jeudi 29 juin 2023

De la suite dans les idées

Vous pourrez jamais dire que j’ai pas de la suite dans les idées!

Qu’est-ce que je suis allée visiter, en ce premier jour de mon retour à Londres? Le Imperial War Museum! Ce fut une visite exceptionnelle: je suis rentrée là à 11h45… et j’en suis ressortie à 17h45! T’sais, six heures dans un musée sur les deux Guerres mondiales… Faque, évidemment, je n’ai pas fait ce qu’il y avait d’autre sur ma liste en ce jeudi.

Le musée est vraiment bien fait, avec un penchant anglais, évidemment. Le musée présente des documents sur l’histoire des guerres pour les Britanniques… et les Canadiens puisque, je vous le rappelle, le Canada était une vulgaire colonie au moment de la Première Guerre mondiale. Tous les tous les objets exposés de la Première Guerre sont au premier étage. L’étage suivant est pour la Seconde Guerre, le 3e étage est pour l’histoire de l’Holocauste et une partie du 4e étage sert à des expositions temporaires. Jusqu’en décembre, c’est sur les troubles en Irlande du Nord. Joyeux.

Il y a des photos, des films, des objets de toutes sortes. Une chose intéressante est qu’il donne la parole à des gens ordinaires qui ont vécu les guerres. Certains ont été des combattants, d’autres, de simples citoyens. Je pense que c’était important de leur donner la parole, mais aussi, de recruter toute sorte de monde avec toute sorte d’expérience de vie. Bazwell que c’était touchant.


J’ai pris des photos des photos ou des films que j’ai vu. Avec plus ou moins de succès. Mais au moins, ça donne une bonne idée.

La Première Guerre mondiale est moins documentée que la Seconde, pour cause de pas de matériel pour prendre des photos ou faire des films. Oui, il y en a, mais un peu moins. Faut dire que ce fut aussi une guerre d’usure, une guerre de tranchées, justement. Ça ne bougeait pas beaucoup… Alors, que filmer? Pourtant, étrangement, j’ai pris davantage de photos de la Première Guerre que de la Seconde. Peut-être parce que je connais moins la Première?

Il y a des photos des soldats français et allemands qui fraternisent à Noël 1914… Pour eux, rien n’était plus important que de fêter Noël. Phoque la guerre, phoque les ennemis, c’est Noël. Pis le lendemain, ils ont recommencé à se tirer dessus. L’homme est très étrange, parfois. Ou, plutôt, les dirigeants de ces hommes.

Les soldats étaient habillés comme pour aller à la kermesse!  Quand le premier hiver est arrivé, ils se sont bien rendu compte qu’ils allaient geler. C’est un peu arrivé. Faut dire que certaines armées se véhiculaient encore à cheval alors que d’autres essayaient des voitures ou des tanks. Entre le début et la fin de la guerre, c’est fou tout ce qui a changé, côté armes, communications ou transports, par exemple. Mais la guerre s’est enlisée même si, en aout 1914, on croyait que ça serait une petite vite (assez raté merci), on a construit des tranchées, on a alimenté ces tranchées…

Parmi les batailles célèbres de la Première guerre, celles de Verdun ou de la Somme, bien documentées. Je me souviens d’une chanson de Michel Fugain dont je ne comprenais pas la portée des paroles, quand j’étais gamine: «C’est pas ma faute si j’ai pas fait Verdun, Bir-Hakeim, la traversée du Rhin…»




Des Français et des Allemands à Noël 1914

Des Français et des Allemands à Noël 1914

Disons que c'est un peu plus complexe que ça, mais ça peut aller comme explications!

Une carte des différentes tranchées et du no-man's-land entre les lignes françaises et allemandes

Les premiers masques anti-gaz

Des soldats dans une tranchée


La carte qui indique le nombre de cadavres dans la bataille de la Somme


Puis, l’entre-deux-guerres. Qui n’a pas été un moment très pacifique dans l’histoire du monde.

L’ensemble de la Seconde Guerre est bien expliqué: oui, on y traite de l’Europe, mais aussi beaucoup de la guerre en Asie. Faut se rappeler que le Royaume-Uni avait des colonies dans ce coin-là du monde (Hong Kong, ou ce qui deviendra l’Inde ou la Birmanie, par exemple).

