a de gossant sur le traversier, c’est que les chars qui trouvent qu’il y a de la houle (il n’y en avait presque pas) font partir leur système d’alarme. Et les propriétaires de ces chars ne pensent pas à s’en inquiéter. Y’a trois chars qui ont hurlé pendant les 35 minutes qu’a duré la traversée.

En arrivant sur l’Isle de Skye, ben, j’ai fait le tour… et j’ai pris des photos à travers le parebrise de ma voiture! Vraiment quelque chose d’Islande. Ou de Terre-Neuve un peu aussi. L’Isle de Skye est la plus grande des Hébrides intérieures. C’est montagneux, c’est de toute beauté. J’ai eu la gueule ouverte tout au long… si bien que ce soir, avec la pression liée aux montées et aux descentes (je suis montée à 600 m, tout en viraillant sans arrêt), ben j’ai mal aux mâchoires!


J'aime les montagnes avec des vergetures!





Un tout petit nuage, pogné après la montagne!


J’ai diné, avec le stock habituel, à côté de l’église. Avec vue sur la mer. À côté de ma voiture est arrivée une autre voiture. Deux adultes (fin quarantaine) en sont sortis pour aller faire le tour de l’église et prendre des photos. Comme j’étais à côté, je me suis demandé pourquoi le moteur continuait de tourner… jusqu’à ce que je vois deux ados, à bouttte de toutttte, dans l’auto. Oh la face qu’elles faisaient, toutes les deux. C’était clair que ce tour de machine sur l’Isle de Skye, c’était pas leur idée!


Il y a de petits villages, dans les montagnes ou sur le bord de l’eau. Il y a des fermes et des moutons. Les quelques fois où je suis arrêtée pour les regarder, on les entendait bêler. J’aimais assez ça! Mettons que c’est pas un son que j’ai dans mon vécu, ça.



Un tas de moutons qui venaient vers moi, en plein milieu de la route. Malheureusement, je n’ai pas pu les prendre en photos, je riais trop. «Ben voyons donc, les moutons, enlevez-vous d’en avant de mon char!»




Il y a bien des travaux ici et là, mais rien de dramatique. On finit toujours par avancer assez rapidement. Faut dire que le trafic n’est pas si lourd sur l’ile. Il y a des touristes en quantité affolante, pour un 31 mai. Des campeurs, en voulez-vous, en v’là! Beaucoup (mais beaucoup) de Néerlandais et d’Allemands. Oui, oui. Avec des campeurs qui se conduisent de l’autre côté. Je les comprends de vouloir rentabiliser leur campeur, mais ça doit être encore plus dangereux que moi (qui ai dû refaire mes habitudes de conduite) de se promener avec un char avec le volant à gauche, et rouler à gauche. C’est qu’on voit rien… En tout cas, impossible de dépasser. Mais beaucoup (je me répète parce que je suis un peu flabeurgastée) de campeurs. Un peu de britanniques aussi, quand même. Et des vélos. Pas beaucoup, mais je trouvais les cyclistes complètement malades de se promener sur des routes pas d’accotement, qui tournent et détournent, montent et démontent.


Si les routes sont très (très) majoritairement à deux voies, j’ai revécu la voie simple, avec des passing place. Ça montait dans la montagne… et j’ai longuement suivi un autobus scolaire! Ben oui, les petits et moins petits doivent aller à l’école! Heureusement, un moment donné, le chauffeur a laissé passer les deutwa chars qui étaient derrière lui.






Mautadite belle journée... de plus de 350 kilomètres!
 

mardi 30 mai 2023

L'Islande et James

Quelque chose qui ressemble à l’Islande, dans les Highlands écossais. Les montagnes, les roches, les routes à une voie qui rencontre, les moutons… C’est vrai que l’ile de l’Atlantique nord n’est pas très loin.

Ça ressemblait d’autant plus à Lislande que j’ai mangé une canne de thon dans mon char, avec un petit sac de chips et du fromage. Il ne manquait que les olives aux anchois (j’en avais!) et les carottes coupées par Stéphanie pour que ça soit tout à fait conforme à un lunch de char islandais (bordelais, danois et normand itou, d’ailleurs).

