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lundi 20 mars 2023

De quelque transport...

Un dernier tour de vaporetto ce matin. Comme la température était un peu houleuse à Venise, ben, il y avait aussi de la houle dans le Grand Canal. Je constate toujours à quel point je n’ai pas le pied marin. J’haïs ça, la houle. Comme on était lundi matin, j’ai croisé toutes sortes de bateaux transportant toutes sortes de choses: du bois de construction, des boites de bouffe, des vélos. C’est que la livraison se fait uniquement par bateau, ici.

Maudit que j’aime ça me promener en train! J’en aurais pris bien plus que ma petite heure et quart ce matin, entre Venise et Vérone. Je lisais des articles pour Pédagogie collégiale, je regardais passer la campagne italienne par la fenêtre et j’observais l’écran dans le train qui disait à quelle vitesse on allait. Pourquoi on ne s’entend pas, au Québec, voire au Canada, pour faire des trains qui ont de l’allure. À 216 km/h, on serait à Québec dans le temps de le dire, à peine un peu plus d’une heure, et je suis convaincue que plein de gens choisiraient de voyager en train.


Dans le train, j’ai été seule à partir de Venise, jusqu’à Vicenza (45 minutes). J’ai passé les 30 minutes suivantes avec une madame à côté de moi qui était si petite qu’elle a pu mettre sa valise entre ses genoux et le siège en avant.  J’étais fascinée…
Le train s’est rempli à Vicenza de tout plein de monde qui allaient à Milan. Moi, je suis sortie à Vérone où j’avais parqué mon char mercredi. En y arrivant, justement mercredi, j’avais vu que l’autobus de touristes hop on hop off avait un arrêt à la gare. Je m’étais dit que ça serait une bonne façon d’avoir un coup d’œil sur la ville, à mon retour. Faque en débarquant sur le trottoir, je suis allée voir l’horaire dudit autobus. Hourra: il est 12h04 et il est prévu que l’autobus rouge soit là à 12h07! Je ne me voyais pas attendre une heure… Mais trois minutes, ça m’allait tout à fait!

J’ai donc fait le tour rouge de l’autobus de touriste à Vérone. Comme j’étais assise au deuxième étage drette en avant de l’autobus, j’ai pu avoir une bonne vue de ce que la ville avait à offrir. Faque voici quelques photos prises à travers la vitre!










Comme le deuxième tour de bus était 25 minutes plus tard, j’en ai profité pour errer autour de la Piazza Bra, en ayant un peu la gueule arrachée pour cause des arènes de Vérone. Une patente qui date de plusieurs siècles et, parce qu’elle est encore fort bien conservée, il y a des opéras l’été. Aida, notamment.  Peut-être ben que je pourrais revenir un jour.




Le deuxième autobus est arrivé, celui qui fait la ligne bleue. Comme il se promène dans la vieille ville, il est plus petit et cette fois-ci, j’étais assise tout au fond, mais avec une fenêtre ouverte à côté. Faque voici des photos de côté…







Il me fallait reprendre le premier autobus pour retourner à la gare. À la Piazza Bra, j’avais 40 minutes à attendre. Faque je suis allée manger une gelato. Faut ben passer le temps.


J’ai repris la ligne rouge pour 2 arrêts et je suis revenue à la gare que j’avais laissé à 12h07. Il est 16h. Petit après-midi à Vérone. C’était ça ou rien. Faque ça sera ça.

J’ai récupéré ma Renault Captur dans le sous-sol de la gare de Vérone. Je me doutais bien que ça ne serait pas gratisse, quatre jours de parking. Ben non. Ça a couté 98 euros. C’est 25 euros par jour. Sur le coup, j’ai avalé ma salive un peu croche. Mais en y pensant bien, c’est à peu près ce que ça coute à Montréal, quand on stationne un char à la gare centrale. C’est juste que je ne pars pas 4 jours en train à Québec. Généralement, je reviens le soir même ou, au pire, le lendemain. Faque j’ai repris mon char, j’ai entré les coordonnées dans le GPS et je suis partie. Le bonheur, quand même, de conduire en Italie quand la limite est 130 sur l’autoroute.


