dimanche 28 mai 2023

Je ne suis pas morte et je ne devrais pas mourir

La vie est remplie de petits défis!

Il m’a d’abord fallu acheter un billet pour l’autobus 77, celui qui va à l’aéroport de Glasgow. Pas que c’est compliqué dans l’absolu. Mais j’ai E-rien compris de ce que me demandait le chauffeur. Moi, je n’arrêtais pas de répéter «one way to the airport», mais lui, il n’arrêtait pas de me poser des questions. À voir ma face, il aurait dû voir que je ne comprenais rien pis qu’il fallait qu’il arrête de tout répéter! Y’en a qui ont coulé leur cours de communication, ça me semble évident. Faque je me suis retrouvée à avoir payé un billet aller-retour. J’ai fermé ma gueule parce que je ne vois pas comment j’aurais pu expliquer à ce chauffeur qu’il me devait £ 2.

Une heure plus tard, j’arrive à l’aéroport. C’est un peu long parce que j’ai pris la ronne de lait qui m’a permis de voir des quartiers de Glasgow que je ne connaissais pas. Si j’avais pris la 500, ça aurait pris 15 minutes, mais j’aurais exploré l’autoroute.

Assez gros, comme aéroport. Y’a même une liaison Toronto-Glasgow toute l’année par Air Transat. En hiver, c’est une ou deux fois par semaine, mais à partir de juin, c’est tous les jours. Sachez-le. Bon, ça va faire, le tourisme!

J'ai vu des sandwichs au poulet du couronnement... C'est que ça fait trois semaines! On ne s'étonnera pas qu'ils aient été en spécial!

À l’aéroport, je mets la main sur une Citroën C3. Au départ, je devais avoir une Fiat 500, mais le type chez Budget (il s’appelle John Queen, ça ne s’invente pas) m’a proposé une plus grosse, assurances incluses, pour 100 piasses de plus. Comme j’ai fait une tentative d’itinéraire hier et que je pense que je vais rouler pas mal (parce que je n’ai pas peur d’avaler les kilomètres), autant être confortable. C’est sûr que si je me promenais en ville, la Fiat 500 serait plus intéressante parce qu’elle est plus facile à stationner, mais je ne ferai pas vraiment de ville. Surtout des routes des Highlands… à croiser des moutons et des vaches.


Alors, puisque je viens de mettre la main (et la clé) sur mon char, autant en profiter pour apprivoiser tout ça. Comme je pars demain pour le nord, je décide d’aller dans le sud. Ouan, mettons un peu plus au sud. J’ai décidé d’aller à Ayr, sur le bord de l’eau.

Bon, bon, bon. C’est comment, conduire de l’autre côté? Ça va, j’ai envie de dire. Quand j’étais venue en Angleterre avec Yves (en 2003) puis en Irlande (en 2005), ce que j’avais trouvé de pire, ça avait été d’être du côté du passager (à gauche) et de ne pouvoir rien faire. Conduire, ça allait. C’est vraiment l’absence de volant à gauche qui était pire.

Que je vous raconte une anecdote. On avait croisé nos échangistes irlandais au-dessus de l’Atlantique, nous vers l’Europe, eux vers Montréal. Ils étaient venus de Kildare Town à Dublin avec leur voiture, l’avaient stationné à l’aéroport et avaient laissé les clés, les papiers, le tiquette pour sortir du stationnement et les clés de la maison dans une enveloppe au comptoir des bagages en consignes. Quelques heures plus tard, on débarque à Dublin, on va au comptoir et on récupère l’enveloppe. Tout va bien. On suit les indications que Anne et John ont laissé pour retrouver la voiture. Tout va bien : la voiture est là. On vérifie le numéro de la plaque, ça va, c’est elle. J’ai la clé dans la main et je suis médusée. Sur la porte, aucun trou pour mettre la clé pour déverrouiller les portes. Rien. Je retourne à l’arrière de la voiture avec le papier laissé par Anne et John : c’est pourtant le bon numéro de plaque, c’est la bonne voiture. Yves vient de mon côté pour constater la même chose : il n’y a pas de trou pour mettre la clé pour déverrouiller. « Y a-t-il une touche sur la clé pour débarrer? », qu’il me demande. On regarde la clé. Non, rien. On réussit à ouvrir le coffre pour y déposer nos valises. C’est vraiment le bon char. On est médusés tous les deux, à regarder la porte et à se dire qu’il y a sûrement quelque chose qu’on ne saisit pas… jusqu’à ce que, silencieusement, je contourne la voiture et je me rends du côté droit de la voiture… où il y a un trou pour mettre la clé et, dans l’auto, un volant pour conduire! On s’est trouvé à la fois drôles de ne pas y avoir pensé et un peu épais de ne pas y avoir pensé! Mettez ça sur le compte du décalage horaire!

