vendredi 31 mars 2023

Arriver finalement à Florence...

Deux choses prévues se sont passées comme telles: l’heure du départ et l’heure d’arrivée. Entre les deux… eh boy. J’ai une capacité 1)d’adaptation, 2)de rire.

Je suis partie, donc, vers 10h30. C’est ce que je voulais. Selon Gougueulemappe, j’avais 4 heures de route pour me rendre à Florence. Vous pensiez que ça allait être facile de même, vous?

Grâce à mon GPS de char, je réussis à quitter Milan sans trop de problème par une route que je ne connaissais pas. Ce que j’haïs d’un GPS, c’est qu’on a pas de vue d’ensemble. Heureusement, j’ai une carte de l’Italie dans mon char. Ça me permet de visualiser ce que je veux faire, la route que je veux prendre. Parce que j’ai pas toujours envie de me farcir l’autoroute, même si on peut aller à 130 km/h!

Faque je sors de Milan. Même si mon adresse finale est à Florence, j’ai entré Bologne dans mon GPS parce qu’à partir de là, je veux prendre une petite route panoramique. Mais jusque-là, l’autoroute pour 220 km, ça va. Ben, presque. Parce que, vous le savez, les autoroutes sont payantes en Nitalie. D’habitude, tout au long d’un parcours, on arrête de tanzantan pour mettre le billet qui indique le chemin parcouru dans le lecteur et la carte de crédit sur un autre lecteur. Mais là, rien pantoute. Je filais à 130 km/h sans m’arrêter. À Bologne, je sors de l’autoroute, alors je vais devoir payer. J’ai aucune idée pourquoi, mais la sortie que j’ai empruntée… ben… ça prenait absolument un transpondeur pour payer. Un genre de patente qu’il faut avoir dans le parebrise, patente que je n’ai pas, évidemment. Faque je me demande bien comment je vais faire, parce que je suis dans la bretelle (éloignée, quand même) de l’autoroute, je suis engagée dans le petit chemin qui mène à la machine pour payer qui n’existe pas et, devant moi, la barrière ne se lève évidemment pas parce que je ne peux pas payer. Heureusement, il n’y a personne autour de moi. Alors, je recule dans le petit chemin… je me fous sur le bord de la route avec les clignotants en me grattant la tête. Comment est-ce que je vais faire pour sortir d’ici? Je ne peux évidemment pas revenir à reculons sur l’autoroute… Il y a deux places pour payer, mais les deux sont dédiées au péage avec le transpondeur (que je n’ai toujours pas). Tout à coup arrive une voiture qui passe dans l’autre petit chemin, le chauffeur ralentit et la barrière se lève. C’est sûr, il a le transpondeur dans son parebrise que je me dis. Mais je me dis que je vais essayer dans ce deuxième poste de péage… en toute vitesse, étant donné que la voiture vient de passer et que la barrière est encore levée. Tadam! En deux temps trois mouvements, je suis de l’autre côté, sans avoir payé… Aucune idée si la police italienne va me courir après. Vous raconter cette petite histoire m’a pris plus de temps qu’embrayer en première et foncer vers le poste de péage, la barrière ouverte.