Le bonheur (presque) d’arrêter payer son dû à une machine, le long de l’autoroute. C’est que c’est pas si cher que ça, en Nitalie (comparé à la France, mettons). Y’a toujours ben 160 km entre Vérone et Milan, pis ça m’a couté une fois 6,50 euros pis l’autre poste de péage après 17,50. C’est 30 piasses, ça. C’est 18 cennes du kilomètres. Ben, peut-être un peu plus étant donné qu’autour de Milan, les autoroutes sont pas payantes.


Ce fut ça, aujourd’hui: de la marche, du vaporetto, du train, de l’autobusse à tourisse et du char. Je me trouve variée.

dimanche 19 mars 2023

Des Italiens et des Français

Dernière journée à Venise. Entre vous et moi, c’est assez. D’autant plus que l’horaire du B&B n’est pas compatible avec mon air naturel! Je dois mettre mon alarme pour me lever le matin, pour pouvoir déjeuner à 8h30. Je sais, c’est pas l’heure des poules, 8h30, mais pour moi, ce n’est pas «normal» de me réveiller à 7h30. Une journée de temps en temps, ça va. Mais quatre matins en ligne, c’est toffe. D’autant plus que je m’étais aussi levée à l’heure des poules pendant la fin de semaine d’avant pour cause de Bordeaux avec Christian et Raymond, le mardi pour aller visiter la Dernière Cène et le mercredi, pour partir pour Venise. Allez-y, plaignez-moi.

Mes hôtes, au B & B, sont absolument charmants. Riccardo parle bien français, Grace parle très bien l’anglais (elle est américaine), les deux parlent très bien l’italien (aucune utilité), Riccardo parle même le dialecte vénitien (ça non plus, ce n’est pas utile). Riccardo est moitié libanais, moitié vénitien. Tu parles d’un drôle de mélange.
Vous savez, ça arrive tout le temps ces affaires-là, surtout quand on voyage: on croise des gens qui ressemblent tellement à d’autres personnes qu’on connait que ça en est troublant. Hier soir, c’est le serveur du restaurant qui ressemblait au comédien Marcel Leboeuf. Bon, ça va, je ne connais pas personnellement Marcel Leboeuf. Mais Grace a la même face et surtout la même voix (et les mêmes dents!) que Dominique Nadeau, la fille de mes amis Michèle et Daniel, de Safari Condo. Troublant, je vous dis.

Vous le saviez, vous, que le nom ghetto est italien? C’est ça que je me disais. Au 16e siècle, la république de Venise a utilisé ce nom pour désigner l’endroit où les juifs devaient se regrouper, étant donné qu’ils vivaient selon une religion différente. Ça n’avait rien de méchant ou de ségrégationniste à l’époque; c’est juste que les juifs pratiquaient le sabbat ou abattaient des animaux de façon différente et les autorités souhaitaient qu’ils fassent ça entre eux. Le premier ghetto connu est celui de Venise. C’est ce que je suis allée voir ce midi. Oui, c’était un endroit où habitaient les juifs de Venise, mais c’est juste qu’ils étaient regroupés dans ce quartier, comme ils ont été regroupés dans des quartiers propres dans plusieurs villes d’Europe. Le nom a évolué, par la suite, pour désigner un quartier où se regroupent des personnes apparentées (un ghetto noir, par exemple) et, dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, le ghetto a «repris» son sens du regroupement juif, mais de façon peu reluisante, disons…
La guide pour visiter le ghetto était particulièrement plate. Dommage, parce qu’elle disait des affaires intéressantes. Mais ça prenait une concentration du yabe pour suivre. C’est clair qu’elle nous récitait un texte appris par cœur il y a longtemps. Mes collègues profs de français l’auraient coulé pour ses compétences communicatives: toujours sur le même ton, pas vraiment de pause dans le débit, pas de gestes pour aider à la compréhension (elle gardait même ses mains derrière son dos). Heureusement, la visite n’a duré que 40 minutes! Je n’aurais pas pu prendre ça pendant deux heures.
Parce qu’ils sont tassés les uns sur les autres, les juifs de Venise ont créé des gratte-ciels: des édifices de 8 étages. Parce que vous vous imaginez bien que Venise ne peut pas supporter plus que ça. Et pour que ça ne soit pas trop haut, les étages sont moins hauts que la normale, le plafond est donc plus bas.



