Après le bateau hier, vous
pourrez pas dire que j’ai pas de suite dans les idées! Tour de tram pour
commencer. On achète son tiquette sur le quai. Aujourd’hui, j’ai juste pris un aller-retour
pour l’aéroport (hier, j’avais pris un tiquette tram-bus pour la journée). Dans
tous les trams que j’ai pris, y’a un quelqu’un qui se promène sans arrêt pour
tchéquer si on a bien payé notre wéyage. J’imagine qu’ils ont pensé que c’était
la façon la plus économique et facile de gérer les wéyageurs. En tout cas,
monde de Québec, quand vous allez avoir votre tramway, je vais aller vous
visiter, juste pour le plaisir de faire la ligne d’un bout à l’autre!
C’est à la réoport d’Édimbourg
que j’ai pris possession de mon char pour la journée. Là, fouillez-moi pour
savoir comment ça se paye, un char. Rapport qu’il me restait 35 000 points
Aeroplan (après avoir annulé mes vols Paris-Vienne-Paris). Faque, il y a deux
ou trois semaines, je suis allée voir sur le site Aeroplan. Au début du site,
ça coute 76 000 points pour une journée de char, chez Budget ou Avis.
Voyons donc! Je vous rappelle que j’ai récupéré 35 000 points pour un billet
d’avion Paris-Vienne-Paris! Je peux pas crère qu’une journée de location de
char coute deux fois plus cher que deux billets d’avion! Je veux louer un char, je veux pas l’acheter!
Faque je suis sur le bord d’abandonner, mais je continue à faire descendre les
propositions. Quand tout à coup, chez Enterprise, c’est 27 000 points!
Quoi? Y’a le même char à louer chez Avis à 76 000 points et chez Enterprise
à 27 000 points? Pourquoi j’ai l’impression qu’on se fait toujours fourrer
en louant un char? Quoi qu’il en soit, je me suis rendue à la réoport d’Édimbourg
et je me suis mise en ligne. Parce que le service n’est pas tout à fait efficace
chez Enterprise. On n’arrête pas de faire la queue. La queue en-dedans pour s’assurer
qu’on est sur la liste des clients du jour, puis la queue à l’extérieur (où il
y a les chars) pour encore s’assurer qu’on est là pour prendre le char que l’employé
en dedans a dit qu’il nous attendait, et encore la queue pour attendre ledit
char. J’hérite d’une Vauxhall Corsa, un char anglais, avec 27 000 miles au
compteur. Ça va: je ne l’ai que pour la journée. Pis je venais juste de partir
que la lumière jaune de la pression des pneus s’est allumée, rapport qu’il fait
anormalement chaud à Édimbourg!
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Alors, pourquoi avoir loué
un char pour la journée? Pour aller voir le Scottish National Museum of Flight.
Faites pas vos surpris. Vous savez à quel point j’aime les avions. Faque quand
j’ai vu qu’il y avait ce musée, et que, en plus, dans le musée, il y a un Concorde,
c’était assez pour me décider (mais j’aurais pas payé 350$ pour une location de
char si je n’avais pas eu mes points. Y’a toujours ben des émittes, comme
dirait Germaine).
Le musée est installé sur la
base militaire de la Royal Air Force, telle qu’elle était en 1944. C’est pour
ça qu’il y a des barraques et des restants de shelters pour se protéger
des bombardements. Heureusement, la base n’a jamais été bombardée. À la fin de
la guerre, presque tout a été démantelé (ça avait été fait dans l’urgence et ce
n’était pas tellement solide!).
Aujourd’hui, il y a le musée
national écossais de l’aviation et, à côté, la piste de décollage existe
toujours (et est utilisée: j’ai vu plusieurs petits avions genre Cessna
décoller). Étant donné son rôle important dans la guerre, l’endroit est reconnu
comme un patrimoine historique.
Musée malgré tout peu
fréquenté, peut-être parce qu’il est difficile d’accès, même si j’ai vu passer
un autobus d’une ville (laquelle? On est au milieu de nulle part!) un moment
donné. Ça doit pas passer aux 8 minutes, ce bus-là! (Pour vrai, il passe aux
deux heures, et le dernier bus est à 17h, à la fermeture du musée) En plus des
quelques vieux qui faisaient le tour avec moi, il y avait une classe
d’écoliers, genre fin primaire. Je les ai entendus applaudir le conférencier
(un bénévole du musée) qui leur avait parlé du Concorde.
J’ai passé une grosse heure
et demie dans le hangar du Concorde. Maudit que c’est beau, cet avion-là. Je
regrette tellement de ne l’avoir jamais pris du temps de son vivant! Mais
mettons que, même si c’est de mon rang, le prix du billet était un frein… Mais
j’aurais vraiment aimé ça! Vraiment.
