Deux choses prévues se sont passées comme telles: l’heure du départ et l’heure d’arrivée. Entre les deux… eh boy. J’ai une capacité 1)d’adaptation, 2)de rire.
Je suis partie, donc, vers 10h30. C’est ce que je voulais. Selon Gougueulemappe, j’avais 4 heures de route pour me rendre à Florence. Vous pensiez que ça allait être facile de même, vous?
Grâce à mon GPS de char, je réussis à quitter Milan sans trop de problème par une route que je ne connaissais pas. Ce que j’haïs d’un GPS, c’est qu’on a pas de vue d’ensemble. Heureusement, j’ai une carte de l’Italie dans mon char. Ça me permet de visualiser ce que je veux faire, la route que je veux prendre. Parce que j’ai pas toujours envie de me farcir l’autoroute, même si on peut aller à 130 km/h!
Faque je sors de Milan. Même si mon adresse finale est à Florence, j’ai entré Bologne dans mon GPS parce qu’à partir de là, je veux prendre une petite route panoramique. Mais jusque-là, l’autoroute pour 220 km, ça va. Ben, presque. Parce que, vous le savez, les autoroutes sont payantes en Nitalie. D’habitude, tout au long d’un parcours, on arrête de tanzantan pour mettre le billet qui indique le chemin parcouru dans le lecteur et la carte de crédit sur un autre lecteur. Mais là, rien pantoute. Je filais à 130 km/h sans m’arrêter. À Bologne, je sors de l’autoroute, alors je vais devoir payer. J’ai aucune idée pourquoi, mais la sortie que j’ai empruntée… ben… ça prenait absolument un transpondeur pour payer. Un genre de patente qu’il faut avoir dans le parebrise, patente que je n’ai pas, évidemment. Faque je me demande bien comment je vais faire, parce que je suis dans la bretelle (éloignée, quand même) de l’autoroute, je suis engagée dans le petit chemin qui mène à la machine pour payer qui n’existe pas et, devant moi, la barrière ne se lève évidemment pas parce que je ne peux pas payer. Heureusement, il n’y a personne autour de moi. Alors, je recule dans le petit chemin… je me fous sur le bord de la route avec les clignotants en me grattant la tête. Comment est-ce que je vais faire pour sortir d’ici? Je ne peux évidemment pas revenir à reculons sur l’autoroute… Il y a deux places pour payer, mais les deux sont dédiées au péage avec le transpondeur (que je n’ai toujours pas). Tout à coup arrive une voiture qui passe dans l’autre petit chemin, le chauffeur ralentit et la barrière se lève. C’est sûr, il a le transpondeur dans son parebrise que je me dis. Mais je me dis que je vais essayer dans ce deuxième poste de péage… en toute vitesse, étant donné que la voiture vient de passer et que la barrière est encore levée. Tadam! En deux temps trois mouvements, je suis de l’autre côté, sans avoir payé… Aucune idée si la police italienne va me courir après. Vous raconter cette petite histoire m’a pris plus de temps qu’embrayer en première et foncer vers le poste de péage, la barrière ouverte.
Bon. Vous pensez que mes aventures de la journée se terminent ainsi? Point pantoute. Je veux prendre la S664 vers Pistoia, parce que sur ma carte, il y a une ligne verte qui longe la route, indiquant que c’est une route panoramique. Mais tout l’immense échangeur de Sasso Marconi (en banlieue de Bologne) est en reconstruction majeure. Le tunnel Louis-H-Lafontaine fois mille. Par bout, c’est une voie. Par bout, des feux de circulation pas rapport. Par bout, des signaleurs qui font signe de passer ou pas. Mais surtout, des détours. Sauf que mon GPS de char le sait pas. Il est un peu épais, mon GPS de char. Quand il a une idée en tête, il n’est pas capable de voir qu’il y a un autre chemin possible. Quitte à me faire revenir sur mes pas (ben, sur mes roues). «Recalcul en cours» n’a pas l’air d’exister dans sa vie. Faque il me dit de prendre la bretelle à droite, mais il n’y a plus de bretelle, Champignon moisi. Alors, il me dit de faire demi-tour le plus rapidement possible. Mais je ne peux pas faire demi-tour, c’est quoi que tu comprends pas, Bête puante? Alors, je continue, en suivant les indications jaunes (de deviazione) pour Pistoia (qui est quand même à 80 km). Je fais 2 km et je perds les indications jaunes. Je retrouve les indications bleues, qui indiquent une route nationale. Alors, je suis les indications bleues. Tout à coup, tadam! La route bleue que je