J’ai donc réussi à quitter les abords de l’aéroport en écoutant le GPS de mon nouveau char. C’est la partie la plus facile parce qu’il y a plein de chars autour de moi et je fais l’innocente: je les suis. C’est quand je suis seule que ça se complique: il faut que je sois concentrée pour tourner du bon bord de la rue! En fait, ça m’est arrivé une seule fois de tourner du côté droit de la rue! Mais c’est parce qu’il n’y avait pas de voiture qui s’en venait en sens inverse… sinon j’aurais ben vu que je devais aller de l’autre côté du terre-plein! Mes réflexes de conductrice à gauche sont évidents quand je dois faire trois-quatre affaires en même temps: par exemple, je suis arrêtée à l’entrée d’un rond-point et ça se dégage pour que je m’engage. Là, il faut que je tourne dans le rond-point, que je change de vitesse (je me fous la main droite dans la porte!), que je clignote pour m’enligner dans la sortie dans la voie de gauche (je suis toujours en 2e vitesse parce que je ne gère pas encore ma main gauche)… Ça va venir, ne vous inquiétez pas! Et je sais qu’en revenant à Montréal, je vais me foutre la main gauche dans la porte pour changer les vitesses! Ça se prend vite, malgré tout, des habitudes!

 

Je suis quand même étonnée du peu de motos qu’il y a sur les routes. Je veux bien que la température s’y prête peu parce qu’il pleut souvent, mais avec les distances pas si grandes, il devrait y en avoir plus, je pense. En tout cas, en Italie et en France, c’est une plaie!

J’ai fini par arriver à Ayr. Bazwell que c’est beau. Je suis allée sur le bord de la mer. Ben, c’est pas vraiment la mer. C’est plutôt l’embouchure de la Clyde qui va se jeter dans l’Atlantique Nord. Faque dans le fond, c’est pas vraiment l’Atlantique, ce qui peut expliquer son pas trop frette. Parce que, vous me connaissez, je me suis sacré les pieds dans l’eau.



C’est beau, les enfants qui osent se baigner. Le papa et moi, on s’est regardé, un peu catastrophés. Honnêtement, ce n’était pas si froid que ça. J’aurais pas mis le reste du corps, mais mettons que j’ai encore mes pieds et qu’ils ne sont pas gelés!

J’ai profité de mon séjour à Ayr pour diner. J’aurais pris n’importe quoi… et ce n’importe quoi fut un mac’n’cheese! Ça faisait plus américain qu’écossais, mais je ne me plains pas parce que c’était ben bon.

En face de Ayr, l’Isle d’Arran. Je sais pas trop pourquoi, mais j’étais émue de voir ça. C’est que, dans ma tête, c’est loin, l’Isle d’Arran. Sur la plage, des chevaux. C’est beau, des chevaux. J’ai juste ça à dire.


Chouette! Les campeurs sont admis sur le stationnement, trois jours à la fois. Évidemment, il leur faut être autonome puisqu’il n’y a aucun service. J’avoue que je m’installerais ici, moi, pour trois jours.

Finalement, j’ai fait 96 miles en cette première journée de char. Parce que non seulement ils conduisent du mauvais bord, mais en plus, comme les Américains, ils calculent tout en milles. Faque mes 96 miles, ça fait 153 kilomètres. Une tite journée de rien, finalement. Mon GPS de char me parle évidemment en anglais, avec un accent… « In three hundred yârdze, take the second exit in the roundabout”. Parce que oui, il y a tout plein de ronds-points à prendre par la gauche. Et, en rentrant à Glasgow, j'ai demandé à mon GPS de char de m'amener chez moi... Je connais les rues autour de mon appartement, mais à pied. En char, je n'y serais jamais arrivée sans mon GPS de char.

Mais conduisent-ils vraiment du mauvais côté? Ben, ça dépend du point de vue. À l’époque de la chevalerie, ils auraient conduit du bon bord: les gens étant principalement des droitiers, il fallait avoir la main droite libre pour tenir l’épée qui allait attaquer l’ennemi qui venait par la droite. Sauf qu’en auto, mettons qu’on a moins de chance de manier l’épée. Faque si on suit cette logique, les Angliches ne conduisent pas du bon bord: parce que changer les vitesses et taponner la radio de la main gauche, ça va à l’encontre de la majorité des gens!

