Vous pourrez jamais dire que j’ai pas de la suite dans les idées!
Qu’est-ce que je suis allée visiter, en ce premier jour de mon retour à Londres? Le Imperial War Museum! Ce fut une visite exceptionnelle: je suis rentrée là à 11h45… et j’en suis ressortie à 17h45! T’sais, six heures dans un musée sur les deux Guerres mondiales… Faque, évidemment, je n’ai pas fait ce qu’il y avait d’autre sur ma liste en ce jeudi.
Le musée est vraiment bien fait, avec un penchant anglais, évidemment. Le musée présente des documents sur l’histoire des guerres pour les Britanniques… et les Canadiens puisque, je vous le rappelle, le Canada était une vulgaire colonie au moment de la Première Guerre mondiale. Tous les tous les objets exposés de la Première Guerre sont au premier étage. L’étage suivant est pour la Seconde Guerre, le 3e étage est pour l’histoire de l’Holocauste et une partie du 4e étage sert à des expositions temporaires. Jusqu’en décembre, c’est sur les troubles en Irlande du Nord. Joyeux.
Il y a des photos, des films, des objets de toutes sortes. Une chose intéressante est qu’il donne la parole à des gens ordinaires qui ont vécu les guerres. Certains ont été des combattants, d’autres, de simples citoyens. Je pense que c’était important de leur donner la parole, mais aussi, de recruter toute sorte de monde avec toute sorte d’expérience de vie. Bazwell que c’était touchant.
J’ai pris des photos des photos ou des films que j’ai vu.
Avec plus ou moins de succès. Mais au moins, ça donne une bonne idée.
La Première Guerre mondiale est moins documentée que la Seconde, pour cause de pas de matériel pour prendre des photos ou faire des films. Oui, il y en a, mais un peu moins. Faut dire que ce fut aussi une guerre d’usure, une guerre de tranchées, justement. Ça ne bougeait pas beaucoup… Alors, que filmer? Pourtant, étrangement, j’ai pris davantage de photos de la Première Guerre que de la Seconde. Peut-être parce que je connais moins la Première?
Il y a des photos des soldats français et allemands qui fraternisent à Noël 1914… Pour eux, rien n’était plus important que de fêter Noël. Phoque la guerre, phoque les ennemis, c’est Noël. Pis le lendemain, ils ont recommencé à se tirer dessus. L’homme est très étrange, parfois. Ou, plutôt, les dirigeants de ces hommes.
Les soldats étaient habillés comme pour aller à la kermesse! Quand le premier hiver est arrivé, ils se sont bien rendu compte qu’ils allaient geler. C’est un peu arrivé. Faut dire que certaines armées se véhiculaient encore à cheval alors que d’autres essayaient des voitures ou des tanks. Entre le début et la fin de la guerre, c’est fou tout ce qui a changé, côté armes, communications ou transports, par exemple. Mais la guerre s’est enlisée même si, en aout 1914, on croyait que ça serait une petite vite (assez raté merci), on a construit des tranchées, on a alimenté ces tranchées…
Parmi les batailles célèbres de la Première guerre, celles de Verdun ou de la Somme, bien documentées. Je me souviens d’une chanson de Michel Fugain dont je ne comprenais pas la portée des paroles, quand j’étais gamine: «C’est pas ma faute si j’ai pas fait Verdun, Bir-Hakeim, la traversée du Rhin…»
| Des Français et des Allemands à Noël 1914 |
| Des Français et des Allemands à Noël 1914 |
| Disons que c'est un peu plus complexe que ça, mais ça peut aller comme explications! |
| Une carte des différentes tranchées et du no-man's-land entre les lignes françaises et allemandes |
| Les premiers masques anti-gaz |
| Des soldats dans une tranchée |
| La carte qui indique le nombre de cadavres dans la bataille de la Somme |
Puis, l’entre-deux-guerres. Qui n’a pas été un moment très pacifique dans l’histoire du monde.
L’ensemble de la Seconde Guerre est bien expliqué: oui, on y traite de l’Europe, mais aussi beaucoup de la guerre en Asie. Faut se rappeler que le Royaume-Uni avait des colonies dans ce coin-là du monde (Hong Kong, ou ce qui deviendra l’Inde ou la Birmanie, par exemple).