Bon. Vous pensez que mes aventures de la journée se terminent ainsi? Point pantoute. Je veux prendre la S664 vers Pistoia, parce que sur ma carte, il y a une ligne verte qui longe la route, indiquant que c’est une route panoramique. Mais tout l’immense échangeur de Sasso Marconi (en banlieue de Bologne) est en reconstruction majeure. Le tunnel Louis-H-Lafontaine fois mille. Par bout, c’est une voie. Par bout, des feux de circulation pas rapport. Par bout, des signaleurs qui font signe de passer ou pas. Mais surtout, des détours. Sauf que mon GPS de char le sait pas. Il est un peu épais, mon GPS de char. Quand il a une idée en tête, il n’est pas capable de voir qu’il y a un autre chemin possible. Quitte à me faire revenir sur mes pas (ben, sur mes roues). «Recalcul en cours» n’a pas l’air d’exister dans sa vie. Faque il me dit de prendre la bretelle à droite, mais il n’y a plus de bretelle, Champignon moisi. Alors, il me dit de faire demi-tour le plus rapidement possible. Mais je ne peux pas faire demi-tour, c’est quoi que tu comprends pas, Bête puante? Alors, je continue, en suivant les indications jaunes (de deviazione) pour Pistoia (qui est quand même à 80 km). Je fais 2 km et je perds les indications jaunes. Je retrouve les indications bleues, qui indiquent une route nationale. Alors, je suis les indications bleues. Tout à coup, tadam! La route bleue que je suis (aucune idée du numéro) est annoncée comme fermée à 6 km. Chiuso, simmonac. Faque je n’ai pas le choix, je dois faire un demi-tour et revenir à mon point de départ, à Sasso Marconi. Je retrouve les indications jaunes de deviazione. OK, je vais vraiment faire attention à ne pas rater l’information pour Pistoia. Je refais la route à rebours. Je me retrouve dans le même rond-point que tout à l’heure: affiche jaune de deviazione (j’envoie chier mon GPS une fois de plus, ta gueule, Mouffette innocente!), affiche bleue de route nationale… que je perds. Dans un rond-point, malgré moi, je reviens sur mes pas. Je vous jure. J’ai fait ça quatre fois. Quatre fois 7 km (entre les ronds-points) à me dire que je dois rater une information quelque part qui fait que je me ramasse toujours à la même place (Coudon? J’ai déjà vu ça, moi, cette affiche de restaurant?), sans pouvoir prendre la route que je veux prendre. Ben voyons donc, simmonac de marde. Je dois ben pouvoir aller à Pistoia, moi? Faque je m’arrête au bord de la route, je regarde ma carte et, de la marde pour la route panoramique, je décide d’aller à Prato, quelque part entre Pistoia et Florence. Ça sera moins joli, mais bazwell de marde, faut que je me rende. Et vous qui pensiez que c’était facile de même??? J’ai pas fait 10 km qu’on annonce une autre route fermée. Avec des affiches jaunes de deviazione. J’ai beau suivre les affiches jaunes, un moment donné, elles disparaissent. Pis on est abandonné en plein milieu de la campagne italienne… Faque après avoir perdu mes affiches jaunes pour Prato, quand j’ai vu une affiche verte d’autoroute pour Florence, je me suis enlignée drette dessus. Ça va faire, le gnaisage.

Étrangement, l’autoroute A1 que je suis se divise en deux: l’autoroute A1 et l’autoroute A1. Oui, oui. Une est annoncée comme panoramique et l’autre comme directe. Faque j’ai pris la panoramique, tiens. Ouan, ben… Disons que j’ai pas vu grand-chose. Panoramique mon cul.

J’ai fini par arriver à Florence vers 15h30. J’avais dit à Nicola que j’étais pour être là vers 16h. Il me reste 30 minutes pour me trouver un stationnement!!! Ça a été le parcours du combattant. Je vous jure: j’ai viraillé dans les rues autour de mon appartement pendant une quinzaine de minutes. Il y a des places avec des lignes blanches, par terre: ça, c’est pour les résidents. Les lignes bleues, c’est pour les non-résidents pis c’est payant. M’en fous. Je veux juste sacrer mon char quelque part. J’ai fini par arriver sur le boulevard (à deux coins de rues de mon apparte) au moment où une petite Toyota sortait de son trou. J’y ai entré ma grosse Renault. Et j’ai fait un premier voyage de valise jusqu’au Orcagna 22. Je sonne. Rien. Je sonne. Rien. Je sonne. Rien. J’écris à Nicola que je suis sur la rue, que je sonne et que personne ne répond. La porte de l’immeuble bozze et je peux y entrer. C’est que Nicola n’était pas arrivé encore et que sa fille (une ado…) ne savait pas qu’elle devait m’ouvrir.

Je finis par m’engouffrer dans mon nouvel appartement pour les trois prochaines semaines, avec l’aide de la fille et de la femme de Nicola, qui, toutes les deux, parlent un anglais très très déficient. Avec quelques mots, on finit par se comprendre. L’appartement est chouette, mais ça pue. Un genre de parfum à l’huile essentielle… J’ai sacré la bouteille et les pailles qui dépassaient sur le balcon! Et sur le balcon aussi… la laveuse à linge! Avec des cordes qui font pendre le linge sur le bord du garde-fou. J’ai tellement hâte de mettre mon linge là, moi! Je vais avoir l’air d’une locale!