Alors, jolis défis en ce dimanche ensoleillé.

samedi 27 mai 2023

De l'ambiance en ville

Il y a party en ville. Même s’il a plu un peu en début d’après-midi, le soleil est sorti vers 15h30 et il fait presque chaud (ben, 18). Et en plus, l’équipe de football de Glasgow, le Celtic FC, vient d’être couronnée championne d’Écosse. Cette équipe-là (il y a une autre équipe de foot, les Rangers – ne pas confondre!) a été fondée en 1886 par des Irlandais expatriés. Alors, non seulement les fans de Glasgow les encouragent, mais la diaspora irlandaise itou. Ça explique le vert (et les drapeaux irlandais) qui boucanait le centre-ville après la victoire.

J’attends de faire un dernier tour d’autobus de touriste. Autant j’aime ça faire ça au début pour spotter des affaires à voir (ou à ne pas voir), autant j’aime ça faire ça proche de la fin quand je reste assez longtemps dans la même ville pour m’assurer que j’ai vu ce que je voulais voir, pis ça me permet aussi de porter un regard différent sur ce que dit la voix des commentaires parce que je connais un peu plus la place. Faque comme c’était le bordel en ville, j’ai reporté un peu mon tour d’autobus. Faque pendant ce temps d’attente, je suis allée lire et prendre un café, drette en face du George Square.

J’étais donc assise en train de lire quand un monsieur vient me voir et me demande, dans un français un peu cassé: «Est-ce que vous venez de Rimouski?» Euh… non, de Montréal. À voir ma face, il se sent le besoin de s’excuser et de me dire qu’il vient de Kingston, en Ontario. C’est que Rimouski et Kingston, c’est pas tellement voisin. Mais j’ai trouvé ça quioute, tout en me demandant d’où venait sa question. Rapport qu’il me parle de Rimouski?!? Il s’est installé à la table derrière moi, avec son épouse, et je les ai entendu discuter (en anglais) de ce qu’ils avaient vu dans l’après-midi pendant que je poursuis ma lecture. Mais je me demande vraiment pourquoi il m’a parlé de Rimouski… Je suis sur le bord de me retourner et de lui demander… quand je réalise que j’ai mon kangourou du Marathon d’écriture sur le dos et que, dans le dos justement, il y a les logos des cégeps hôtes du Marathon, dont celui de Rimouski! Le monsieur a un sacré sens de l’observation!

J’ai lu une bonne heure avant de faire mon tour d’autobus. C’est que je voulais finir le roman Le bout de la route de Monique Durand. J’ai acheté ce roman parce qu’il y était question de la route du Labrador et du bateau Bella-Desgagnés, celui qui approvisionne la Basse-Côte-Nord en été, celui-là même que j’avais pris de Kegaska à Blanc-Sablon lors de mon voyage à Terre-Neuve. J’ai comme envie de lui écrire, à la Monique Durand en question, parce que j’ai fait à peu près le même voyage qu’elle l’été d’avant, mais en sens contraire. Autant j’ai aimé les parties sur la route, sur ce qu’elle voit, où elle couche, les gens qu’elle rencontre, autant l’histoire intercalaire – des lettres qu’elle écrit à son amie Ourida qui est morte du cancer – m’a un peu ennuyé. Certaines lettres étaient intéressantes parce qu’elles parlaient de son voyage au Labrador, mais d’autres étaient trop poétiques pour fiter avec le récit. Disons que je les lisais plus vite… Mais j’ai fini par finir le roman avec l’envie de repartir en exploration. Ça tombe bien, je commence ça lundi!

Je suis donc repartie en autobus de touristes. J’ai revu tout plein de places que j’ai fréquenté ces dernières semaines. Je ne dirais pas que Glasgow n’a plus de secrets pour moi, mais mettons que j’ai pas pire arpenté la ville. Et mon appartement était fort confortable pour y travailler le soir venu.

Mon tour d’autobus m’a amené à OVO Hydro, l’espèce de salle de sport et de concert dans le West End. Il y avait du monde qui attendait déjà dehors. Parce que ce soir, comme hier soir, c’est l’inusable André Rieu et son norquestre qui viennent jouer pour les Glasvégiens et les Glasvégiennes. Et peut-être aussi du monde d’un peu plus loin. Misère. Je pensais pas qu’il sévissait encore, lui.