Même si c’est l’invasion de la Pologne qui a déclenché officiellement la guerre, c’est quand la France a été vaincue, en juin 1940, que le Royaume-Uni s’est senti bien seul. La France, c’était une alliée. Heureusement, même si les États-Unis n’étaient pas en guerre (il faudra attendre décembre 1941, après l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais), ils envoyaient du matériel en masse en Angleterre. Ils envoyaient aussi des hommes qui voulaient se battre. La bataille de l’Angleterre, qui a eu lieu de juillet à octobre 1940, a aussi mis le moral des Britanniques à l’épreuve. Les Allemands savaient que pour gagner cette bataille, ils devaient vaincre la Royal Air Force (la RAF), ce qu’ils n’ont pas réussi à faire… (de justesse!)
| Une peinture qui représente la signature de l'armistice de la Première Guerre mondiale |
| Un des grands rassemblements nazis |
| Une photo célèbre: Hitler à Paris, après la chute de la France |
| La carte de la bataille d'Angleterre. On voit que le sud a été plus attaqué que le nord: normal, c'était plus proche de l'Europe! |
| Différentes mines |
| Des bottes (?) en paille tressée pour les soldats allemands, pendant le siège de Stalingrad |
| Un semblant de cimetière pour les soldats soviétiques |
| L'uniforme japonais |
| Un bout du cuirassée Arizona, coulé pendant l'attaque de Pearl Harbor |
Les abris étaient très variés: de la cage en tôle pour ceux qui habitaient dans des appartements, à l’abri enterré dans la cour pour les plus fortunés (qui avaient une maison et une cour) aux couloirs du métro.
Beaucoup de femmes et d’enfants ont aussi été envoyés «à la campagne». Les différentes évacuations de masse sont des évènements marquants de la guerre.
| Un Morrisson shelter |
| Un Anderson Shelter (semblable à celui que j'avais vu au musée du peuple de Glasgow) |
La guerre s'est terminée en Europe par l'entrée des Soviétiques, puis des Américains et des Anglais dans Berlin. En Asie, les deux bombes atomiques ont permis aux Japonais de rendre les armes sans trop de honte.
| Un char soviétique devant la porte de Brandebourg à Berlin, avec l'affiche de la rue Unter den Linden |
| La signature de la reddition de l'Allemagne |
| Après le bombardement de Hiroshima |
J’aurais envie de critique en disant qu’il y a trop de choses à lire. J’ai passé six heures dans le musée et je n’ai évidemment pas tout lu. J’imagine que c’est la même affaire pour tous les visiteurs.
J’ai passé l’avant-dernière heure à l’avant-dernier étage, là où il y avait l’exposition sur l’Holocauste et là où il n’était pas permis de prendre des photos. D’ailleurs, à l’entrée, ça disait que c’était «interdit» aux enfants de moins de 16 ans, pour cause de photos et d’histoires sensibles. J’en ai vu, des expositions sur l’Holocauste et j’avoue que celle-là, c’était une bonne. Sur l’historique des pogroms, sur l’internement et l’extermination non seulement des juifs (les plus nombreux, quand même), mais aussi des Gitans, des opposants à l’idéologie nazie, des homosexuels. Ouf.
Les guerres ont changé des choses dans la vie du monde ordinaire. Au Royaume-Uni, l’instauration du National Health System (NHS) a permis aux Anglais de recevoir des soins gratuits à l’hôpital, après la guerre. Avant, il fallait payer pour tout. Dans le monde, la Société des Nations a laissé sa place à l’ONU… qui, en principe, possède plus de moyens que sa prédécesseure. Mouais.
Le Imperial War Museum que j’ai visité à Manchester était plus détaillé pour les autres guerres: la Guerre froide, la Guerre de Corée, les différents soulèvements à Prague ou à Budapest, la crise des missiles de Cuba, la Guerre du Vietnam… Le musée de Londres n’en parle pas. Ou très très peu, avec des objets historiques, comme le véhicule de la presse ou la carcasse d’une voiture qui a explosé à Bagdad.
À 17h, j’étais à l’entrée de l’exposition temporaire sur les troubles en Irlande du Nord. Vous connaissez la rengaine: eh misère qu’il y a des trous dans mes connaissances historiques. L’Irlande (du sud) qui est un pays indépendant, très majoritairement catholique; la province d’Irlande du nord, qui appartient au Royaume-Uni, majoritairement anglican. Si les provinces qui composent le sud se sont rapidement entendues pour former un pays indépendant, en 1921, les comtés du nord ont voté pour rester attachés au Royaume-Uni à qui ils ressemblaient davantage. Mais ils se sont tapé sur la gueule entre eux pendant 30 ans. Pour l’instant, l’accord signé un vendredi saint il y a 25 ans tient toujours… mais c’est encore fragile. L’Irlande du nord a voté contre le Brexit… et, dans les salons, on jase maintenant de réunifier l’Irlande du nord avec la République d’Irlande, parce que les deux nations sont sur la même ile. Bon, ne retenez pas votre souffle, ça ne va pas arriver demain.
Demain, je continue de (re)visiter Londres. J’espère que ça sera plus joyeux.