samedi 3 juin 2023

Du stock d'Inverness, maintenant

Après avoir viraillé dans le Invernessshire, me voici dans Inverness tout court. La ville. Faque j’ai viraillé dans la ville.

J’ai commencé par prendre mon petit sentier qui va de la maison au centre de la ville. C’est par ce sentier, au siècle dernier, que venaient les serviteurs pour travailler dans la maison que j’habite. À cette époque, la maison appartenait à une seule famille. Maintenant, c’est séparé en différents appartements. Je me suis donc pris pour du petit personnel… ce qui n’est pas de mon rang, quand même.


Ce petit sentier va vers la ville ou vers la rivière, après un embranchement. Sur le bord de la rivière, un joli parc. J’ai marché dans ce parc dans le milieu de la Ness. Quel joli parc! J’ai toujours aimé ça quand une ville sait utiliser une rivière ou un fleuve, ce qui est le cas ici. Il y a des iles dans le milieu de la Ness où seuls les piétons (et les cyclistes) peuvent aller.

Cet arbre me faisait capoter. Euh? Pousser droit?


De l’autre côté de la rivière, j’ai vu un arrêt d’autobus de Hop on hop off. Faque j’ai attendu ledit autobus à touristes. Vous savez à quel point j’aime ça. Ben là, ce fut décevant. Parce que c’était des commentaires juste en anglais (comme le chauffeur avait un accent pas pire, c’était à peu près compréhensible), mais surtout, on n’avait pas d’écouteurs. Les commentaires étaient publics dans des haut-parleurs, qui n’étaient pas haut pantoute. Avec le bruit ambiant et le vent parce qu’on roulait (et que j’étais dehors, au 2e étage), on n’entendait absolument e-rien. Faque j’ai fait les 45 minutes de tour au grand air et au grand vent.



La rue piétonne et commerçante



Le fleuve Ness




Le château d'Inverness en refurbichement

Des vaches des highlands

Je pense qu'elle va se battre avec la brosse à cheveux ce soir!

Les dernières écluses du Caledonian Canal

J’ai débarqué de l’autobus en face de la cathédrale vers 14h, sans avoir diné, en me disant qu’il y aurait sûrement de quoi à manger, vu que c’était sur le bord de la rivière. Quel ne fut pas mon bonheur de constater qu’il y avait là plusieurs food trucks! Je trouvais que ça sentait bon, en débarquant de l’autobus!

Faque j’ai mangé une pidze pour diner. Une sacré bonne pizza au peppéroni, acheté dans un food truck qui fait de la pizza dans un four à bois qui est dans un camion. Dans la boite du camion, je veux dire. J’étais impressionnée. D’autant plus que je m’attendais à manger une pizza en carton, mais non! C’était une des meilleures pizzas que j’ai mangé… et je vous rappelle que j’ai passé six semaines en Nitalie, moi.




Après le diner, je suis allée visiter la Cathédrale d’Inverness. Mais quelle ne fut pas ma surprise d’assister à un concert. En fait, ce n’était pas un concert, mais une répétition de quelque chose qui s’en vient.



J’ai aimé la petite vieille qui jouait de la contrebasse. À son âge, j’aimerais ça jouer encore de la contrebasse dans un orchestre (mais ça va pas arriver, je ne joue pas de contrebasse…). Y’a des petits moments, comme ça, qui mettent un (autre) sourire dans une journée.

Après, ben, j’ai erré dans les rues d’Inverness. Un peu à gauche, un peu à droite. J’ai abouti au marché public, puis au centre commercial du centre-ville, juste avant que ça ferme. J’errais, là aussi. J’ai vu une librairie et j’y suis entrée… Juste de même, j’ai demandé si ça existait, Tintin en écossais. Ben oui! Il en existe un seul titre: L’Ile Noire! C’est normal, ça se passe en Écosse! Faque je l’ai acheté pour ajouter à ma collection de Tintin : j’ai Tintin au Tibet en espagnol, en portugais, en italien, en néerlandais, en finnois, en allemand, en anglais, en danois. J’ai le Lotus bleu (là où Tintin rencontre Tchang) en islandais, en suédois, en letton. Et là, j’ai L’Ile Noire en écossais. C’est cool, je trouve.









Je me suis mise en quête du minuscule resto Cheese and Tomatin, que Sean m’avait recommandé (il y a 18 place dans le resto, en plus d'une petite terrasse). Je sais pas trop pourquoi, mais j’avais oublié que c’était un resto de pizza. Alors, j’ai mangé de la pizza pour souper, avec deux verres de vin. C’est vrai qu’elle était bonne, mais deux fois dans la même journée, c’est un peu trop. Je n’en mangerais plus pour plusieurs jours!