Même si c’est l’invasion de la Pologne qui a déclenché officiellement la guerre, c’est quand la France a été vaincue, en juin 1940, que le Royaume-Uni s’est senti bien seul. La France, c’était une alliée. Heureusement, même si les États-Unis n’étaient pas en guerre (il faudra attendre décembre 1941, après l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais), ils envoyaient du matériel en masse en Angleterre. Ils envoyaient aussi des hommes qui voulaient se battre. La bataille de l’Angleterre, qui a eu lieu de juillet à octobre 1940, a aussi mis le moral des Britanniques à l’épreuve. Les Allemands savaient que pour gagner cette bataille, ils devaient vaincre la Royal Air Force (la RAF), ce qu’ils n’ont pas réussi à faire… (de justesse!)

Une peinture qui représente la signature de l'armistice de la Première Guerre mondiale

Un des grands rassemblements nazis



Une photo célèbre: Hitler à Paris, après la chute de la France

La carte de la bataille d'Angleterre. On voit que le sud a été plus attaqué que le nord: normal, c'était plus proche de l'Europe!

Différentes mines

Des bottes (?) en paille tressée pour les soldats allemands, pendant le siège de Stalingrad


Un semblant de cimetière pour les soldats soviétiques

L'uniforme japonais

Un bout du cuirassée Arizona, coulé pendant l'attaque de Pearl Harbor



 
Un missile V2

Les habitants des villes (surtout) devaient se barricader, mettre du noir dans les fenêtres pour ne pas laisser filtrer la lumière et aller se réfugier dans des abris dès les premières sirènes.
Les abris étaient très variés: de la cage en tôle pour ceux qui habitaient dans des appartements, à l’abri enterré dans la cour pour les plus fortunés (qui avaient une maison et une cour) aux couloirs du métro.
Beaucoup de femmes et d’enfants ont aussi été envoyés «à la campagne». Les différentes évacuations de masse sont des évènements marquants de la guerre.

Un Morrisson shelter

Un Anderson Shelter (semblable à celui que j'avais vu au musée du peuple de Glasgow)

La guerre s'est terminée en Europe par l'entrée des Soviétiques, puis des Américains et des Anglais dans Berlin. En Asie, les deux bombes atomiques ont permis aux Japonais de rendre les armes sans trop de honte.

Un char soviétique devant la porte de Brandebourg à Berlin, avec l'affiche de la rue Unter den Linden

La signature de la reddition de l'Allemagne

  


Après le bombardement de Hiroshima

 

J’aurais envie de critique en disant qu’il y a trop de choses à lire. J’ai passé six heures dans le musée et je n’ai évidemment pas tout lu. J’imagine que c’est la même affaire pour tous les visiteurs.

J’ai passé l’avant-dernière heure à l’avant-dernier étage, là où il y avait l’exposition sur l’Holocauste et là où il n’était pas permis de prendre des photos. D’ailleurs, à l’entrée, ça disait que c’était «interdit» aux enfants de moins de 16 ans, pour cause de photos et d’histoires sensibles. J’en ai vu, des expositions sur l’Holocauste et j’avoue que celle-là, c’était une bonne. Sur l’historique des pogroms, sur l’internement et l’extermination non seulement des juifs (les plus nombreux, quand même), mais aussi des Gitans, des opposants à l’idéologie nazie, des homosexuels. Ouf.

Les guerres ont changé des choses dans la vie du monde ordinaire. Au Royaume-Uni, l’instauration du National Health System (NHS) a permis aux Anglais de recevoir des soins gratuits à l’hôpital, après la guerre. Avant, il fallait payer pour tout. Dans le monde, la Société des Nations a laissé sa place à l’ONU… qui, en principe, possède plus de moyens que sa prédécesseure. Mouais.

Le Imperial War Museum que j’ai visité à Manchester était plus détaillé pour les autres guerres: la Guerre froide, la Guerre de Corée, les différents soulèvements à Prague ou à Budapest, la crise des missiles de Cuba, la Guerre du Vietnam… Le musée de Londres n’en parle pas. Ou très très peu, avec des objets historiques, comme le véhicule de la presse ou la carcasse d’une voiture qui a explosé à Bagdad.


