Joli petit tour de tramway… oups, de Mongy, comme on dit ici, qui m’amène à Lille, chez Dominique. Quel bonheur de revoir Dominique, mon directeur de thèse, en ce dimanche frette et gris à Lille.
Étonnamment, il m’a invité à manger chez lui, dans son nouvel appartement. Je dis étonnamment parce qu’il n’a jamais été un grand cuistot. En fait, même pas un cuistot. Juste une tentative d’être quelqu’un qui fait juste à manger. Mais ce midi, il a osé!
À l’époque où je (re)venais à Lille pour mes études, j’ai souvent habité chez lui. Et pour nos repas, on allait invariablement au resto. Ça allait pour le petit déjeuner, mais pour le déjeuner (lire ici: le diner) ou pour le diner (le souper…), il fallait sortir. Heureusement, il y avait un genre de cafétéria près de chez lui.
Aucun talent pour faire à manger, donc. Mais puisqu’il est seul depuis quelques années, il n’a pas eu le choix de se mettre (un peu) aux fourneaux. Et en ce dimanche, il a aussi voulu me montrer son nouvel appartement, là où il habite depuis un an, après avoir vendu la maison de Marcq-en-Barœul. Un appartement franchement chouette, après plusieurs dizaines de milliers d’euros de rénovations importantes: abattage de murs, nouvelle cuisine, nouvelle salle de bain, nouvelles fenêtres… J’y habiterais, maintenant que c’est rénové!
Alors, qu’est-ce qu’on a mangé?, me demanderez-vous. Une entrée d’avocat et fromage Roquefort. Pour un type qui essayait une recette, c’était plutôt réussi. Filet de saumon, carottes grillées et fenouil pas assez cuit. C’est lui qui l’a dit… et je suis assez d’accord. Mi-cuit au chocolat et crème anglaise. Avec une bouteille de champagne. Oui, m’sieudame. Il me faisait rire, le Dominique, à me demander si c’était mieux de faire chauffer la sauce, si le carton du mi-cuit allait au micro-onde… Moi, j’ai le droit de rire parce que Dominique est mon ami, mais vous, vous n’avez pas le droit! C’est qu’il a fait des progrès colossaux en cuisine, le Dominique. Je suis fière de lui!
Comme d’habitude, on a refait le monde. Nos discussions, comme il y a trente ans, vont dans tous les sens : on a parlé d’éducation, évidemment (c’est quand même ce qui nous lie), de religion, de voyage, de famille, de mort, de deuil, de rénovation, d’impôts et de salaire… Échevelé, mais ô combien agréable. Je me réjouis chaque fois que je sais qu’on va avoir la chance d’échanger. Merci encore pour ce diner, cher Dominique. Tu sais à quel point je te suis reconnaissante de beaucoup de choses dans ma vie.
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