Il y a party en ville. Même s’il a plu un peu en début d’après-midi, le soleil est sorti vers 15h30 et il fait presque chaud (ben, 18). Et en plus, l’équipe de football de Glasgow, le Celtic FC, vient d’être couronnée championne d’Écosse. Cette équipe-là (il y a une autre équipe de foot, les Rangers – ne pas confondre!) a été fondée en 1886 par des Irlandais expatriés. Alors, non seulement les fans de Glasgow les encouragent, mais la diaspora irlandaise itou. Ça explique le vert (et les drapeaux irlandais) qui boucanait le centre-ville après la victoire.
J’attends de faire un dernier tour d’autobus de touriste. Autant j’aime ça faire ça au début pour spotter des affaires à voir (ou à ne pas voir), autant j’aime ça faire ça proche de la fin quand je reste assez longtemps dans la même ville pour m’assurer que j’ai vu ce que je voulais voir, pis ça me permet aussi de porter un regard différent sur ce que dit la voix des commentaires parce que je connais un peu plus la place. Faque comme c’était le bordel en ville, j’ai reporté un peu mon tour d’autobus. Faque pendant ce temps d’attente, je suis allée lire et prendre un café, drette en face du George Square.
J’étais donc assise en train de lire quand un monsieur vient me voir et me demande, dans un français un peu cassé: «Est-ce que vous venez de Rimouski?» Euh… non, de Montréal. À voir ma face, il se sent le besoin de s’excuser et de me dire qu’il vient de Kingston, en Ontario. C’est que Rimouski et Kingston, c’est pas tellement voisin. Mais j’ai trouvé ça quioute, tout en me demandant d’où venait sa question. Rapport qu’il me parle de Rimouski?!? Il s’est installé à la table derrière moi, avec son épouse, et je les ai entendu discuter (en anglais) de ce qu’ils avaient vu dans l’après-midi pendant que je poursuis ma lecture. Mais je me demande vraiment pourquoi il m’a parlé de Rimouski… Je suis sur le bord de me retourner et de lui demander… quand je réalise que j’ai mon kangourou du Marathon d’écriture sur le dos et que, dans le dos justement, il y a les logos des cégeps hôtes du Marathon, dont celui de Rimouski! Le monsieur a un sacré sens de l’observation!
J’ai lu une bonne heure avant de faire mon tour d’autobus. C’est que je voulais finir le roman Le bout de la route de Monique Durand. J’ai acheté ce roman parce qu’il y était question de la route du Labrador et du bateau Bella-Desgagnés, celui qui approvisionne la Basse-Côte-Nord en été, celui-là même que j’avais pris de Kegaska à Blanc-Sablon lors de mon voyage à Terre-Neuve. J’ai comme envie de lui écrire, à la Monique Durand en question, parce que j’ai fait à peu près le même voyage qu’elle l’été d’avant, mais en sens contraire. Autant j’ai aimé les parties sur la route, sur ce qu’elle voit, où elle couche, les gens qu’elle rencontre, autant l’histoire intercalaire – des lettres qu’elle écrit à son amie Ourida qui est morte du cancer – m’a un peu ennuyé. Certaines lettres étaient intéressantes parce qu’elles parlaient de son voyage au Labrador, mais d’autres étaient trop poétiques pour fiter avec le récit. Disons que je les lisais plus vite… Mais j’ai fini par finir le roman avec l’envie de repartir en exploration. Ça tombe bien, je commence ça lundi!
Je suis donc repartie en autobus de touristes. J’ai revu tout plein de places que j’ai fréquenté ces dernières semaines. Je ne dirais pas que Glasgow n’a plus de secrets pour moi, mais mettons que j’ai pas pire arpenté la ville. Et mon appartement était fort confortable pour y travailler le soir venu.
Mon tour d’autobus m’a amené à OVO Hydro, l’espèce de salle de sport et de concert dans le West End. Il y avait du monde qui attendait déjà dehors. Parce que ce soir, comme hier soir, c’est l’inusable André Rieu et son norquestre qui viennent jouer pour les Glasvégiens et les Glasvégiennes. Et peut-être aussi du monde d’un peu plus loin. Misère. Je pensais pas qu’il sévissait encore, lui.
J’ai vu la peinture murale que je voulais voir (et que je ne savais pas où elle était): l’homme et l’oiseau. Je la trouvais belle sur les photos que j’avais vu, mais de la voir en vrai, c’était encore plus beau!
J’ai aussi revu – et réussi à prendre en photo – la statue de Charles Mackintosh. Il est présenté assis sur une chaise qu’il a créé.
J’ai commencé à me rapailler. J’ai toujours mes deux valises à trainer (mais je serai en char), et un sac de bouffe. Je dois paqueter stratégiquement pour ne pas à avoir à ouvrir une des deux valises pendant les deux prochaines semaines.
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