J’ai fait un deuxième voyage de valise. Oui, je suis rendue avec deux valises (en fait, une valise et une poche de hockey), mais comme j’ai assez mal paqueté ça hier soir, ça se charrie mal et ça me fesse les genoux. Pas grave. J’ai réussi à tout apporter et à m’installer.

J’ai fini ma journée par une excursion à l’épicerie, activité aimée qui a racheté toute ma marde de la journée. Je vous jure, je riais tellement de revenir sans cesse sur mes pas que je me disais que je n’y arriverais jamais! J’ai fini par y arriver… en prenant l’autoroute. Et ne vous inquiétez pas: j’ai payé l’autoroute entre Sasso Marconi et Florence.

jeudi 30 mars 2023

Observations italiennes

Quelques observations italiennes, après trois semaines passées dans le nord du pays. Un genre de synthèse…

LE TÉLÉPHONE
La surabondance du téléphone. Tout le monde ne regarde que son écran. Dans le métro, dans l’autobus, au resto, sur la terrasse, au café, en marchant. Il est vrai que je ne fréquente pas ben ben le centre-ville de Montréal, mais bazwell que tout le monde a les yeux rivés sur le téléphone.  Et tout le monde parle. Parfois, ils parlent tout seul (avec un bidule dans l’oreille), parfois avec le téléphone à l’oreille, surtout avec le téléphone dans les mains (mais pas à l’oreille). Le plus étrange: une musulmane qui avait son téléphone à l’oreille… et qui tenait à l’intérieur du foulard. C’est le seul intérêt du foulard…

LES ADOS
Une ado italienne, c’est comme une ado québécoise. J’étais dans une boutique pour acheter un cossin, et la jeune flanmoue, assise derrière la caisse, taponnait sur son téléphone. J’ai le cossin dans les mains, je manifeste mon intérêt pour payer, la jeune me regarde d’un air désabusé et retourne à son téléphone. Ça prend une trentaine de secondes (ce n’est pas si long… mais j’ai regardé l’ado pendant tout ce temps, mon air signifiant il-va-tu-se-passer-quetchose?) et sa mère sort du backstore pour venir vers moi. Au ton que la mère avait, je pense qu’elle a engueulé sa fille de ne pas lui avoir dit qu’une signora attendait à la caisse. À l’air que la fille avait, je pense qu’elle a l’habitude de se faire engueuler par sa mère.

LES SOUYERS
Oh l’envie d’acheter des souliers italiens. Mais je me retiens… et c’est facile. À 350 euros, ça fait toujours ben 500 piasses de souyers. Oùssé et avec quoi voulez-vous que porte ça, moi, ces souyers-là? Je vais toujours ben pas porter ça pour aller enseigner au cégep?! Heureusement, à ce prix-là, il y a un pied gauche et un pied droit.

LE TAPON
L’attente. À part à l’épicerie où les Italiens attendent à peu près en ligne, le reste du temps ils attendent en tapon. Et quand vient le temps d’entrer quelque part (dans le métro ou l’autobus, par exemple), ils entrent en tapon. Même s’il y a une indication qui suggère de laisser sortir les gens du wagon avant de s’y engouffrer.

LA GALANTERIE
À l’épicerie, une madame (d’une cinquantaine d’années) a échappé tout son petit change par terre. Devant moi, un jeune homme (la trentaine) n’a pas eu le choix de l’aider: la madame avait des fauzongues qui l’empêchaient de ramasser ses pièces d’argent par terre. J’ai aussi aidé…
Le papa galant. On est tassé dans le métro. À côté de moi, une tite famille de quatre. On arrive à notre arrêt. La maman et l’enfant plus jeune sortent du wagon. La fillette d’une dizaine d’années veut sortir, mais elle tient la main de son père. Alors, même si le père veut être galant et me laisser passer, ça ne marche pas: la fillette m’empêche de sortir puisque je suis entre elle et son père, dont elle tient la main. T’sais, quand on veut être galant, faut que ça se fasse.
Je me demande, quand même, si la galanterie est pas encore un peu un relent de machisme.