On a visité le «quartier» (un grand carré et quelques maisons autour), mais aussi deux synagogues. J’ai toujours ben de la misère de séparer les hommes et les femmes au nom d’une religion…


Les hommes assistent à l'office en bas, et les femmes sont en haut (où il y a comme des fenêtres - c'est un genre de passerelle)

S’il y a lieu de se réjouir, les juifs de Venise n’ont pas trop souffert de la guerre parce qu’ils avaient été exilés ailleurs, avant 1939. Malgré cela, quelques-uns étaient restés ici et la plupart ont été déportés. Des petites plaques sont maintenant par terre, devant les édifices où ils habitaient, avec ce qu’ils sont devenus… Je trouve ça d’une tristesse sans nom.


J’ai essayé d’aller manger dans un resto maghrébin suggéré par Riccardo (qui est à moitié libanais, je vous le rappelle). J’y suis arrivée à 12h. C’était plein. La fille à l’accueil m’a dit que tout était réservé jusqu’à 14h30. Je suis donc allée visiter le ghetto en attendant (c’était à côté). Je suis revenue à 14h20. Pas moyen. Plein jusqu’en fin d’après-midi (je vous l’ai dit: je ne comprends pas l’heure des repas des Italiens – je pense qu’ils mangent sans arrêt!). Suggestion du serveur: prendre du take out et aller le manger ailleurs. Ben oui, toi. Où? Il fait 10, je suis loin de chez moi… Faque je suis allée juste ailleurs. J’ai mangé des pâtes au ragout, comme Enrico nous avait cuisiné pour fêter l’obtention de nos subventions de recherche, chez David, en novembre. Bon, honnêtement, celui d’Enrico était meilleur… bien que celui-ci était comestible. 

À la table derrière moi, un couple qui en était à sa première rencontre. Elle, Ukrainienne qui parlait français (et italien) et lui, Français. Messembre que lors d’une première rencontre, même si c’est ta spécialité, tu donnes pas un cours sur l’origine des langues indo-européennes. L’Ukrainienne avait beau lui expliquer comment se construisait sa langue maternelle, l’autre n’était pas d’accord, en lui expliquant que l’estonien et le letton se comparaient à l’ukrainien. Tu parles d’un sujet de conversation lors d’une première rencontre! En tout cas, moi qui aime les langues, ça m’aurait teurné off assez vite merci.

J’ai continué à errer. J’aime toujours ça regarder le quotidien des gens. La vie du monde ordinaire. Le linge qui sèche sur la corde m'émeut.




Puis j’ai décidé de revenir faire la sieste au B&B. Vers 18h, j’ai offert à Riccardo et Grace d’aller prendre l’apéro ensemble, ce que nous avons fait sur la piazza San Marco. T’sais, quand t’habites à Venise, ben, c’est comme ordinaire d’aller prendre l’apéro sur la place St-Marc! On a fait comme les Vénitiens: on a pris un verre debout, au bar. Perso, je me serais assise pour jaser, mais on a jasé debout. C’est de même. Je pense que c’est les touristes qui s’assisent.

Après l’apéro, je suis allée manger une pizza dans un resto suggéré par Riccardo (encore!), là où vont les Vénitiens. C’est un peu faux parce qu’à côté de moi, il y avait un couple de Français que j’aurais égorgé. En fait, c’est elle que j’aurais égorgé. Insupportable. Elle n’a pas arrêté de parler (vous me direz que c’est assez français merci), mais surtout, elle a dit à son mari tout ce qu’elle faisait et tout ce qu’il devait faire: «Tu ne devrais pas choisir ça, tu n’aimes pas ça. Mes légumes sont croquants et sont chauds, alors je vais manger. Moi, un homme qui aime faire la cuisine, je ne me serais pas laissé faire…»
Moi qui croyais que les Italiens me tomberaient sur les nerres parce qu’ils parlent fort et tout le temps, aujourd’hui, j’ai plutôt eu ma claque de Français!

Je suis rentrée passé 21h, avec le pas-trop-d’envie, quand même, de refaire mon sac à dos pour demain. C’est que je quitte Venise pour rentrer à Milan avec des centaines de photos que j'ai pris comme une déchainée. Je suis contente d’être venue ici en mars. En juillet, ça doit être in.su.ppor.ta.ble.

