mercredi 26 avril 2023

Re-découverte

Qu’est-ce que j’aime cette ville! Je vous ai déjà dit que chaque fois que je visite une ville pour plus qu’un après-midi, je me pose toujours la question si j’y habiterais. Il y a longtemps, dès les premières minutes où j’y ai mis les pieds en 2017, que je sais que je m’installerais à Bordeaux.

En ce mercredi gris et pluvieux, j’aurais pu rester chez Thierry et Hannah à corriger les derniers travaux de l’UQAM qui ont commencé à être déposés sur Moodle. Je dois rendre les notes la semaine prochaine. J’ai encore du temps, mais il faudrait que je m’y mette. Mais comment avoir envie de travailler quand Bordeaux est là, là? Comme j’ai décidé il y a deutwa semaines de me remettre à mon film, j’avais fait un rapide inventaire de ce que je devais filmer. C’est sûr qu’il va encore me manquer des images, mais je vais devoir m’organiser avec ce que j’ai, si je veux le finir ce viarge de film-là.

Alors, malgré la pluie, je suis allée virer à l’aéroport Mérignac, pour constater que le tramway qui s’y rend va être en service samedi! Faque ça se pourrait bien que je fasse un tour de tram en fin de semaine! 


Je l'ai trouvé drôle, celle-là... moi qui ne voyage tellement pas léger!
Pis vous savez à quel point j’ai le don de me trouver là où il faut pour qu’on me braque un micro sous le nez? C’est ça. J’étais sur le quai du tram, je regardais le plan du tram avec la rallonge et la nouvelle ligne D, et v’la un journaliste de la radio, de France Bleu, qui me demande s’il peut m’interviewer puisque j’ai l’air de m’intéresser au tram… Allons-y!

Je me suis présentée comme une Québécoise en vacances à Bordeaux (ce que je suis!) et qu’en 2023, c’était juste normal que les transports en commun fassent un lien rapide avec le centre-ville! «Ça doit être comme ça, à Montréal?» Oh misère. Si tu savais, mec, la saga du REM et à quel point on fait dur!

(Pour votre information, j’ai été interviewée en 2018, au moment de Bordeaux fête le vin, sur la biodiversité. On a gardé mon témoignage, que Manon et Xavier avaient vu, lors d’une journée de travail organisée par le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux, quelques mois plus tard.


J’avais aussi été interviewée pour la radio de France Inter en juin 2008, alors que je sortais du cinéma à Lille où j’étais allée voir Bienvenue chez les Ch’tis. J’avais expliqué au journaliste qui m’avait foutu le micro dans les dents que l’histoire du maitre de poste ressemblait un peu à la mienne: au départ, j’avais un contact pour aller étudier à Dijon [bon, c’est pas le sud, mais c’est plus au sud…], mais que je m’étais finalement ramassée à Lille… et qu’à la fin de mon séjour, je pleurais pour ne pas repartir! C’est qu’on s’attache au Nord! Touttte est dans toutttte!)

J’ai passé la fin de l’après-midi à errer en cille, à filmer et à prendre des photos sous la pluie. C’est beau pareil, Bordeaux sous la pluie. Surtout en avril, alors que généralement, je suis au cégep à cette date.

Le pont d'Aquitaine, vu du vieux Lormont


L'église Notre-Dame

Ça fait plusieurs fois que je la vois, celle-là. Et je la trouve toujours aussi drôle.


À 19h, en attendant de rejoindre Thierry et Oscar au resto Le Parlement des Graves pour souper (ben, diner…), je suis allée prendre l’apéro aux Trois Pinardiers, place Gambetta. La place appartient un peu à mon ami Benoit. Que vois-je au mur? Deux petits drapeaux du Québec! C’est que les deux jeunes serveurs sont venus étudier à l’université Laval… et en gardent un souvenir ému. Toutttte est vraiment dans touttte.

 

mardi 25 avril 2023

Le bonheur est dans l’amitié

 J’ai quitté Carcassonne de très bon matin (moi, je trouve que 8h15, c’est affreusement de bon matin!). ´Il pleuvassait ou brumassait, selon les moments. J’ai fait de l’autoroute parce que j’avais un échéancier: je devais être à Vélines pour 12h30, max! Vélines? Oui, Vélines. Petite ville (oserais-je dire village?) à une heure de Bordeaux. 

C’est que mes amis Isabelle et Sylvain, qui avaient le restaurant Chez Carles, à La Rivière, sont maintenant installés à Vélines, où ils ont ouvert un petit restaurant à côté de la gare. Ça s’appelle d’ailleurs le Restaurant de la Gare. 