LE KLAXON
Bazwell que les Zitaliens klaxonnent. Y’ont la gachette facile. Dès que le feu passe au vert, si le premier en ligne n’a pas décampé, c’est clair qu’il se fait klaxonner. J’ai même assisté à un concert de klaxons alors que la première auto ne pouvait pas avancer: le conducteur laissait passer une vieille italienne avec un vieux foulard noué sur la tête qui finissait de traverser. Ça klaxonnait, m’sieudame, oui.

LE PNEU
En revenant du Lac Majeur, dans un rond-point, j’ai eu une tite peur. Il y avait un gros camion de livraison qui s’est engagé dans le rond-point devant moi quand, tout à coup… bang! Un genre de bruit qui ressemble à un coup de fusil. Et le camion qui se met à boucaner d’en dessous. En fait, c’est un pneu qui a éclaté. Éclaté, je vous dis. Paf! Bang! De même. Bon, on peut penser que le pneu devait être usé un peu, d’autant plus que le camion n’allait évidemment pas vite pour que ça éclate. Alors, évidemment, je n’ai pas pu avancer puisque le camion bloquait le rond-point: le chauffeur est sorti pour aller tchéquer la gaffe, en jasant au téléphone avec quelqu’un. Qu’est-ce que vous pensez qui s’est passé derrière moi? C’est ça: ça s’est mis à klaxonner!

LE TIBONHOMME VERT
Il y a des bandes blanches par terre pour les traverses de piétons. C’est généralement respecté… même si, avant de me garrocher dans la rue, je prends le temps de zyeuter les chars qui s’en viennent.
Aux carrefours achalandés, il y a des feux de circulation avec des tibonhommes rouge, jaune ou vert, selon ce que vous pouvez faire, comme piéton. C’est sûr que si le tibonhomme est rouge, on attend. Mais pensez-vous que les Zitaliens continussent à attendre quand le trafic est passé et que le tibonhomme est encore rouge? Pas pantoute. Je me sens plus comme chez nous… En Finlande, tout le monde continuait à attendre. En Nitalie, ça va faire, on traverse.

BILLY
Chez IKEA, la Billy italienne est à 59,95 euros, donc 88,95$.  À Reykjavik, c’était 8950 couronnes, l’équivalent de de 89,11$. Pis à Boucherville, la Billy est à 103$. Mieux vaut l’acheter en Italie.



LE CAFÉ
Il se boit du café ici, c’est épeurant. Déjà que je trouvais qu’en Finlande et en Nestonie, c’était la folie… Ici, ça frôle l’indécence. Mais il est bon, le café… même si je ne prends que du capuccino. Et si on fait comme les Zitaliens, on boit le café drette debout en avant du comptoir. C’est pas une activité relaxante, prendre un café. C’est un moste.

LE COUVERT
Très souvent, dans les restos, ça coute de l’argent yinque de s’assoir sur une chaise et avoir envie de taponner la fourchette. Frais de couvert, donc. Ça varie, selon la snobitude du resto, entre 2 et 5 euros. Parfois, y’a du pain et de l’eau qui vient avec le couvert. Mais moi qui ne mange pas de pain et qui ne boit pas d’eau, je trouve ça un peu cher pour avoir droit à une fourchette.

LE DERNIER SOUPER
Dernier soir à Milan. Vous comprenez, à la synthèse que je fais, que je n’ai pas fait grand-chose aujourd’hui. Faut dire que j’ai enseigné jusqu’à 3h la nuit dernière. Alors, ce matin, je me sentais vache. J’ai plutôt taponné dans mes photos (je commence à en avoir une trâlée), je me suis ramassée (mine de rien, ça fait trois semaines que j’habite le même appartement), j’ai fait un peu de ménage… En soirée, j’ai quand même décidé d’aller manger un osso bucco en ville. Oh que c’était bon, ça. Avec le verre de vin qui vient avec, évidemment.

Quand je cherchais un resto milanais pour manger un osso bucco sur Gougueule, j'ai vu une question posée par quelqu'un: «Comment on dit osso bucco en italien?» (ça m'a rappelé Richard qui a demandé «Comment on dit ça, Bed and Breakfast en anglais?»)

Ça va faire. Cap sur Florence.

mercredi 29 mars 2023

Deux tounes

Si vous voulez savoir ce que j'ai visité aujourd'hui, vous devez écouter ces deux tounes.

