Il fait soleil, il fait (presque) chaud. Je reste à la maison pour faire des tâches bassement quotidiennes. En fait, j’ai besoin de laver les draps, rapport que j’ai sué mon rhume ces deux dernières nuits. Pis comme ça prend une éternité pour laver (genre que le cycle quick prend 1h30) et que je ne suis pas certaine que tout soit sec pour me coucher ce soir, je suis allée au laundromat à côté de chez moi. Alessandra m’avait dit que c’était possible d’y aller pour faire sécher mon linge. Je n’avais pas trop compris, mais j’ai compris. Rapport que ça coute 36 piasses pour laver et sécher une brassée. Oui, vous avez bien lu. 18 pounds. Y’a toujours ben des zosties d’limites. Faque je comprends que les gens lavent chez eux (à 1h30 la brassée) pis après, ils vont la faire sécher au laundromat, à 6 pounds le chessage (c’est toujours ben 12 piasses de chessage!) Faque c’est clair que m’a pas y retourner. M’a m’organiser pour que mon linge chesse de façon naturelle, sur le balcon. C’est juste que quand qu’y mouille, ça chesse pas ben ben.
J’ai passé l’après-midi dehors, là où y’a le petit terrain entre les blocs de mon complexe d’habitation. Y’a des bancs de parc, où je me suis installée pour poursuivre ma lecture du très intéressant Partir pour raconter de Michèle Ouimet. Pis c’est un peu con… parce qu’elle raconte ses aventures de journaliste au Liban, en Afghanistan, en Iran… je pense que, comme elle, j’aurai peut-être de la difficulté à quitter le pays où je me trouve. Euh… non. Ça ne va pas arriver. Je n’aurai pas de problème à prendre l’avion à Londres pour rentrer à Montréal le 3 juillet, qu’on se le dise. Ma vie est pas pantoute en danger en Nécosse, même s’ils parlent tous un anglais avec un accent du yâbe.
Mon rhume se poursuit. J’ai mal aux muscles de l’abdomen à force d’éternuer. Je n’ai jamais été allergique à quoi que ce soit (je suis allergique aux incompétents, mais il n’y a pas de peununes pour ça), mais cet été, je trouve que j’éternue beaucoup. Là, j’ai un rhume, mais le rhume, ça fait morver, ça fait pas éternuer.
J’ai ouvert la tivi à 18h20 tout en taponnant dans mes albums de photos, en me disant qu’il y aurait sans doute un genre de countdown to the Eurovision. Eh boy. C’est complètement fêlé, ce concours-là. Au Québec, on s’y est un peu intéressé à cause de la participation de la chanteuse La Zarra (pour la France) qui, jusqu’à y’a pas si longtemps, était coiffeuse à Longueuil.
Faque il y a eu une longue émission (une reprise de jeudi soir) sur les gagnants – et les moins gagnants – des années précédentes. J’ai revu Céline chanter «Ne partez pas sans moi, laissez-moi vous suivre….» J’ai aussi revu Conchita Wurst, la femme à barbe (quel étrange personnage – pas tout à fait une drag queen); il y a aussi eu un jeu-questionnaire sur Liverpool (le concours s’y déroule), un autre sur les éditions précédentes (les noms des chanteurs et le pays qu’ils représentaient) et un autre sur la chanson en général (une des participantes était hallucinante de connaissances musicales… À la feue émission La Fureur, elle aurait clanché tout le monde).
T’sais, c’est tellement sérieux ce concours-là qu’y’a même une APP officielle de l’Eurovision et le show commence par la parade des drapeaux des pays participants.
C’est sûr qu’à 26 participants, les participants font une version courte de leur chanson. Sinon, ça finirait jamais. Les chanteurs ont déjà tous fait une autre version de leur prestation devant les jurys seulement. Je ne comprends pas toujours les mises en scène, mais c’est clair que le show coute une fortune en effets spéciaux. J’ai quand même plutôt aimé la performance de La Zarra, comme celle de la représentante de la Suède (avec ses ongles d’un pied de long), et celle de la Norvège (jolie toune).