Pis le spot où je me suis arrêtée, c’est un spot de ski et un camping… avec des tunnurs! J’étais contente de renouer avec ces drôles de cabines.



Semble-t-il que cette maison est une des plus photographiées d’Écosse. Ah. C’est vrai que son environnement est particulièrement beau et qu’elle est toute seule au milieu, mais je pense qu’il y a un peu d’inflation…

Après le diner, je me suis enlignée sur une petite route pavée, mais une route avec une seule voie (pendant des miles et des miles) avec, régulièrement (aux 200 ou 300 yardzes), un petit renflement pavé pour qu’on puisse se tasser pour laisser passer le véhicule qui vient en sens inverse (en Nislande, c’était indiqué par des M le long de la route). Comment fait-on pour savoir si on se tasse ou si c’est la voiture en sens inverse qui se tasse? Facile. Quand le petit bout pavé (c’est très souvent pavé) est à gauche, c’est à moi à me tasser. Parce que, comme je suis à droite dans le char, je peux voir venir le char en sens inverse. Faque ça arrive souvent que le char en face de moi se tasse dans son passing place et flache les lumières pour me dire qu’il est tassé et que je peux y aller. Si j’arrive devant un passing place qui n’est pas de mon côté et qu’il y a un char qui vient sur la route devant moi, j’attends que le char arrive à ma hauteur et qu’il se mette dans son passing place pour que je puisse continuer ma route. C’est même arrivé, dans une courbe, que je n’aie pas vu le char venant en sens inverse et je venais tout juste de dépasser mon passing place. Faque j’ai reculé pour entrer (du ruculons) dans mon passing place pour laisser passer le char que j’avais dans la face. C’est absolument fascinant.


J’ai jamais fait tant de tatas aux autres conducteurs. Parce que, quand on sait vivre, on se salue quand on se croise et que l’autre est arrêté. Ce qui me faisait penser que ça serait une bonne chose de venir dans ce genre de petite route quand on apprend à conduire: ça nous rend extrêmement sensible aux gens autour de soi. Tiens donc, on n’est pas tout seul sur la route.

Mais pourquoi aller sur cette route, me demanderez-vous.  C’est que le film Skyfall, avec James, oh James, s’est tourné dans cette vallée. Maudit baswell que c’était beau.

J’ai pris des photos comme une mongole. Comme je n’allais pas vite (difficile de passer en troisième), ma fenêtre était ouverte et je prenais des photos un peu au hasard. Faque ça a l’air de ça, le hasard dans la vallée de Skyfall… avec des photos qui ne rendent absolument pas compte de la beauté et de la splendeur de la chose.



Je couche dans un lit simple, ce soir, à Caol. J’ai Lisa LeBlanc dans la tête.

lundi 29 mai 2023

Le début du tour

J’ai quitté Glasgow ce matin, comme prévu. En fait, je voulais partir vers 11h, mais comme il fallait payer le stationnement et que la machine ne prenait yinque les cennes (tu parles d’une gnaiserie, en 2023…), ben j’ai mis toutes les cennes que j’avais dans mon portefeuille et ça se rendait jusqu’à 9h30. Faque je suis partie à 9h30. Bonne affaire, finalement. Parce que je me suis épivardée un peu sur les routes d’Écosse vers Oban.

Je me suis d’abord arrêtée au Loch Lomond. C’est que c’est le whisky bu par le Capitaine Haddock (et par Milou, quand il s’y met).  C’est juste pour ça que je connais le Loch Lomond. On a les référents qu’on peut.




J’ai lu, dans un de mes guides, qu’en été, la route A-82 qui longe le loch Lomond est encombrée. Oh que je peux bien imaginer… parce qu’à la fin mai, ça roulait lentement. Bon, faut dire que c’est férié, en ce lundi, en Écosse. C’est le Bank Spring Holiday, la journée du printemps. Ils appellent ça une journée fériée laïque.