Toune 1

Toune 2

Avouez que je suis éclectique. Mais j’ai bien fait, parce que le lac chanté par Alain Morisod, c’était beau en tipépère. Pis qui dit lac, dit chalet. Chalet??? Mouais. Des maisons de pauvres, encore une fois.

Toute la ville est en refurbichement. En tout cas, tout le bord de l’eau. J’ai viré quatre fois dans les mêmes rues avant de comprendre comment me sortir de ce tour sur moi-même, trouver un stationnement et en sortir pour aller marcher…

Mais y’avait pas yinque le bord de l’eau en refurbichement: le funiculaire qui permet de monter dans la montagne est en refurbichement pour trois jours… J’étais quand même un peu triste: j’aurais bravé ma vie pour voir le lac d’en haut. Ça a l’air que ça en valait vraiment la peine. On voit bien la ligne du funiculaire dans la montagne.

Sur une terrasse, en plein soleil (il faisait 15), j’ai diné avec un «hamburger» au saumon. J’ai réalisé que ça faisait un méchant boutte que j’avais pas mangé de frites et celles-là étaient particulièrement bonnes. Pis le saumon, étrange… était émietté avec des fèves germées dessus. J’aurais pas mis ça ensemble, mais c’était très bon. Donc, note à moi-même: refaire cette «recette».


J’ai quitté Côme pour Laveno, à travers les montagnes du coin. T’sais, quand ça prend une heure pour faire 50 kilomètres, c’est que les routes permettent pas d’aller ben ben vite. Mais calvinisse que c’était beau. Évidemment, pas de photos pour le prouver: je conduisais!

Pourquoi aller à Laveno?, me demanderez-vous. Parce que c’est sur le bord du lac chanté par Mort Schuman. Dans le village, y’a une montagne avec un téléférique. Pis en haut, y’a des mongols qui se garrochent dans le vide. J’ai vu plein de monde qui volaient avec des parapentes…


Non seulement Laveno est sur le bord du lac, mais en plus, y’a un traversier qui va de l’autre bord. Alors, qu’est-ce que vous pensez que j’ai fait? Drette ça: j’ai mis ma Renault Captur sur le traversier, et quinze minutes plus tard, j’étais de l’autre bord. Un peu comme le traversier Sorel-Berthier que je fais si souvent. Encore une fois, j’ai été étonnée du pas d’anglais parlé par les Zitaliens qui géraient le traversier.

Faque j’étais sur le bateau, en train de traverser de l’autre bord, pis je souriais comme une épaisse: on est le mercredi 29 mars, pis je fais ma quioute et je prends des photos.  Un genre de sourire gnaiseux dont j’ai le secret.





J’ai longé le lac, encore une fois la yeule ouverte. Misère que c’est beau. Le lac, la montagne, les maisons de pauvres, la route qui longe… J’en aurais pris pendant des heures. Mais je dois rentrer à Milan, j’ai de l’ouvrage. J’ai quand fini ma promenade avec un gelato, à Arona, sur la route vers Milan…



 





mardi 28 mars 2023

Diane Tell et ma yeule

Et juste à côté de Milan
Dans un ville qu’on appelle Bergame
Je te ferais construire une villa

Écoutez la toune au complet pour vous ramener quarante ans en arrière...

Faque c’est ça, je me suis ramassée à Bergame en ce mardi. C’est vrai qu’il y a deutwa jolies villas. Pis c’est vrai que c’est à côté de Milan. Une petite heure de char, parce que j’ai envoyé promener le GPS de mon char qui voulait absolument de faire prendre l’autoroute. J’ai pris des ronds-points à la place!

Je me suis stationnée près de la ville haute, où il n’est pas possible d’aller en char. Il faut prendre le funiculaire. Je ne suis toujours pas brave dans un funiculaire, même si la vue est généralement magnifique. On dirait que je ne troste pas la patente; un rien pis ça déboulerait, messembre. Mais là, pas le choix. Je dois monter dans la Città alta.

Eh maudit verrat de bâtard (aurait dit Germaine Lauzon) que c’est beau. Je m’installe à une terrasse (il fait 12!) pour diner. Un bon risotto, un peu trop salé. Je vais me chercher de l’eau cet après-midi. En zyeutant autour de moi, c’est clair que je fais office de jeune à la terrasse du resto Colleoni & Dell’Angelo.