Je suis rentrée chez moi par une autre rue, de toute évidence pas une rue de pauvres.




En arrivant, j’ai jasé avec les poules de Sean. Est-ce que je vous avais dit qu’il avait des poules? Ouan. En plein cœur d’Inverness. Je pourrais manger des œufs, si je le voulais. C’est un peu con (peut-être), mais je me sens mal de fouiller dans le fridge et d’utiliser la cuisinière, même s’il m’a dit que je pouvais me servir… Je veux bien coucher dans une chambre, utiliser la même salle de bain, partager le café le matin (c’est ce qui est arrivé ce matin), mais me servir dans le fridge et me faire à manger dans la cuisine, pas tant. Je me garde une petite gêne.



 

vendredi 2 juin 2023

Du stock d'Invernessshire

J’ai fait une centaine de miles aujourd’hui. Ça, pour nouzautres, ça veut dire 160 km. Sean, mon hôte, a eu une face d’épouvante quand je lui ai dit que j’avais fait 160 km dans ma journée. Ben, c’est parce que y’a absolument rien là.

Ça a commencé par une autre petite chote de Loch Ness. On m’avait dit que la plage de Dores était le meilleur spot pour voir le lac, fait sur le long. C’est vrai. C’est juste que j’appellerais pas tout à fait ça une plage… ou bedon, il faudrait en revoir la composition.

Je me suis même mis les pieds dedans. Non seulement c’était frette, mais en plus, comme la plage est faite de roches, ben, mettons que c’était pas pantoute confortable!

À côté de la plage, il y a une petite cabine où a été installé le chasseur de Nessie avec la plus grande patience : le type est dans le livre des records Guiness parce qu’il a commencé à watcher pour voir Nessie en 1992. Sans succès, de toute évidence.


Je trouvais ça juste beau. Tellement beau. Parce qu’il faisait beau et chaud (un genre de 20). Faque parce qu’il était midi, j’ai décidé de diner là. Il y avait un petit resto avec des tables de piquenique. J’ai mangé un sannouitche au haddock. En fait, c’était un morceau de fish’n’chip dans du pain à hamburger pas toasté pis des frites à côté. C’est le moyen que j’ai trouvé d’avoir un petit morceau de poisson, pas le poisson au complet. Pis je mange pas le pain. Pis je picosse dans les frites. C’était ben bon.


 

Deuxième visite dans l’Invernessshire: le champ de bataille de Culloden. C’est là que le 16 avril 1746 qu’a eu lieu cette bataille qui a été le dernier affrontement terrestre entre deux nations sur le sol de Grande-Bretagne.

C’était une bataille entre le gouvernement anglais et les Jacobites qui voulaient le retour des Stuart sur le trône d’Angleterre (oh que c’est résumé grossièrement!) Dans le champ, à Culloden, les forces vont s’affronter comme dans le temps: entre 5000 et 8000 Jacobites (majoritairement des Highlanders) et entre 8000 et 9000 hommes du gouvernement se font face et vont se tirer dessus. Bilan? Autour de 2000 morts en moins d’une heure. C’était fou, cette façon de faire des batailles, quand on y pense. Pour l’Histoire, je vous dirai que c’est les troupes du gouvernement qui l’ont emporté, les Jacobites ayant retraité après avoir vu trop des leurs tomber au combat. Faque la couronne britannique n’a pas changé. Du moins, pas en 1746.

Une chance que j’ai visité le centre explicatif parce que un champ, ben, c’est un champ. Même s’il a une valeur historique.

Visite suivante: le Château de Cawdor. L’Écosse (comme le reste de la Grande-Bretagne) regorge de châteaux. Il faut juste en choisir quelques-uns pour les visites parce que c’est clair qu’on ne peut pas tous les voir! Il y en a qui sont un peu plus touristiques et d’autres, des moins connus. C’était le cas du château de Cawdor, que Sean m’a suggéré de visiter.

Quand je suis arrivée, vers 16h, il n’y avait personne dans la petite cabane où il fallait payer. Faque j’ai passé dwette et j’ai eu une visite gra-tisse, comme dirait Manon Massé dans À la semaine prochaine. J’ai suivi la file, composée, étrangement, d’un gros paquet de Québécois en visite guidée dans un autobus. J’ai fait la morte – je n’avais pas envie de leur parler.

Les fondations du château les plus anciennes datent de 1380. Aujourd’hui, le château est habité (oui, oui) par le 25e comte de Cawdor. Eh misère. J’haïrais tellement ça habiter dans des cochonneries pareilles. Chus vraiment pas faite pour le vieux stock. Ça pue.







Arrêt suivant: le Fort George. Bâti après la bataille de Culloden au 18e siècle, le fort est aujourd’hui la maison de la garnison des Highlander. Une partie se visite, mais je suis arrivée trop tard pour ça.