Je me suis trouvée drôle, un moment donné. J’étais toute émue de voir le Loch Lomond. Un lac, je vous rappelle. C’est que je viens du Québec, moi. Pis des lacs, on en a comme quelques-uns sur notre territoire. Je n’avais sans doute pas à m’émouvoir d’un lac, mais du Loch Lomond, quand même.

Je voulais aller voir un «point de vue» sur le lac, mais je ne l’ai jamais trouvé. Il faudrait qu’ils fassent des efforts, les gens du tourisme et des cartes. Parce que les mêmes endroits ne portent pas les mêmes noms. Faque je cherchais Ovan, pis j’ai compris que ça s’appelait Inverquelchose sur ma route du retour. Parce que, rendue à Crianlarich, c’était clair que j’avais passé dwette. Bon, tant pis.

Je me suis donc enfoncée dans les Highlands. C’est montagneux, c’est un peu sauvage mais pas trop. Mais c'est clair que je ne vais pas à la vitesse annoncée: la limite est à 50 (miles à l'heure) et j'ai du mal à aller à 35...




J’ai mis le cap sur Inveraray. Ça a l’air que c’est quioute. En tout cas, le pont pour y arriver est exotique!

J’ai rencontré, au pied de la statue aux morts de 1914-1918, Alain et Julie, un couple de Bastican au Québec. J’ai entendu l’accent, ils avaient l’air sympathique, alors je les ai salué. Pis on s’est mis à jaser. Des anciens agriculteurs qui faisaient dans les petits fruits et ils ont réussi à vendre leur terre. Alors, c’est leurs premières vacances «d’été». Ils font la route contraire de ce que je vais faire: ils ont débarqué à Édimbourg et, après avoir fait le tour de l’Écosse par en haut, ils s’en allaient à Glasgow d’où ils repartiront mercredi. Ils étaient impressionnés de mon séjour, du fait que j’étais partie depuis presque 4 mois et que je faisais ça toute seule. Je sais que ça peut impressionner… mais moi, je ne m’impressionne pas parce que c’est moi. Je fais ce qui me ressemble. Je disais justement la semaine dernière que je paniquais un peu parce qu’il ne me restait que 6 semaines… alors que la moyenne des singes n’a même pas ça de vacances, 6 semaines! C’est juste que 6 semaines, sur 5 mois, ça annonce vraiment la fin. Mais je ne veux pas trop y penser, j’aime mieux me concentrer sur l’Écosse.

Faque oui, le village est franchement joli. Tout en blanc et noir. Ne vous méprenez pas: il s’agit d’un bourg royal, pas d’un vulgaire village. D’ailleurs, tout le centre du village est protégé parce qu’il représente un moment important de l’histoire écossaise du 18e siècle.





Le pont que j'ai franchi avant d'arriver en ville (sur le vidéo)


Oban, où je couche ce soir, c’est franchement une chouette place. C’est de là que partent un paquet de traversiers pour un paquet de places. La ville donne sur la mer des Hébrides, et il y a plein d’iles écossaises là-dedans. Faque.

Le bord de la mer est agréable, et Oban se targue d’être la capitale écossaise des fruits de mer, rien de moins. Alors, je suis allée souper (vers 17h45… parce que le shack fermait à 18h!) à un resto franchement sympa: un comptoir dehors, où on s’installe à une table et on mange debout. J’ai mangé des crevettes et des pétoncles. C’était ben bon… C’est quand même weird de manger des fruits de mer dans une assiette en carton et une fourchette en bois.


 
La boite aux lettres est surmontée d'un tricot d'un minion avec une couronne... J'ai trouvé ça drôle!






Après ma promenade sur les quais et autour du port, je suis montée en haut de la colline pour aller voir la McCaig Tower. Jolie patente en arches avec rien dedans. Ben, un parc et des arbres. Et une vue imprenable sur la ville.


On voit à peine un croissant de lune...



 
Une pensée pour Michel Côté, immense acteur dans tous les sens du terme. Je l’avais croisé dans un ascenseur il y a quelques années. J’avais été vraiment impressionnée, moi qui ne suis pas groupie pour cincenne. Méchant beau bonhomme. Rôles marquants (Omerta, Broue, La Petite Vie, CRAZY, Piché…). Il va nous manquer.