Après, promenade dans les rues médiévales de la place. 








Et entrée dans la chapelle, église, cathédrale et basilique. Et la yeule m’est tombée à plusieurs reprises.

Premier arrêt: la Cappela Colleoni. Premier tombage de yeule. Vous devez me croire sur parole, on ne pouvait pas prendre de photos. C’est une «petite» chapelle, avec de la déco à la grandeur.


Deuxième arrêt: la basilique Santa Maria di Maggiore. Deuxième tombage de yeule. Là, je me suis donnée sur les photos. Et même une vidéo tellement aucune photo ne pouvait donner l’ampleur de la patente. Je me suis assise et j’ai regardé, à boutte.


Troisième arrêt: la cathédrale Sant’Alessandro Martire. Troisième tombage de yeule.

 



Quatrième arrêt: l’église Sant’Agata dell’Carmine. Trouvée tout à fait par hasard.


Après, je suis montée dans la tour du 12e siècle pour avoir une vue sur les environs. Cinquième tombage de yeule. Mautadit que c’est beau.






Des personnalités connues, à Bergame? C’est quand même inquiétant sur mon degré de culture quand le seul nom que je connais dans les personnalités, c’est le pape Jean 23! Bah, il est vrai aussi que je connais Gaetano Donizetti, le musicien. Mais encore une fois, c’est yinque un nom, même si Gougueule me dit qu’il a composé autour de 550 œuvres, dont près d’une vingtaine d’opéras. Eh misère que je suis inculte.

J’ai été chanceuse de ne pas me péter la yeule tombée, compte tenu des pavés! Difficile de marcher là-dessus…


 

 

 

lundi 27 mars 2023

Je suis faite pour être riche!

Une autre rengaine connue…

Cap sur l’est italien aujourd’hui. Je suis allée visiter une petite région du Piedmont, pas ben loin de Turin: le village de Barolo, où il y a un musée sur le vin. Tiens donc, du vin… Ça fait longtemps que je ne vous en ai pas parlé. J’ai décidé de venir à Barolo parce que je connais – et j’aime – ce vin. Du rouge solide, 100% Nebbiolo.

Le village de Barolo est absolument magnifique, comme les villages du coin. Autant le coin de Milan est plat, autant dans le Piedmont, ça se vallonne sérieusement. Ça aide à planter des vignes et à les faire souffrir. Plus ça se vallonnait, plus j’avais la bouche ouverte. Maudit bazwell que c’est beau.



À Barolo, le musée du Vin est joli et tout petit, même s’il occupe les trois étages d’un château. C’est que le château est petit… parce que le village est petit! On y parle de la naissance du vin, alors pas nécessairement du vin de la région. On voit une bibliothèque où sont cordés des livres sur le vin, une table où on apprend comment placer le couvert pour montrer qu’on sait recevoir et des extraits de film où les gens boivent! Le festin de Babette, bien sûr, mais aussi d’autres moins connus… Mais je trouvais que c’était une mautadite bonne idée.










Après cette visite, je suis allée dans un petit bar spécialisé dans le Barolo pour faire une dégustation. Eh maudit verrat de bâtard que j’aime ce vin-là. On dit, d’ailleurs, que le Barolo est le «roi des vins et le vin des rois». Je trouve que ça me fite. Le type de la place, fort sympathique, m’a dit qu’il y avait quatre vins dans la dégustation, mais devant mon enthousiasme, en a sorti un cinquième. Oh misère. J’ai tellement aimé ce vin ajouté à ma liste… Et oh que vous ne serez pas surpris de savoir que c’était le plus cher des cinq que j’ai bu. Oui. Quand même 85 euros la bouteille. Faque même si c’était une dégustation (donc, je ne bois pas l’ensemble du verre, d’autant plus que je conduisais), j’ai bu tout ce verre. Je suis faite pour être riche, c’est connu. Boire de la piquette? Du vulgaire vin de table? Pffff. Que nenni.



Un des vins que j’ai gouté est en vente à la SAQ… pour 71 dollars canadiens. Les autres?, pas pantoute. Mais il y a du Barolo. J’aime bien celui de Fabio Oberto. Je dis ça de même.