Comme c’était sur ma route, j’ai fait un bébé détour pour aller sniffer à l’aéroport d’Inverness. C’est pas ben gros, vous pouvez ben l’imaginer. Mais ils appellent ça un aéroport international parce qu’il y a un vol pour Amsterdam et un vol pour Dublin par jour. Tous les autres vols (pas des tonnes!) vont au Royaume-Uni. J’ai connu une nouvelle compagnie aérienne: Loganair. C’est la compagnie d’Écosse.

 

Je suis arrivée à Chanonry Point vers 18h30, après être arrêtée à l’épicerie pour m’acheter de quoi manger: des tranches de jambon, un peu de fromage, des petites tomates et des chips asiatiques aux crevettes. Faque comme chantait l’autre, j’ai mangé dans mon char, face à la mer. C’est pas trop dolle, quand même.

Vers 20h, je me suis habillée et je suis sortie à la chasse aux dauphins.

Parce que Chanonry Point, c’est ze spot pour voir des dauphins. Des dauphins??? Ouan. Je ne m’attendais pas à ce que des dauphins vivent si au nord que ça.

Faque y’a plein de gens qui viennent les voir, certains avec des phallus de circonstance pour prendre des photos. Mais il faisait comme frette et humide. Faque après quelques tentatives de photos, j’ai décidé de rentrer. Il était toujours ben 21h. Surtout que c’est vraiment pas évident de prendre ça en photo: on sait jamais quand et où ça va sortir de l’eau, ces bêtes-là. Faque tout ce que j’ai vu, c’est quelques dos. Mais c’était quioute.

Les dauphins arrivent avec la marée montante parce qu’ils se nourrissent des poissons qui viennent aussi avec la marée. Et la marée montante, ben, c’était en début de soirée. Faque les habitués qui prennent des photos, ils viennent s’installer avec des chaises. Pis à tout bout de champ, il leur fallait reculer leur chaise pour cause de marée montante…






Au bout de la rivière Ness (qui vient du lac Ness) et elle se jette dans la Moray Firth qui se jette dans la mer du Nord. Faque mes pérégrinations du jour m’ont fait faire tout le tour du Moray Firth. Sachez-le.


 

jeudi 1 juin 2023

De l'eau et du beau

En quittant ma chambre de Caol (en banlieue de Fort William!), ce matin, je suis allée voir le Caledonian Canal, ouvrage monumental de 96 km et de 29 écluses, bâti en 1822. Le canal, qui commence à Corbach (juste à côté de Fort William), se termine à Inverness. Parce qu’après Inverness, l’eau se jette dans la mer du Nord. Au départ, avant Corbach, c’était l’océan Atlantique. Messembre que c’est exotique en masse, un canal qui va de l’Atlantique à la mer du Nord. Bon, vous allez me dire que pour un touriste, le canal Welland qui permet de contourner les chutes du Niagara, c’est exotique… C’est vrai. Je l’ai visité, ce canal-là, rappelez-vous. Pis j’étais folle comme de la marde. Surtout parce que c'était des gros transatlantiques qui passaient là. Alors, aujourd’hui, petit canal de rien du tout… et j’étais aussi folle comme de la marde.

Sur les 96 km d’eau, il n’y a que 35 km de canal (c’est déjà pas pire, vous allez me dire), parce que le reste, c’est des lacs. Des lochs. Dont le célébrissime Loch Ness. Et tout au long de la route du canal, il y a des swing bridges, des ponts tournants, pour laisser passer les bateaux.

En entrant dans le canal (ou en en sortant, selon le sens dans lequel on le prend!), alors mettons qu’en partant de Corbach (vers Inverness), il y a huit écluses rapprochées qui sont baptisées «l’escalier de Neptune». Ça a quelque chose de magique de voir les bateaux dans chacune des écluses. Ce matin, il y avait un voilier (qui fonctionnait au moteur pour se déplacer dans les écluses, évidemment). Quand il sera rendu dans les différents lacs qui composent l’ensemble du canal, il pourra mettre les voiles! Parce qu’il vente en masse pour ça. Pis pour passer dans les écluses, ça lui a pris 90 minutes et ça lui a couté £ 28 par verge de bateau!