J’y suis finalement arrivée à 12h20. J’entre dans le petit resto et j’attends qu’Isabelle se manifeste. Elle voit, du coin de l’oeil, une cliente dans l’entrée: « Je suis à vous dans quelques minutes, madame! » qu’elle me dit en me jetant un rapide coup d’oeil. Mais quelque chose dans son regard… Elle sert les clients, puis se retourne vers moi: « Ah mais c’est pas vrai…! » Elle vient derechef vers moi et me prend dans ses bras: « Mais quelle belle surprise! » Je la sens réellement émue… et je le suis, moi aussi. Je voulais faire une surprise, mais là, c’est au-delà du bonheur que je croyais susciter. « Mais qu’est-ce que tu fais là? » « Ben , je viens déjeuner… »

Elle me fait une place. Je pense que j’aurais pu manger dans la cuisine si toutes les tables avaient été prises. J’hésite, en regardant le menu: agneau, canard ou boudin? Je demande l’aide d’Isabelle: « Tu aimes le gravlax de saumon? Alors, entrée de gravlax et boudin! »

J’ai pris tout mon temps pour manger et, à 14h30, quand le resto s’est vidé, Sylvain et Isabelle sont venus diner qveccmoi, pendant que je prenais mon dessert. On a jasé de voyages, de qu’est-ce-qui-t’as-pris-de-faire-un-détour-par-ici-qu’on-est-tellement-contents-de-te-voir! Finalement, je suis partie du resto de la Gare de Vélines, le cœur gonflé d’amitié… à 17h15!

Cap sur Bordeaux.

Où je retrouve Oscar, le fils de Thierry. La dernière fois que je l’ai vu, c’était à l’été 2019, il avait 11 ans. Ti-cul. Là, il en a 14. Un ado. Le plaisir de le retrouver, c’est fou, quand même. 

Thierry arrive un peu plus tard, tout comme Hannah. Gros câlins. On est vraiment contents de se revoir. On prépare le souper (oups, le diner…) ensemble, en jasant de tout et de rien. Le plaisir de l’amitié partagée. Üma, la fille de Thierry, et son chum arrivent pour souper. On est contentes de se voir. Encore. Souper bien arrosé (on est chez Thierry après tout!) où on a refait le monde un peu, entre quelques gorgées de vin. L’amitié, après toutes ces années (et les trois dernières années à ne pas se voir) est là, chaleureuse, humaine, enrichissante.

Je couche dans « ma » chambre, dans la nouvelle maison de Thierry et Hannah. En fait, je cuve mon vin, au nom de l’amitié. 

lundi 24 avril 2023

Vingt-et-un ans plus tard...

En juillet 2002, Yves et moi, on fait notre premier échange de maison à Ajac, dans le Languedoc. L’arrivée est pénible pour mon vieux chum qui vomit sa vie, lors de notre première journée à l’hôtel. Ça semble se placer… et on décide d’aller visiter Carcassonne, à une trentaine de kilomètres de notre maison de vigneron du XIXe siècle. Mais je vois bien dans la face de mon homme qu’il ne va pas bien. Je lui propose de trouver un médecin, même si on vient juste d’arriver dans la Cité. On s’est finalement ramassé à l’hôpital où Yves est resté quatre jours (il faut dire qu’il y avait le tour de France qui passait exactement sur la route entre Ajac et Carcassonne qui nous aurait empêché de revenir à l’hôpital si jamais l’homme ne filait pas – c’était donc une précaution… payée par notre assurance-voyage!). Après ce séjour, le reste du voyage s’était bien passé. Rien de grave, heureusement. Tout s’était réglé au retour au Québec. Sauf que, pendant le reste du voyage, on n'était jamais retourné à Carcassonne… on s’était contenté de quelques minutes, à peine.

Donc, retour. Vingt-et-un ans plus tard. Puisque c’était sur ma route entre l’Italie et Bordeaux…

Je suis installée dans un hôtel IBIS pour deux jours, à une quinzaine de minutes à pied de la Cité. Ça fait que je dois passer à travers la «ville» pour me rendre et revenir de la Cité.




J'ai pensé à Dan en prenant cette photo...

L'espèce de chien est fait avec des bottes à vache!

