En juillet 2002, Yves et moi, on fait notre premier échange de maison à Ajac, dans le Languedoc. L’arrivée est pénible pour mon vieux chum qui vomit sa vie, lors de notre première journée à l’hôtel. Ça semble se placer… et on décide d’aller visiter Carcassonne, à une trentaine de kilomètres de notre maison de vigneron du XIXe siècle. Mais je vois bien dans la face de mon homme qu’il ne va pas bien. Je lui propose de trouver un médecin, même si on vient juste d’arriver dans la Cité. On s’est finalement ramassé à l’hôpital où Yves est resté quatre jours (il faut dire qu’il y avait le tour de France qui passait exactement sur la route entre Ajac et Carcassonne qui nous aurait empêché de revenir à l’hôpital si jamais l’homme ne filait pas – c’était donc une précaution… payée par notre assurance-voyage!). Après ce séjour, le reste du voyage s’était bien passé. Rien de grave, heureusement. Tout s’était réglé au retour au Québec. Sauf que, pendant le reste du voyage, on n'était jamais retourné à Carcassonne… on s’était contenté de quelques minutes, à peine.
Donc, retour. Vingt-et-un ans plus tard. Puisque c’était sur ma route entre l’Italie et Bordeaux…
Je suis installée dans un hôtel IBIS pour deux jours, à une quinzaine de minutes à pied de la Cité. Ça fait que je dois passer à travers la «ville» pour me rendre et revenir de la Cité.
| J'ai pensé à Dan en prenant cette photo... |
| L'espèce de chien est fait avec des bottes à vache! |
Oh, la Cité. C’est toujours ben un site patrimonial de l’UNESCO, cette patente-là. Construite dès le 3e siècle. Oui, oui, le troisième. Juste ça, je trouve ça digne de mention. C’est d’ailleurs pour ça que c’est devenu un site patrimonial: c’est parce que c’est mautaditement ben conservé. Mais j’ai eu un petit feeling de Mont-Saint-Michel en entrant à l’intérieur des remparts. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de commerces de toutes sortes et beaucoup de restaurants. C’est sûr que c’est rempli de touristes qu’il faut nourrir, mais quand même… Mais, quand même, en avril, c’est infiniment moins pire que le Mont-Saint-Michel en aout.
Après mon errance, visite du château. Avec les remparts qui viennent avec. Mettons que mon vertige a été mis à l’épreuve. Mais je comprends pourquoi c’est important de préserver la patente. Comme j'ai pas pris l'audioguide, y'a plein d'affaires que j'ai pas appris!
En sortant du château, visite de l’école. En 1911, les petits Français apprenaient que la France avait perdu l’Inde et le Canada en 1763.
Puis, visite de l’église. La basilique de Saint-Nazaire et Saint-Celse. On les invente pas, ces deux-là.
Pour finir ma visite, j’ai fait un tour de titrain à l’extérieur des remparts. Jolie visite, mais aussi (surtout) jolies explications sur la construction de la Cité. Une affaire plate, toutefois: je n’étais pas du bon bord du titrain pour prendre des photos.
En descendant dans la ville, j’ai croisé le Centre culturel de la mémoire combattante. La porte était ouverte, alors j’ai pénétré… Le type à l’accueil dormait, je n’ai pas voulu le déranger, je suis entrée incognito. Dans la salle du fond, une exposition sur le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, le seul qui a existé en France, pendant la Seconde Guerre mondiale (faut dire que l’Alsace venait d’être annexée à l’Allemagne, à l’époque). C’est un camp beaucoup moins connu que ceux qui ont été construits en Allemagne ou en Pologne. Je le connaissais parce que dans le roman Le Liseur (roman que j’ai longtemps enseigné), Michael, le personnage principal, essaie de comprendre la vie d’une gardienne de camp et va visiter ce qui reste de ce camp. Évidemment, ça m’a donné envie d’aller virer en Alsace. L’année prochaine, peut-être.
Au retour de mon souper au même resto, où j’ai pris du foie de veau, je suis tombée sur un bébé concert de casseroles, près de la mairie, pour souligner la première année du nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron. On peut pas dire que le tout-Carcassonne s’était donné rendez-vous en face du bureau! Il y avait quatre policiers qui jasaient entre eux et qui regardaient ça une peu distraitement.
Voilà. Vingt-et-un ans plus tard...