Petite journée tranquille (ben, presque) aujourd’hui. La nuit d’hier a été passablement mouvementée: j’ai eu une solide indigestion (ben, pas solide… plutôt liquide!), une première fois vers minuit (ça goutait le souper) et une deuxième fois vers 4h (ça goutait la bile) et je me suis répandue par les deux bouttes. Alors, ce matin, j’étais pas mal plus lousse sur ma gestion du temps.
J’ai quand même décidé, vers 12h, de partir pour Cremona en char. C’est toujours ben pas 1h30 de char qui va me rebuter. Faque je suis partie l’estomac vide, avec une bouteille de gatorade et du ti-liquide vendu par le pharmacien du coin pour me refaire une flore intestinale.
Pourquoi Cremona? Parce que la ville est connue pour abriter une quantité importante de luthiers. On y fabrique des violons! On apprend aussi à les fabriquer dans une école internationalement reconnue depuis 500 ans. Rien que ça, ça m’impressionnait.
Alors, je suis allée visiter le musée du Violon, là où sont exposés de vieilles pièces de collection et des Stradivarius, rien de moins. C’est super toffe à prendre en photo parce que les violons sont dans des cages de verre qui font tout plein de reflets. La salle s’appelle «L’écrin des trésors».
On y parle des origines du violon (il y a des explications à partir d’un audioguide), de sa construction par des luthiers. Il y a d’ailleurs un concours de lutherie organisé par le musée aux trois ans. Dans une salle, on voit les violons, altos, violes, violoncelle et contrebasse qui ont gagné les différents concours.
Il y a aussi une salle tout en bois où on entend différentes
pièces jouées au violon (tiens donc…) C’était magique. Le violon, en bois, trouve
vraiment toute sa puissance dans une salle… en bois. Évidemment, le musée a quelques salles de spectacles (en bois). Vous pouvez écouter, ici, un tout petit bout d'un concert donné dans une salle, avec un violon gagnant.
Le musée et l’école de lutherie veulent démocratiser la musique en passant par le violon. En Uruguay, on fabrique des violons à partir de vidanges trouvées dans des sites d’enfouissement. Pour un jeune, un violon vaut de l’or parce qu’il lui permet de faire de la musique et de trouver un sens à sa vie.
Les luthiers ont aussi montré à des prisonniers à être des « apprentis luthiers » et à construire des violons à partir des bateaux des gens qui ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge en Europe mais qui sont morts noyés. Les bateaux sont récupérés et démantelés pour utiliser le bois. Ce n’est pas le meilleur bois pour faire des violons, on s’entend, mais l’expérience est touchante. La tite vidéo était magnifique.
Ça fait bien passer une indigestion, toute cette belle musique. Mais pour pas prendre de chance, je suis allée à la splendide cathédrale de Cremona avec toutes ses peintures. Juste au cas.