À 17h, j’étais à l’entrée de l’exposition temporaire sur les troubles en Irlande du Nord. Vous connaissez la rengaine: eh misère qu’il y a des trous dans mes connaissances historiques. L’Irlande (du sud) qui est un pays indépendant, très majoritairement catholique; la province d’Irlande du nord, qui appartient au Royaume-Uni, majoritairement anglican. Si les provinces qui composent le sud se sont rapidement entendues pour former un pays indépendant, en 1921, les comtés du nord ont voté pour rester attachés au Royaume-Uni à qui ils ressemblaient davantage. Mais ils se sont tapé sur la gueule entre eux pendant 30 ans. Pour l’instant, l’accord signé un vendredi saint il y a 25 ans tient toujours… mais c’est encore fragile. L’Irlande du nord a voté contre le Brexit… et, dans les salons, on jase maintenant de réunifier l’Irlande du nord avec la République d’Irlande, parce que les deux nations sont sur la même ile. Bon, ne retenez pas votre souffle, ça ne va pas arriver demain.

Demain, je continue de (re)visiter Londres. J’espère que ça sera plus joyeux.

mercredi 28 juin 2023

De retour à Londres, comme prévu

Départ de Manchester ce matin, comme prévu. Le taxi (qui me coute une fortune) arrive à 11h, drette en face de chenous, pendant que je jasais avec la madame qui vient faire le ménage. À 11h30, je suis à la gare. Heureusement que j’ai de l’ouvrage parce que j’ai 1h30 à attendre. Je taponne dans mes photos…


Départ du train à 12h55, comme prévu. Pendant la première heure, on a fait 4 ou 5 arrêts. Pis après, dans la deuxième heure, drette à Londres, sans arrêter. C’est pas officiellement un TGV, mais il doit faire 200 km/h. On est loin du tchoutchou du Via Rail qui va à Québec (non, OK, je ne repars pas sur la même rengaine du pas-de-service ferroviaire pour les passagers au Québec… non, je me tais).

C'est pas vraiment ce qu'on appelle un siège près d'une fenêtre!

On arrive à Londres à 15h15, comme prévu. J’ai mes deux zesties de valises à charrier, mais chaque fois, je tombe sur un bon samaritain qui a pitié d’une tite vieille qui charrie deux valises (parlant de tite vieille, c’est arrivé souvent que je me suis fait offrir un chiège dans le métro ou l’autobus – ça a du bon d’avoir les cheveux poivre et sel!). Même si chus capade, y’a un type qui m’a descendu mes deux valises du wagon. Merci monsieur. Puis, de la gare d’Euston à la ligne de métro Victoria, il y a des ascenseur ou des escaliers mobiles. Ça va. Mais en arrivant au bout de ma ligne de métro, à Walthamstow Central, j’ai deux séries de 8 marches à monter. Faque je monte ma première valise. Je la laisse sur le palier. Je descends chercher la deuxième. Pis là, y’a un autre bon samaritain qui a eu pitié de moi et qui m’a offert de monter ma deuxième valise au 2e palier (j’étais rendue au niveau de la rue après). Merci monsieur. Et là, Natalie est là. Hier, elle m’avait offert de venir me chercher au métro après que je lui ai dit vouloir prendre un taxi: «Si c’est parce que vous avez trop de bagages, je peux vous aider et aller vous chercher au métro». C’est ce qui est arrivé. Ça m’a fait économiser 50 £. Quand même. Merci Natalie.

Je m’installe chez Natalie pour quatre jours, comme prévu. Je serai sa dernière visiteuse AirBnB. Après moi, elle va plutôt offrir la chambre à une étudiante. Je trouve ça gentil. La chambre est grande, mais il n’y a pas de pupitre (elle va devoir en acheter un pour l’étudiante!). Perso, je peux m’installer à la cuisine, mais je doute que l’étudiante fasse ses devoirs sur la table de la cuisine! Je passe un peu de temps à taponner dans mes livres sur Londres. Je me fais une liste de ce que j’ai envie de voir, après avoir discuté avec Natalie un peu.

Je décide de sortir pour aller souper, comme prévu. Natalie m’avait dit qu’il y avait une bonne pizzeria dans le «village». Chus vraiment un peu pas mal à boutte de la pizza, mais c’est pas trop cher. Alors, je récidive.