Oh, la Cité. C’est toujours ben un site patrimonial de l’UNESCO, cette patente-là. Construite dès le 3e siècle. Oui, oui, le troisième. Juste ça, je trouve ça digne de mention. C’est d’ailleurs pour ça que c’est devenu un site patrimonial: c’est parce que c’est mautaditement ben conservé. Mais j’ai eu un petit feeling de Mont-Saint-Michel en entrant à l’intérieur des remparts. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de commerces de toutes sortes et beaucoup de restaurants. C’est sûr que c’est rempli de touristes qu’il faut nourrir, mais quand même… Mais, quand même, en avril, c’est infiniment moins pire que le Mont-Saint-Michel en aout. 









Après mon errance, visite du château. Avec les remparts qui viennent avec. Mettons que mon vertige a été mis à l’épreuve. Mais je comprends pourquoi c’est important de préserver la patente. Comme j'ai pas pris l'audioguide, y'a plein d'affaires que j'ai pas appris!










En sortant du château, visite de l’école. En 1911, les petits Français apprenaient que la France avait perdu l’Inde et le Canada en 1763.


Puis, visite de l’église. La basilique de Saint-Nazaire et Saint-Celse. On les invente pas, ces deux-là.


Pour finir ma visite, j’ai fait un tour de titrain à l’extérieur des remparts. Jolie visite, mais aussi (surtout) jolies explications sur la construction de la Cité. Une affaire plate, toutefois: je n’étais pas du bon bord du titrain pour prendre des photos.

En descendant dans la ville, j’ai croisé le Centre culturel de la mémoire combattante. La porte était ouverte, alors j’ai pénétré… Le type à l’accueil dormait, je n’ai pas voulu le déranger, je suis entrée incognito. Dans la salle du fond, une exposition sur le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, le seul qui a existé en France, pendant la Seconde Guerre mondiale (faut dire que l’Alsace venait d’être annexée à l’Allemagne, à l’époque). C’est un camp beaucoup moins connu que ceux qui ont été construits en Allemagne ou en Pologne. Je le connaissais parce que dans le roman Le Liseur (roman que j’ai longtemps enseigné), Michael, le personnage principal, essaie de comprendre la vie d’une gardienne de camp et va visiter ce qui reste de ce camp. Évidemment, ça m’a donné envie d’aller virer en Alsace. L’année prochaine, peut-être.

Au retour de mon souper au même resto, où j’ai pris du foie de veau, je suis tombée sur un bébé concert de casseroles, près de la mairie, pour souligner la première année du nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron. On peut pas dire que le tout-Carcassonne s’était donné rendez-vous en face du bureau! Il y avait quatre policiers qui jasaient entre eux et qui regardaient ça une peu distraitement.


 
Voilà. Vingt-et-un ans plus tard...

dimanche 23 avril 2023

Après la bouillabaisse, le cassoulet

Après la bouillabaisse, typique de Marseille, voici du cassoulet dans mon assiette. Où suis-je? À Carcassonne. C’est parce que. J’étais toujours ben pas pour manger une pizza!!!

Départ de Maubec ce matin après un dernier petit saut au Mas Côté Cour. Merci encore Louise-Anne, Robert, Gabrielle et Thibaut!

J’ai fait une partie de la route entre Maubec et Carcassonne sur les petites routes de campagne. Qu’est-ce que c’était beau. J’adore les villages du sud de la France, avec les pierres jaunes pâles, les places centrales où les vieux jouent à la pétanque, les commerces qui ont leur porte directement sur le trottoir.

J’ai aussi vu des champs remplis de vignes qui commencent à se manifester et de coquelicots. J’adore les coquelicots. En fait, je me rends compte que j’aime les plantes qui s’organisent tuseules. Genre les tulipes. Genre les coquelicots.



J’ai aussi traversé le Rhône à plusieurs reprises. Le Rhône! Oui, oui, le Rhône. Je trouve ça exotique.

(J’ai aussi jeté un œil sur le canal du Midi à Carcassonne, mais c’est un peu ordinaire.)

Mais un moment donné, il a bien fallu que je m’enligne pour arriver un jour à Carcassonne. Alors, après pas loin de 200 km de routes de campagne, j’ai choisi de finir ça sur les autoroutes A9 et A61. Pis en écoutant Nostalgie à la radio française, je trouve que ça avance pas pire.

J’ai vu, pour la deuxième fois je pense, des éoliennes. Mettons que c’est pas avec ça qu’ils font l’électricité dans le sud de l’Europe, contrairement aux pays du nord.

Avec tout ça, je suis arrivée à Carcassonne pas loin de 17h. Une fois dans ma chambre IBIS à Carcassonne, je suis sortie pour visiter la ville un peu. La cité, ça sera pour demain. Mais la ville, sous la pluie, le dimanche sur l’heure du souper, c’est assez calme, merci. Jusqu’à l’heure du cassoulet.