(Je n’ai jamais pris le
Airbus 380 non plus, remarquez, mais ça, j’ai un peu plus de chance que ça
arrive, étant donné qu’il risque de voler encore longtemps. Faudrait juste que
je me trouve un long voyage à faire avec une compagnie aérienne qui a des 380.
Singapour? Australie? Japon?)
British Airways a 7 Concorde
exposés quelque part. J’en ai vu 2 (Seattle et ici). Il y en a un à l’aéroport
de Manchester. Est-ce que j’aurais envie d’aller visiter la réoport la semaine
prochaine, juste pour le fonne d’y voir la face?
Rappelez-vous que le
Concorde a été pensé dans les années 60. Faque il est ammanché comme un avion
des années 60. Les sièges sont tassés et les divertissements à bord sont
ordinaires. Mais t’sais, quand tu pars de Londres à 10h30 et que tu arrives à New
York à 9h25, tu fermes ta gueule et tu lis. Les pilotes disaient que piloter le
Concorde, c’était un bonheur. Les waitrisses de l’air voulaient travailler sur
le Concorde, même si c’était difficile: il n’y avait pas de place et en trois
heures de vol, elles n’avaient pas de break. Et au prix que le monde payait son
tiquette, ils avaient le droit à tous les égards. Pis même pour les passagers,
c’était pas si confortable… Pis en plus, l’avion a de tout petits hublots. Ça
avait été pensé comme ça: si jamais un hublot arrache, avec un plus petit trou permet
une décompression moins rapide et donne le temps au pilote de descendre à une
altitude où il y aura de l’air! C’est sympathique d’y avoir pensé, je trouve!...
Pour être installé au Musée,
le Concorde a dû voyager par la route, comme le faisaient les pièces du A380. C’est
qu’après l’accident de l’avion à Paris, le BOAC-AA (le premier de la lignée) n’a
pas été revampé pour répondre aux exigences à la suite du rapport sur l’accident.
Alors, il a perdu son autorisation de vol… Il a donc fallu l’amener par la
terre. Fascinant, quand même.
Pas facile de faire des
photos de l’oiseau; c’est qu’il est trop long… il prend toute la place dans son
hangar.
En plus du Concorde, il y a un
hangar avec de vieux avions en refurbichement. Je trouve ça triste de
voir les avions dehors, en train de souffrir de l’air salin (on n’est pas loin
de la mer du Nord), de la pluie, du vent, de la neige… Oui, c’est des avions, c’est
fait pour aller dehors, mais c’est fait pour bouger, pas pour rester plantés
là, dans le gazon.
Faque j’ai vu un BAC 1-11,
un Comet et un Boeing 707. Ce ne sont pas tant les modèles des avions qui m’intéressent
que les histoires derrière eux. Pourquoi ont-ils été construits? Quand? Pour le
Concorde, par exemple (bon, le modèle m’intéresse, il est tellement
particulier!), c’est une entente exceptionnelle entre la France et la Grande-Bretagne
qui a permis sa naissance, au-delà du prix que ça a couté pour «l’inventer»,
pendant que l’Union soviétique essayait de construire un avion supersonique
(mais a raté son coup, ses avions se sont tous crashés et l’URSS a abandonné l’idée…)
Dire que la France et la Grande-Bretagne ont aussi failli se pogner sur le nom
de l’avion. Elles s’entendaient pour le nom, parce que «concorde» veut dire l’entente,
l’harmonie… mais est-ce qu’on met un E à Concorde?
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Il y a une salle avec des
avions militaires et des tibouts de film sur les guerres mondiales, la guerre
froide, les guerres en Irak, en Afghanistan, en Syrie, guerres auxquelles la Grande-Bretagne
participe.
Il y a aussi une salle avec des
avions civils. Comme l’Écosse est peuplée d’iles, ben ça prend des avions pour
faire la navette entre elles, par la compagnie Loganair. Il y a une ronne d’avion
qui prend 1:30 minutes à l’aller et 2:30 minutes au retour (pour cause de vent
de face), entre la terre ferme et une ile. L’avion transporte le professeur de
l’école, chaque matin et chaque soir. L’avion transporte le courrier, le papier
cul, un médecin… Oui, il y a un bateau, mais ça va plus vite en avion!
Évidemment, comme j’avais
loué mon char à partir de l’aéroport d’Edimbourg, il fallait que je le rapporte
à l’aéroport d’Edimbourg. Faque voir si j’étais pour venir dans un naréoport
pis que j’étais pas pour visiter!? Édimbourg est toujours ben la capitale de
Lécosse. Faque elle a un naréoport digne de ce nom. Quelques commerces à l’extérieur
de la sécurité, un carnet de vols correct, le tramway qui se rend du centre-ville
à la campagne…
Et je suis rentrée chez moi
en tramway, avec mon billet de retour.