dimanche 26 mars 2023

Du mime en montant...

Il y avait une chose que je savais (ben…) quand j’ai réservé mon séjour à Milan: je voulais aller entendre – et voir – un concert à La Scala, cette salle mythique. Sauf que peu de concerts étaient offerts dans la grande salle pendant les trois semaines où je m’installais dans cette ville de la Lombardie, mais surtout, les ceuzes qui existaient étaient hors de prix. Je n’étais pas difficile: j’aurais pris du mime en montant! Alors, je me suis rabattue sur un petit concert de musique de chambre dans la salle Arturo-Toscanini (celui dont je cherchais la tombe dans le Cimitero Monumentale, si vous me suivez).C'était facile (du Mozart), mais j'aguis ça quand le violoncelliste respire comme un possédé en jouant. Ça gâte la patente, je trouve.




La Scala a été construit en 1778 principalement pour des opéras, même s’il y a aussi maintenant des ballets et des concerts de musique classique dans la grande salle.

La Castafiore, dans les aventures de Tintin, dit se produire régulièrement à La Scala. Elle était nommée, à juste titre, le Rossignol milanais. J’aime croire que Hergé ait été inspiré par une autre cantatrice inoubliable pour créer la Castafiore, Florence Foster-Jenkins. Que-wa? Vous ne connaissez pas Florence Foster-Jenkins? Allez écouter ça (c'est ici).

Le théâtre de l’opéra a été le lieu de beaucoup de création de Giuseppe Verdi et de Richard Wagner. J’aurais braillé ma vie d’assister à une représentation du Requiem de Verdi à La Scala. Mais ça n’a pas eu lieu et ça n’aura pas lieu. Tout autour de la salle, il y a des dizaines et des dizaines de loges. À la construction de la salle, elles étaient achetées par les riches Milanais. D’ailleurs, les Milanais disaient, pas tant à la blague, que pour être quelqu’un, il fallait avoir une loge à La Scala et un terrain au Cimitero Monumentale, les deux valant aussi cher l’un que l’autre!



Comme Milan a été le théâtre de la résistance italienne pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été bombardée par les Alliés, avec une des conséquences que La Scala a été détruite en 1943. Les Milanais ont décidé de reconstruite et la réouverture a eu rapidement lieu en 1946, parce que les Milanais voulaient retrouver «leur» salle. Par la suite, il y a eu de nouvelles rénovations au début des années 2000 et réouverture quelques années plus tard, avec Riccardo Muti au pupitre et la musique de Salieri, comme en 1778.

La Scala, c’est d’abord une salle de concert, mais le musée à côté est fort agréable. Des peintures de musiciens et de compositeurs. Pas grand femmes là-dedans, si ce n’est que deutwa cantatrices. Je me suis promenée avec plaisir dans ce bébé musée.

La statue de Verdi

L'affiche des représentations de 1925!

La salle Arturo-Toscanini... (ça a pris 10 minutes et tout était vidé!)

Le ti-Mozart

Une belle peinture de La Scala, il y a longtemps

Encore Gizèppe!

Une peinture d'une femme! C'est Maria Callas, quand même.

Les premières images de ce qu'était le théâtre (il y a longtemps!)

L'affiche de 1925.

(PS. Comme l’Europe a avancé l’heure la nuit dernière, je suis maintenant à 6h de votre cœur, pour un peu plus d’un mois!)


samedi 25 mars 2023

Restants de Turin

Nuit mouvementée. Le lit (un canapé déplié) est assez inconfortable merci à cause de la jonction entre le siège et le dossier qui fait une barre tout au long du corps... Ça m’a donné une méchante crampe dans une jambe un moment donné pendant la nuit. C’est dommage parce que l’appartement est chouette, lumineux, super bien placé pour arpenter la ville. Faque j’ai pris ça mollo. Alors, voici mes restants de Turin, ville que j’ai beaucoup aimé.


















Pis il a fallu rentrer à Milan. Je capote toujours sur le train. Je me dis, des fois, que cet amour-là va me passer, mais ça passe jamais. Tellement que j’ai fait des tours de tramways dans toutes les villes que j’ai visité, et que j’ai même regardé, la semaine passée, si je pouvais pas faire un tour de train : prendre le train, aller souper quelque part et revenir à Milan en fin de soirée. Mais je m’étais retenue. Peut-être que l’envie va me prendre en Angleterre, étant donné que je n’aurai pas de voiture…

Déjà que j’aime le train, imaginez donc quand il va à 297 km/h. Je ne me peux plus. D'autant plus si on voit les Alpes au fond ou qu'on dépasse des autos sur l'autoroute italienne A4 qu'on sait aller à 140 km/h. Je vous le jure: si jamais il y a un train à grande vitesse entre Montréal et Québec, je vais aller souper à Québec juste pour le fonne.

Je suis rentrée à Milan sous un beau soleil. J'ai eu un plaisir fou à m'assoir sur ma petite terrasse et à lire un peu pendant que la machine lavait mon linge. C'est fou ce que ça fait, un peu de soleil et de chaleur.


 


vendredi 24 mars 2023

Écclectisme, quand tu me tiens

Eh que je suis échevelée, moi, quand il s’agit de choisir ce que je veux visiter… (Presque) tout m’intéresse. Bon, certaines affaires plus que d’autres, c’est sûr. Si ça parle d’histoire, ça part déjà avec une longueur d’avance. S’il est question de la Seconde Guerre mondiale, c’est deux longueurs d’avance. Mais des affaires peuvent partir avec un peu de retard et j’y trouve mon compte quand même. Chus de même.