suis (aucune idée du numéro) est annoncée comme fermée à 6 km. Chiuso, simmonac. Faque je n’ai pas le choix, je dois faire un demi-tour et revenir à mon point de départ, à Sasso Marconi. Je retrouve les indications jaunes de deviazione. OK, je vais vraiment faire attention à ne pas rater l’information pour Pistoia. Je refais la route à rebours. Je me retrouve dans le même rond-point que tout à l’heure: affiche jaune de deviazione (j’envoie chier mon GPS une fois de plus, ta gueule, Mouffette innocente!), affiche bleue de route nationale… que je perds. Dans un rond-point, malgré moi, je reviens sur mes pas. Je vous jure. J’ai fait ça quatre fois. Quatre fois 7 km (entre les ronds-points) à me dire que je dois rater une information quelque part qui fait que je me ramasse toujours à la même place (Coudon? J’ai déjà vu ça, moi, cette affiche de restaurant?), sans pouvoir prendre la route que je veux prendre. Ben voyons donc, simmonac de marde. Je dois ben pouvoir aller à Pistoia, moi? Faque je m’arrête au bord de la route, je regarde ma carte et, de la marde pour la route panoramique, je décide d’aller à Prato, quelque part entre Pistoia et Florence. Ça sera moins joli, mais bazwell de marde, faut que je me rende. Et vous qui pensiez que c’était facile de même??? J’ai pas fait 10 km qu’on annonce une autre route fermée. Avec des affiches jaunes de deviazione. J’ai beau suivre les affiches jaunes, un moment donné, elles disparaissent. Pis on est abandonné en plein milieu de la campagne italienne… Faque après avoir perdu mes affiches jaunes pour Prato, quand j’ai vu une affiche verte d’autoroute pour Florence, je me suis enlignée drette dessus. Ça va faire, le gnaisage.
Étrangement, l’autoroute A1 que je suis se divise en deux: l’autoroute A1 et l’autoroute A1. Oui, oui. Une est annoncée comme panoramique et l’autre comme directe. Faque j’ai pris la panoramique, tiens. Ouan, ben… Disons que j’ai pas vu grand-chose. Panoramique mon cul.
J’ai fini par arriver à Florence vers 15h30. J’avais dit à Nicola que j’étais pour être là vers 16h. Il me reste 30 minutes pour me trouver un stationnement!!! Ça a été le parcours du combattant. Je vous jure: j’ai viraillé dans les rues autour de mon appartement pendant une quinzaine de minutes. Il y a des places avec des lignes blanches, par terre: ça, c’est pour les résidents. Les lignes bleues, c’est pour les non-résidents pis c’est payant. M’en fous. Je veux juste sacrer mon char quelque part. J’ai fini par arriver sur le boulevard (à deux coins de rues de mon apparte) au moment où une petite Toyota sortait de son trou. J’y ai entré ma grosse Renault. Et j’ai fait un premier voyage de valise jusqu’au Orcagna 22. Je sonne. Rien. Je sonne. Rien. Je sonne. Rien. J’écris à Nicola que je suis sur la rue, que je sonne et que personne ne répond. La porte de l’immeuble bozze et je peux y entrer. C’est que Nicola n’était pas arrivé encore et que sa fille (une ado…) ne savait pas qu’elle devait m’ouvrir.
Je finis par m’engouffrer dans mon nouvel appartement pour les trois prochaines semaines, avec l’aide de la fille et de la femme de Nicola, qui, toutes les deux, parlent un anglais très très déficient. Avec quelques mots, on finit par se comprendre. L’appartement est chouette, mais ça pue. Un genre de parfum à l’huile essentielle… J’ai sacré la bouteille et les pailles qui dépassaient sur le balcon! Et sur le balcon aussi… la laveuse à linge! Avec des cordes qui font pendre le linge sur le bord du garde-fou. J’ai tellement hâte de mettre mon linge là, moi! Je vais avoir l’air d’une locale!
J’ai fait un deuxième voyage de valise. Oui, je suis rendue avec deux valises (en fait, une valise et une poche de hockey), mais comme j’ai assez mal paqueté ça hier soir, ça se charrie mal et ça me fesse les genoux. Pas grave. J’ai réussi à tout apporter et à m’installer.
J’ai fini ma journée par une excursion à l’épicerie, activité aimée qui a racheté toute ma marde de la journée. Je vous jure, je riais tellement de revenir sans cesse sur mes pas que je me disais que je n’y arriverais jamais! J’ai fini par y arriver… en prenant l’autoroute. Et ne vous inquiétez pas: j’ai payé l’autoroute entre Sasso Marconi et Florence.

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