À Corbach, j’ai croisé des Québécois. Je les ai entendu parler ensemble (le père, la mère et les deux garçons, quelque part fin vingtaine - début trentaine) et, un moment donné, un des garçons a pris une photo des trois autres. Comme j’étais à côté, je lui ai demandé, en québécois: «Voulez-vous être tous les quatre, ensemble, dans la photo?» Le type s’est étonné de ma demande… en fait, il s’est plus étonné de mon accent et de ma langue! Alors, on a jasé un peu, en avant de l’écluse numéro 1. Des gens de Repentigny. Qui passent deux semaines en Écosse. Ils allaient à l’Isle de Skye demain, avec le traversier (qu’ils avaient réservé!) Puis, ils mettent le cap sur Inverness pour trois jours. Ça se pourrait qu’on se recroise à Inverness. Ça serait vraiment le plus grand des hasards parce que c’est assez gros, Inverness (ben, 50 000 habitants, toujours ben). Comme ils finissent leur séjour par quelques jours à Londres, ils m’ont demandé si je connaissais un spot pour aller prendre le thé. Je leur ai très fortement suggéré d’aller dans la crypte de l’église St-Martin-in-the-Fields, là où j’étais allée avant le concert. Il y avait toute la chibagne: les sannouitches au cocombe pas de croute, les scones, la clotted cream, la confiture, les macarons… et le thé. Ils ont pris des notes!

Pendant qu’on jasait, on a vu passer le train à vapeur de Harry Potter. Oui, oui. Il y a un train qui a été rendu célèbre par un des films d’Harry Potter (je ne peux évidemment pas vous dire lequel). Il passe sur un viaduc en faisant tchou avec sa vapeur. Comme c’était à une dizaine de miles de Fort William, j’y suis allée mardi soir, avec la seule intention de prendre une photo du viaduc, si c’était possible. Mais v’là-tu pas que j’arrive à 18h10 et que c’est plein de monde (dont un autobus rempli de Français) qui sont massés le long de la clôture. J’ai appris que le train, qui devait passer à 18h05 sur le viaduc, était en retard. Eh ben, bazwell. Moi qui ne savais pas ça… Alors, j’ai fait comme tout le monde et j’ai attendu. Sauf que l’autobus des Français, ben, il fallait qu’il parte… même si le train n’était pas passé encore. C’est qu’un autobus de touristes, c’est réglé au quart de tour. Alors, tous les Français sont partis et le train est passé… à 18h25.  Le train en question va de Fort William à Mallaig et il existe pour vrai: c’est le Jacobite Steam Train. Depuis qu’il est passé dans Harry Potter, il faut réserver sa place des mois à l’avance. Mes Québécois m’ont dit que les prochaines places disponibles sont en octobre! Alors, non seulement je l’ai vu passer par hasard sur le viaduc (mais pas dans l’angle photogénique), mais en plus, je l’ai vu à la gare de Corbach. 

 

Faque j’ai niaisé en masse aux écluses, juste parce qu’il faisait beau et que c’était beau. Mais un moment donné, il a fallu que je parte. Une quarantaine de miles au nord, le célébrissime Loch Ness. Je voulais bien voir le monstre. Mais ça sera pour une autre fois. Je suis bien arrêtée au village de Drumnadrochit, là où il y a un musée et un centre explicatif sur Nessie, mais ledit centre était fermé pour cause de refurbichement. Ça devait rouvrir quelque part au printemps… mais vous savez, les travaux, on sait quand ça commence et on ne sait pas toujours quand ça finit… et combien ça coute. Vous voulez qu’on jase du REM?

Peut-être que le bateau est à la recherche de Nessie?


Faque j’ai repris mon petit bonhomme de char et je suis arrivée à Inverness juste un peu plus tôt que prévu. J’avais dit à Sean, mon hôte, que j’allais être là entre 16h et 18h. Faque j’avais du lousse. Je suis arrivée à 16h30.

Je suis installée dans une superbe chambre toute blanche (j’aguis ça), dans un appartement d’Inverness. La maison date de 1800 et il y a 5 appartements dans tout l’immeuble. On est dans un parc privé, dans le milieu de la ville. L’appartement me fait vraiment triper avec ses grandes pièces et ses plafonds hauts. C’est clair que ça a couté cher à Sean, ça! 

C'est la maison.

Il y a même du tapis dans l'entrée principale de l'immeuble (je ne comprends pas trop pourquoi...)

C'est la porte rouge, l'appartement 3. Il y a deux appartements par étage.

L'entrée de l'appartement. Ma chambre est au bout, à gauche.

La salle à manger (vous aviez figuré que ce n'était pas la salle de bain!)

Le salon

de l'autre angle...

Ma chambre, toute blanche (j'aguis le blanc!)

Ma chambre, de l'autre angle

En soirée, alors que je suis installée dans la salle à manger pour écrire ce blogue et que Sean est aussi au bout de la table, je pensais que Sean pouvait être végétarien parce qu’il buvait du jus vert au t’sours de tondeuse. Il a aussi ses propres poules qui vivent en liberté, là, là, juste en bas. Mais quand je l’ai vu aller chercher un sac de M&M, je me suis dit qu’il ne mangeait pas vraiment bio…