Trop drôle, quand même. Vraiment pas comme prévu. Comme Natalie est venue me chercher à la station de métro et qu’on a marché ensemble jusque chez elle, j’avais à peu près retenu par où on était passées. Ce qui fait qu’en revenant du Tesco-Express-post-pizza, je me suis enlignée sur la rue St.Mary, je tourne sur la 2e rue à gauche, je marche jusqu’au 10… et là, je me dis « Tiens, je n’avais pas remarqué qu’il y avait 4-5 marches pour sortir de la maison ». Ah ben. Je monte les 4-5 marches, je mets la clé dans la serrure. Niet. Il ne se passe rien. Je me dis que Natalie doit être revenue de sa sortie (elle a quitté vers 18h). Alors, je prends l’autre clé qui sert à ouvrir la porte. Re-Niet. La clé n’entre même pas dans la serrure. Bizarre. Je regarde le numéro au-dessus de la porte. C’est bien le 10. Je regarde l’adresse de mon AirBnB sur mon téléphone, c’est bien le 10. Coudon. Tout à coup… Est-ce que je suis sur la rue Folkestone? Les rues sont tellement mal indiquées que ça se peut ben que… Je retourne au coin de la rue pour voir le nom (sur le coin opposé). Ben non, je suis sur West Avenue! Folkestone, c’est la suivante! Je ris toute seule en me disant que j’ai essayé d’entrer chez des étrangers! S’il y avait quelqu’un à la cuisine, ils ont ben dû se demander quissé qui gossait de même dans les deux serrures. Rue Folkestone, je retrouve la maison au 10, sans les escaliers en avant, et les clés qui fitent dans tous les trous! Je me trouve encore drôle.


Vous voyez ben qu'y'a pas 4-5 marches pour monter jusqu'à la maison. Avec mes deux zesties de valises, je m'en serais rappelé!

Comme à Manchester, je suis en-dessous d’une ligne d’avion. À Manchester, je ne les voyais pas, mais je les entendais. Ici, je les vois. Ils vont atterrir à Heathrow. Je tchèque sur Flight Radar 24 pour savoir c’est quel avion, quelle compagne, il arrive d’où… Une vraie folle.

mardi 27 juin 2023

Derniers pas

Derniers pas, au hasard de Manchester. Parce que je quitte demain midi. Et je suis d’accord avec le type au bureau de tourisme: 10 jours, c’était beaucoup pour visiter la ville. Heureusement, je suis allée me perdre à Liverpool pendant trois jours. Mais ça m’a permis d’avancer mes livres de photos!

Je suis donc allée en ville en autobus. Puis, j’ai tourné à droite ou à gauche, au hasard de ce que je voyais. 










Je me suis ramassée en face de la gare centrale de Manchester que je ne connaissais pas (j’ai toujours transité par Piccadilly). En face de la gare, un petit podium qui rappelle les manifestations de 1919 qui ont eu lieu drette là, sur place. Et sur le podium, un rappel d’autres manifestations ailleurs dans le monde, entre autres Paris, en 1961; la place Tienanmen en 1989; Gdansk en 1979; Timisoara, en Roumanie, en 1959. J’ai trouvé l’idée intéressante et touchante.



J’ai continué à marcher et je me suis ramassée dans un boutte laitte. Il y a de l’eau à Manchester, la rivière Irwell, le fleuve Mersey (le même qui se déverse dans la mer d’Irlande à Liverpool) et des canaux qui rappellent l’ancien passé industriel de la ville. Ben le bord des canaux, c’est pas le yabe entretenu. Dommage, parce que ça pourrait être un beau coin.





Pis là, il s’est mis à mouiller, de quoi réjouir les habitants de Lebel-sur-Quevillon. C’est juste que je suis à Manchester. Faque y’a toujours ben des émittes à se faire mouiller pour visiter. Je suis rentrée dans un pub, je suis allée me chercher un cidre au comptoir, pis je me suis assise près de la fenêtre, à la fois pour regarder dehors et pour lire. Je n’ai pas compris ce que le type au comptoir m’a demandé (c’est l’histoire de mon séjour grande-bretanien)… et c’est quand j’ai eu l’immense verre de cidre devant moi que j’ai rétrospectivement compris qu’il m’avait demandé «A pint?» Ouan. Une pinte de cidre. Que j’ai bu. Parce qu’il était ben bon.


Pis, ben… j’ai fini par rentrer dans ma banlieue. J’y étais attendue pour 19h, parce que je donnais une entrevue à une journaliste du Devoir sur… les cartes postales. Pourquoi j’en écris? Depuis quand? Pourquoi est-ce important pour moi? Combien j’en envoie à chaque voyage? J’ai jasé ça pendant une bonne demi-heure. Ça devrait paraitre quelque part autour du 5 juillet.

Pis j’ai appris que les habitants de Manchester sont des… Mancuniens et des Mancuniennes. Non, mais, calvinisse.