Tout le monde pouvait voter pour les meilleures performances – j’ai pas trop compris comment, d’ailleurs. Ça ne fonctionnait pas sur mon téléphone malgré mon numéro anglais, ni sur mon ordinateur parce que le site reconnaissait que j’étais en Grande-Bretagne mais n’était pas capable de le lier à un numéro anglais. Faque j’ai pas voté. Énéwé, c’est pas comme si j’étais une fanne finie de l’Eurovision et que mon vote allait changer de quoi!
Pis vous dire que c’est long, l’annonce des gagnants, ça n’a pas d’allure… Les jurys des 37 différents pays donnent des points aux 9 meilleurs (dans l’ordre), mais en plus, ils donnent 12 points à leur premier prix. Pis le bon peuple fait la même affaire. Faque après les numéros hors concours (le temps que le peuple puisse voter), les animateurs appellent chacun des juges dans les pays qui annoncent publiquement à la tivi leur 1er prix, pendant que s’affichent à l’écran les 9 à qui ils donnent des points (de 1 à 9). On était à 7 pays callés (sur 37) pis 5 sur 7 avaient donné leur 12 points à la Suède. Me suivez-vous? J’avais comme l’impression qu’il n’y avait pas vraiment de suspense… Et dire que les «connaisseurs» avaient fait des paris, avaient estimé les chances des uns et des autres de remporter ou de se classer. On avait dit que La Zarra avait des chances… et peut-être être dans les cinq premiers. Pffff. Pas pantoute. Elle a reçu des points (entre 1 et 9) de plusieurs jurys, mais aucun 12 points. Après cette ronde de points des jurys (qui valent 50% des points au total), les pays sont en ordre: la Suède est en premier avec 340 et l’Allemagne était à la fin avec 5 points. Faque après… il faut ajouter les points accordés par le peuple (qui valent aussi 50% - mais sachez que les gens ne peuvent pas voter pour leur pays). On part de la fin: les Allemands, qui avaient 5 points, se sont fait donner 13 points par le peuple, alors ils en ont 18 et montent dans le classement… jusqu’à ce qu’on annonce les points de l’autre dernier… et de l’autre dernier… et de l’autre dernier… Certains pays sont plus aimés par le peuple que par les jurys… et vice versa. Toute une patente. On s’attendait à ce que la France ait plus de points de la part du peuple, mais pas vraiment: un petit 50 (on a un peu senti l’étonnement dans la voix de l’animateur en disant 50…). La Norvège en a eu 210, ce qui lui a permis de finir en 5e position. Faque la France finit en 16e position (sur 26). À la fin, il reste 4 pays : Italie, Suède, Finlande et Israël. Le vote du peuple a permis à la Finlande de monter en premier. Les points donnés à Israël et à l’Italie ne leur permettent pas de dépasser la Suède (qui attend ses points du peuple, vu qu’elle était en premier après les points des jurys, vous me suivez?) Pis là, les deux animateurs font tout pour que ça soit énervant. La Finlande mène, mais on attend la note du public de la Suède… La fille de la Suède va perdre connaissance … Elle a besoin de 180 points pour battre la Finlande… et elle en a eu… 240. Elle gagne. Elle était dans les favorites, faut dire. On se rappellera que la Suède a donné ABBA au monde, lors de l’Eurovision en 1974.
Vous dire qu’il y a du glamoure pis de la robe à totons à la tivi, c’est épeurant. Petit clin d’œil sympathique (j’espère que c’est ça) de la part de deux des trois animatrices qui s’étaient habillées l’une en jaune, l’autre en bleu, les couleurs de l’Ukraine, pays qui devait organiser l’Eurovision 2023 parce qu’il avait gagné l’an passé. Mais rapport de guerre, ça pouvait pas se faire là-bas. Alors, Liverpool (et l’Angleterre) a proposé de l’organiser à sa place. C’était fin, quand même. On ne pouvait pas passer une année sans Eurovision!
C’est fou, le glamour, l’énervement et toute la chibagne autour. Je suis flabeurgastée. D'autant plus que c'est le reportage sur les résultats de l'Eurovision qui ouvre le bulletin de nouvelles tout de suite après. Je comprends mon ami Renaud de se faire un party Eurovision chez lui… en plein samedi après-midi!
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