Faque ce midi, tour de métro et première visite de la journée: l'immense musée de l’automobile de Turin. 


C’est parce que, les amis, Turin est le haut lieu de la conception et de la fabrication des autos en Italie. La compagnie FIAT est née à Turin et y a toujours son immense usine. D’ailleurs, FIAT est l’acronyme de Fabbrica Italiana Automobili Torino, faque c’est une affaire turinoise. À l’époque (fin 19e siècle), l’Italie se considérait «en retard» sur ses voisines, la France et l’Allemagne, quant à la construction automobile. On peut pas dire, quand même, que l’auto était une patente très très développée à la fin du dizneuvième…
Je parle de FIAT parce que c’est la plus grosse compagnie italienne. Non seulement elle fabrique des voitures (notamment en association avec Chrysler maintenant), mais elle possède aussi les machines agricoles New Holland et Case et les autobus IVECO. Un autre genre de véhicules, mettons.
Je pourrais aussi parler de Lancia ou de Ferrari… Heureusement, le musée ne s’intéresse pas seulement aux autos italiennes. Il y a des françaises (la Citroën qui «levait» du sol), des allemandes, des américaines, des françaises… et même une Trabant est-allemande!
Le musée est immense et est rempli de vieilles voitures. Le guide audio qui se télécharge sur le téléphone à partir d’un code QR est vraiment intéressant et d’une longueur acceptable: ça dure autour de deux minutes par salle. On ne s’éternise pas. Évidemment, on peut continuer à regarder les voitures même si la voix a arrêté de jaser, ce que j’ai souvent fait.




La première «limousine» de Rolls Royce


La première Volkswagen qui donnait l'idée qu'on pouvait voyager en voiture.



Une «deux-chevaux» française, très associée à l'époque Peace and Love

À Berlin-Ouest, dans les années 60, les gens se promenaient dans cette voiture...

... pendant qu'à Berlin-Est, les gens attendaient jusqu'à 5 ans pour avoir une Trabant brinquebalante et hyper polluante!


La première coccinelle, la voiture du peuple allemand

La section sur les voitures de formule un est magnifique. C’est juste trop beau de voir les voitures rouges alignées les unes derrière les autres. Pour parler de Ferrari, il y avait même une des voitures de Gilles Villeneuve. Ça m’a quand même fait un ti ketchose. Espèce de pilote fou mort trop jeune.


C’est sûr que je passe plus vite sur la section des moteurs, mettons… Mais ce qui était intéressant dans ce musée, c’est l’histoire de l’évolution de la voiture, ce que les clients veulent acheter. Ça explique l’importance du développement des voitures au moment des deux guerres mondiales (tout était concentré à développer des véhicules militaires, les véhicules civils étant laissés de côté), l’importance du désign dans la conception des voitures, l’évolution de la grosseur des autos (ça vient des Américains, vous ne serez pas surpris) et la notion d’obsolescence programmée… qui vient aussi des Américains: ils voulaient que les gens se tannent de leur voiture et en achètent une autre, alors les constructeurs se sont arrangés pour que des pièces de la voiture ne fonctionnent plus passé un certain temps ou que le look des nouvelles autos soit tellement plus accrocheur qu’on a juste envie de changer! Grrrr.

Tour d’autobus pour revenir en ville, le musée étant un peu excentré. J’aurais voulu aller voir le musée du cinéma italien (et surtout monter dans l’édifice par l’ascenseur pour voir Turin d’en haut), mais c’était complet pour la journée, à 15h, quand j’y suis arrivée. J’ai voulu acheter mon billet pour demain et c’est aussi complet pour la journée. Ben, ils vont devoir se passer de mon auguste présence.

J’ai pris le tramway (parce que oui, comme toutes les villes que j’ai visité – sauf Venise pour des raisons évidentes – Turin a un réseau de tramways fort efficace) pour aller au musée de la résistance. Petit musée de rien du tout, avec des témoignages d’Italiens et d’Italiennes qui ont «résisté» lors de la Seconde Guerre mondiale.  La ville de Turin a décidé d’installer ce petit musée à cet endroit parce qu’au moment de la reconstruction de la ville après la guerre, ils ont trouvé deux kilomètres d’abris anti-bombes dans le sous-sol. Une partie a été détruite, mais ils ont gardé quelques mètres qu’on peut visiter. C’est assez creux merci. Au moment des bombardements, les gens qui s’y étaient réfugié pouvaient entendre les bombardements au-dessus de leurs têtes. Eh misère que ça ne devait pas être plaisant…



Après cette petite visite, j’ai erré dans Turin. C’est vraiment une belle ville. Je sens un feeling sympathique qui ferait que j’aurais envie de m’y installer. J’ai fini par aboutir à la chocolaterie Baratti & Milano, qui fait dans la dentelle. J’ai acheté un peu de chocolat, évidemment. Mais j’ai surtout pris un chocolat chaud, avec un peu d’amaretto dedans. Je trouvais que la place était tout à fait de mon rang. Surtout que le chocolat chaud, c’était pas fait avec du Nestlé Quick. Quoi que le Quick, le matin, c’est tout à fait à propos.