J’ai quitté Glasgow ce matin, comme prévu. En fait, je voulais partir vers 11h, mais comme il fallait payer le stationnement et que la machine ne prenait yinque les cennes (tu parles d’une gnaiserie, en 2023…), ben j’ai mis toutes les cennes que j’avais dans mon portefeuille et ça se rendait jusqu’à 9h30. Faque je suis partie à 9h30. Bonne affaire, finalement. Parce que je me suis épivardée un peu sur les routes d’Écosse vers Oban.
Je me suis d’abord arrêtée au Loch Lomond. C’est que c’est le whisky bu par le Capitaine Haddock (et par Milou, quand il s’y met). C’est juste pour ça que je connais le Loch Lomond. On a les référents qu’on peut.
J’ai lu, dans un de mes guides, qu’en été, la route A-82 qui longe le loch Lomond est encombrée. Oh que je peux bien imaginer… parce qu’à la fin mai, ça roulait lentement. Bon, faut dire que c’est férié, en ce lundi, en Écosse. C’est le Bank Spring Holiday, la journée du printemps. Ils appellent ça une journée fériée laïque.
Je me suis trouvée drôle, un moment donné. J’étais toute émue de voir le Loch Lomond. Un lac, je vous rappelle. C’est que je viens du Québec, moi. Pis des lacs, on en a comme quelques-uns sur notre territoire. Je n’avais sans doute pas à m’émouvoir d’un lac, mais du Loch Lomond, quand même.
Je voulais aller voir un «point de vue» sur le lac, mais je ne l’ai jamais trouvé. Il faudrait qu’ils fassent des efforts, les gens du tourisme et des cartes. Parce que les mêmes endroits ne portent pas les mêmes noms. Faque je cherchais Ovan, pis j’ai compris que ça s’appelait Inverquelchose sur ma route du retour. Parce que, rendue à Crianlarich, c’était clair que j’avais passé dwette. Bon, tant pis.
Je me suis donc enfoncée dans les Highlands. C’est montagneux, c’est un peu sauvage mais pas trop. Mais c'est clair que je ne vais pas à la vitesse annoncée: la limite est à 50 (miles à l'heure) et j'ai du mal à aller à 35...
J’ai mis le cap sur Inveraray. Ça a l’air que c’est quioute. En tout cas, le pont pour y arriver est exotique!
J’ai rencontré, au pied de la statue aux morts de 1914-1918, Alain et Julie, un couple de Bastican au Québec. J’ai entendu l’accent, ils avaient l’air sympathique, alors je les ai salué. Pis on s’est mis à jaser. Des anciens agriculteurs qui faisaient dans les petits fruits et ils ont réussi à vendre leur terre. Alors, c’est leurs premières vacances «d’été». Ils font la route contraire de ce que je vais faire: ils ont débarqué à Édimbourg et, après avoir fait le tour de l’Écosse par en haut, ils s’en allaient à Glasgow d’où ils repartiront mercredi. Ils étaient impressionnés de mon séjour, du fait que j’étais partie depuis presque 4 mois et que je faisais ça toute seule. Je sais que ça peut impressionner… mais moi, je ne m’impressionne pas parce que c’est moi. Je fais ce qui me ressemble. Je disais justement la semaine dernière que je paniquais un peu parce qu’il ne me restait que 6 semaines… alors que la moyenne des singes n’a même pas ça de vacances, 6 semaines! C’est juste que 6 semaines, sur 5 mois, ça annonce vraiment la fin. Mais je ne veux pas trop y penser, j’aime mieux me concentrer sur l’Écosse.
Faque oui, le village est franchement joli. Tout en blanc et noir. Ne vous méprenez pas: il s’agit d’un bourg royal, pas d’un vulgaire village. D’ailleurs, tout le centre du village est protégé parce qu’il représente un moment important de l’histoire écossaise du 18e siècle.
| Le pont que j'ai franchi avant d'arriver en ville (sur le vidéo) |
Oban, où je couche ce soir, c’est franchement une chouette place. C’est de là que partent un paquet de traversiers pour un paquet de places. La ville donne sur la mer des Hébrides, et il y a plein d’iles écossaises là-dedans. Faque.
Le bord de la mer est agréable, et Oban se targue d’être la capitale écossaise des fruits de mer, rien de moins. Alors, je suis allée souper (vers 17h45… parce que le shack fermait à 18h!) à un resto franchement sympa: un comptoir dehors, où on s’installe à une table et on mange debout. J’ai mangé des crevettes et des pétoncles. C’était ben bon… C’est quand même weird de manger des fruits de mer dans une assiette en carton et une fourchette en bois.
| La boite aux lettres est surmontée d'un tricot d'un minion avec une couronne... J'ai trouvé ça drôle! |
Après ma promenade sur les quais et autour du port, je suis montée en haut de la colline pour aller voir la McCaig Tower. Jolie patente en arches avec rien dedans. Ben, un parc et des arbres. Et une vue imprenable sur la ville.
| On voit à peine un croissant de lune... |