NOTE: Il semble que j'avais «oublié» de rendre possible la rédaction de commentaires anonymes. Vous pouvez le faire maintenant... mais ça serait chouette de vous «désanonymiser» si vous le faites! Merci!

samedi 18 mars 2023

Encore les jambes...

Vous la connaissez, je vous la sors une fois de temps en temps, selon mes journées: j’ai les jambes rentrées dans le corps jusqu’en t’sours des bras. C’est ce qu’est épuisant, Venise!

C’est que ma journée de visite a commencé anormalement tôt: je suis allée déjeuner avec Riccardo et Grace dans un petit café. Comme j’étais la seule au B&B ce matin (mes comparses américains ont quitté vers 7h, sans déjeuner!), Riccardo a suggéré que nous sortions. Faque une fois sortie, je n’allais pas rentrer… j’ai commencé ma journée!

Ça s’est fait rapidement… Riccardo a dû retourner au B&B pour accueillir des ti-nouveaux et nous a laissé, Grace et moi, au café. On était en train de jaser quand il est revenu presque au pas de course (pour lui, c’est le rythme normal…): un de ses amis du primaire, Christian, est gondolier et il m’attendait pour un petit tour! Je me suis ramassée en deux temps trois mouvements et je me suis rendue sur le bord du canal où Christian m’attendait.

C’est sans doute vrai que les gondoliers gagnent leur vie grâce aux touristes. Il n’y a que 35 000 habitants à Venise, mais il y vient entre 25 et 28 MILLIONS de touristes par année. Évidemment, un peu moins ces trois dernières années, mais la ville s’attend à dépasser les 28 millions cette année. Aye, c’est du monde en viarge, ça, pour une ville bâtie sur l’eau qui n’a pas vraiment d’espaces libres, à part garrocher le monde dans le canal. Riccardo et Grace ferment leur B&B en aout et sacrent leur camp ailleurs tellement c’est insupportable alors qu’ils pourraient louer toutes leurs chambres pendant le mois. Mais leur paix d’esprit vaut bien un mois de vacances! En mars, le nombre de touristes est tout à fait supportable. Il y en a tout plein (dont moi!), mais c’est vivable, sauf pour les groupes de Chinois. C’est assez désagréable quand ils débarquent en troupeau…

J’ai beaucoup aimé mon tour de gondole. J’en aurais pris encore une bonne heure, en plus des 30 minutes payées. Mais ça aurait coûté viargement plus cher. Déjà que 30 minutes, c’est 80 euros… J’ai adoré me faire bercer par le bateau sur l’eau, et j’ai aussi aimé voir un tipeu de ville à hauteur de canal, pognée dans le trafic des bateaux. J’ai toujours aimé faire des tours de bateau quand une ville est installée près d’un cours d’eau digne de ce nom. Je trouve que ça donne un autre regard. Et comme Christian me montrait quelques édifices historiques et répondait à mes questions, ce fut un tour fort agréable! On a jasé de tourisme, d’eau, de marée haute (aqua alta à Venise), des immenses bateaux de croisière qui n’ont plus le droit d’approcher la ville… Considérant la fragilité de Venise, je peux pas croire que ces bateaux de touristes débarquaient leurs occupants sans trop se soucier des effets sur la lagune et les berges vénitiennes. La ville (et le gouvernement) est en train de construire un espèce de barrage dans la lagune qui devrait arriver à réguler les marées quand elles s’annoncent érosives. Les Vénitiens ne demandent qu’à y croire.





Il était 10h30 et mon tour de gondole était fini. Qu’est-ce que j’allais faire du reste de ma journée? Je trouvais qu’il était de bonne heure en tipépère. J’ai donc marché jusqu’au marché public. Un truc en plein air (comme le reste de Venise) où les poissonniers viennent vendre leur stock fraîchement pêché. À côté de ça, des marchands de fruits et légumes, et d’épices. J’ai niaisé là, autour des étals. Je n’allais évidemment pas acheter de poisson, mais je me suis laissé tenter par des épices à rapporter à Mourial et par des fraises. C’est qu’elles étaient bonnes et pas trop chères. Je les ai juste oublié dans mon sac à dos tout l’après-midi au lieu de m’assoir sur un banc et de les manger!