***

Quand même, que je vous raconte mon heure de diner: j’ai un colis à envoyer à Laval. Du stock que j’ai acheté que je n’ai pas envie de trainer. Jusque-là, ça va. J’ai déjà retourné une boite pleine de linge d’hiver. Sauf que là, je dois faire affaire avec la poste italienne. Du grand n’importe quoi. D’abord, les deux types à l’accueil, dans la petite ville d’Albeirate, en banlieue éloignée de Milan, ne parlent ni anglais ni français. Je suis quand même étonnée du pas-tant-de-monde-que-ça qui parlent anglais en Nitalie. Bon, ça commençait difficilement. Le type qui me sert a l’air sympathique, mais c’est clair que je le dérange. Ça ne lui tentait pas pantoute, ce midi (à moins d’une heure de la fermeture – parce que oui, m’sieudame, la poste italienne ferme à 13h30), d’envoyer un colis au Canada. À force de quelques mots en italien, en espagnol, en anglais ou en français, je finis par comprendre que je dois compléter le formulaire d’envoi (j’ai déjà fait ça). Sauf que j’écris mon adresse de retour à Montréal (c’est ce qu’il m’avait dit de faire). Ça ne rentre évidemment pas dans les cases dans le formulaire que le monsieur doit copier dans l’ordinateur (à Reykjavik, c’est moi qui ai entré les données dans l’ordinateur – je trouvais ça efficace, mettons). Alors, par encore quelques mots puisés dans mon répertoire italien, je fais comprendre au monsieur qu’il peut mettre l’adresse du bureau de poste (on a fait ça chaque fois que j’ai envoyé un colis – sauf en France où j’ai mis l’adresse d’Anne). Comme mon formulaire est écrit à la main et qu’il a déjà écrit les 3 codes des cossins que j’envoie, je vois ben dans sa face qu’il ne veut pas recommencer le formulaire manuscrit. Alors, il découpe une petite bande blanche collante pour mettre sur la première ligne de mon adresse montréalaise, il décolle le derrière et cache la première ligne pour y écrire la première ligne de l’adresse du bureau de poste. Rebelote avec la deuxième ligne: il découpe une petite bande blanche… se bat avec l’étiquette pour enlever le papier en arrière… Me semble qu’avoir découpé un papier plus large aurait permis de cacher toute l’adresse avec le même papier au lieu d’en découper trois. Surtout que c’est du papier carbone… alors sous la feuille originale, c’est encore mon adresse de retour montréalaise qui est là! Misère que c’est long.

J’ai aussi besoin d’acheter 12 timbres pour 12 cartes postales. Ben bazwell, le monsieur a pesé chaque carte postale, a entré l’adresse du destinataire dans son ordinateur et, dans certains cas, a mis deux timbres à la main sur la carte postale et dans d’autres cas, parce qu’il n’avait pas assez de vrais timbres, il a mis la carte dans la machine pour avoir un timbre de machine imprimé sur la carte. Je voulais mourir d’ennui. Encore plus quand, au lieu de travailler à imprimer mes timbres, il s’est mis à engueuler la cliente de son collègue (je ne comprends rien en italien, mais j’ai des habiletés à déceler un ton dans la voix…): il a sorti sa carte de crédit de son portefeuille pour la montrer à la madame (aucune idée pourquoi, bien sûr!), il lui expliquait pendant qu’elle aussi avait un ton dans sa voix… Misère. Pouvez-vous travailler que je sorte d’ici? Je commence à être sérieusement à boutte.

J’avais besoin de quelques timbres supplémentaires, mais j’ai laissé faire. J’étais rendue à boutte.

Toute cette épopée a duré… 45 minutes. Je vous jure. Mettez pas nécessairement ça sur le fait qu’on parlait pas la même langue (je ne comprends pas, d’ailleurs, pourquoi il continuait à me parler en italien alors qu’il savait très bien que je ne comprenais pas). Nenon. C’est le fait d’un employé qui n’avait vraiment pas envie de se forcer. Je l’ai vraiment dérangé ce midi. Mais au moins, mon colis et mes 12 cartes postales sont partis. Ben, j’espère. Parce que j’ai payé pour.