J’ai continué à errer, à la recherche de rien. Ça tombait bien: rien est très facile à trouver à Venise. Parce que c’est sûr que si je cherche de quoi de précis, je ne le trouve pas et je me perds! C’est ça, Venise. Un paquet de tites rues qui ne débouchent pas sur une autre rue ou qui aboutissent sur un pont alors que, selon ma carte de la ville, je devrais rester de ce côté-ci du pont… Faque on marche au hasard. J’ai même entendu un Français engueuler sa femme sur le fait qu’il FAUT se perdre à Venise, que c’est la SEULE façon de découvrir la ville. On se calme? C’est vrai que c’est agréable d’aller au hasard, mais un moment donné, il faut ben se rendre quelque part!

J’ai un sens de l’orientation assez pas pire, généralement. Mais à Venise, il ne sert pas à grand-chose. Un moment donné, j’étais certaine d’être rendue «là», mais je ne me retrouvais pas sur ma carte. Faque j’ai dû demander à Gougueulemappe de me trouver. Eh misère que je n’étais pas où je pensais?!?! Pis j’ai beau me dire «à droite, puis à gauche après le pont», c’est jamais simple de même! Les noms des rues ne sont pas toujours écrits sur les murs ni sur ma carte… alors, ça complique la vie un peu.


J’ai fini par aboutir quelque part où j’ai trouvé que ce serait une bonne place pour honorer mon engagement envers mon amie Julie: j’ai bu un Spritz Aperol à sa santé sur une terrasse, au soleil.

J’ai aussi croisé une église et une basilique. On est en Italie après tout. L’église de San Polo et la Basilique Santa Maria dei Frari. Du joli stock, mais surtout, des peintures qu’on verrait dans des musées. De même, là, là, accrochées au mur dans une église.




Quelques pas plus loin, j’ai trouvé un resto avec une terrasse au soleil pour diner. Une splendide lasagne bolognaise. Je suis quand même étonnée à quel point les Vénitiens (et les touristes) mangent dehors alors qu’il fait toujours ben yinque 12 degrés. C’est pas si chaud… Mais je pense sérieusement que j’ai pogné un coup de soleil dans la face.



J’ai repris ma marche vers nulle part. En fait, là, ce n’était pas tout à fait vrai. Je voulais surtout aller à la basilique Santa Maria della Salute, la grosse basilique qu’on voit quand on se promène sur le grand canal. Comme c’est au bout du paquet d’iles de l’autre côté, c’est pas mal de marche… surtout quand on doit sans cesse revenir sur ses pas parce qu’on n’a pas pris le bon chemin! Finalement, j’ai comme l’impression que je marche comme Prunelle, le chien d’Yves, dans le temps… Marcher en ligne droite n’était pas dans son ADN. Pendant qu’on faisait 3 km autour du lac, elle devait en avoir fait 5 ou 6, à virailler autour de nous. Les Italiens me fascinent, quand même. Dans les petites rues, c’est clair qu’il faut croiser en file indienne. Alors, quand quelqu’un attend devant nous, c’est parce que ça jamme un peu en amont. Alors, j’attends. Mes les Italiens, eux, doublent par la gauche… en contribuent à ce que ça jamme encore plus. Mais je peux comprendre les 35 000 Vénitiens d’être à boutte des touristes… même si c’est ce qui fait vivre la place.






Dans mes pérégrinations, j’ai été fascinée par les vêtements qui séchaient au… non, pas de vent. Pas de soleil non plus dans ces rues étroites. Ben, qui séchaient tout court. Je me demande, quand même… ça a dû arriver que quelqu’un échappe son linge dans le canal en l’étendant?

J’ai repris le vaporetto pour traverser le grand canal et revenir près de chez moi. C’est là que j’ai trouvé un bar à vin pour prendre l’apéro et pour souper. J’aime le vin du Fronsac… mais j’aime aussi le vin d’Italie. Le blanc que j’ai bu en apéro (100% Trebbiano de Lugana) et le Valpolicella avec mes fruits de mer m’ont rendue presque contente de me perdre, même si j’étais à quelques coins de rues de mon B&B.


Alors, vous comprenez pourquoi j’ai encore les jambes rentrées dans le tronc…