J’ai vu la peinture murale que je voulais voir (et que je ne savais pas où elle était): l’homme et l’oiseau. Je la trouvais belle sur les photos que j’avais vu, mais de la voir en vrai, c’était encore plus beau!


J’ai aussi revu – et réussi à prendre en photo – la statue de Charles Mackintosh. Il est présenté assis sur une chaise qu’il a créé.

 

J’ai commencé à me rapailler. J’ai toujours mes deux valises à trainer (mais je serai en char), et un sac de bouffe. Je dois paqueter stratégiquement pour ne pas à avoir à ouvrir une des deux valises pendant les deux prochaines semaines.

vendredi 26 mai 2023

Journée ordinaire

Ça fait plusieurs nuits que je dors comme un bébé: je me réveille aux deux heures. L’âge, simmonac. Alors, ce matin, quand j’ai constaté que je dormais, je me suis laissé aller. Ben, c’est-à-dire que je me suis réveillée à 8h30 et j’ai décidé de ne pas me lever. Je me suis rendormie et je me suis reréveillée à 10h30. Ben corrèque.

J’avais des plans pour la matinée (genre aller déjeuner au resto), mais j’ai passé outre. J’ai mangé mon vieux stock chez moi. Conclusion? J’étais encore chez moi quand a commencé la réunion du comité de rédaction de Pédagogie collégiale, à 14h (9h, heure montréalaise). Je voulais plutôt aller y faire un coucou en fin de réunion (vers 16h30, en revenant à la maison), mais dans les circonstances, j’y suis allée dès le début. Ça m’a fait du bien de revoir mes collègues que je n’avais pas vu depuis un bon boutte.

Je suis donc sortie en après-midi pour aller prendre le thé. Ça en devient presque une habitude. Non, croyez-moi, au prix que ça coute, je n’en ferai vraiment pas une habitude!

Parce que, mine de rien, 12 pounds, c'est toujours ben 22 piasses. Tout ça pour une tassée de thé, un scone, un tiplat de confiture et un autre tiplat de clotted cream.

Encore une fois, un salon de thé pensé par Catherine Cranston, une madame pleine de fric et qui ne savait pas trop quoi en faire. Faque comme elle avait de l’argent, elle a demandé à Charles Mackintosh de lui faire des meubles, puis la déco, puis, tant qu’à y être, refaites donc tout le bâtiment. À l’époque (au début du 20e siècle), ça devait être magnifique. Il reste quelques objets dans le salon de thé.

La porte originale du salon de thé du début du siècle

Vue de l'intérieur du salon de thé

Ça fait chic, la tasse...

Le kit de 22 piasses. Remarquez la cloche pour appeler le serveur! Il y en a une sur chaque table.

La jardinière à fleurs, c'est l'originale qui date de 1903.

Le musée...

... et le salon de thé, juste à côté

Y’avait de la tite musique classique dans le resto. Je trouvais que ça fitait définitivement mieux avec le décorum du thé que le rock.

jeudi 25 mai 2023

Une journée à sortir de chez moi pour m'organiser

Il me reste trois jours à passer à Glasgow, sur les trois semaines prévues. C’est fou, quand même, comme le temps passe. Alors, il faut que j’organise ça, ces trois jours-là.

J’essaie de vider mon fridge. J’avais fait une épicerie pour passer six mois, je pense. On dirait que, quand je rentre dans une épicerie, je deviens folle. J’ai envie de tout acheter, de tout essayer. Mais là, comme il ne me reste que trois jours, je dois manger mon vieux gagné et mon vieux acheté.

Je pense que la poule a eu de la misère à en sortir un!

Comme il faut que j’organise mes valises, j’ai fait une boite à envoyer par la poste… mais ça ne va pas marcher. Parce que ça ne se fait pas, envoyer de l’alcool par la poste. Du moins, par la poste britannique. Faque je suis revenue chez moi avec ma boite pas envoyée. Ça va aller dans les valises, ces belles bouteilles-là.

Je moisis. Entre les orteils. Heureusement, j’ai un podiatre à distance! J’avais apporté ma tite quecrème à mettre sur mes pieds, mais je suis quand même ressortie de chez moi pour aller en chercher à la pharmacie écossaise.

Je le sais, c'est dégueulasse.

C’est de la petite organisation de pacotille, ça. Maintenant, on passe aux choses sérieuses. Non seulement faut-il que j’organise les trois derniers jours, mais il faut aussi que je pense à ce que je ferai dans mon tour d’Écosse. C’est un peu ce que je disais mon ordinateur ce matin!

Ça va, mes dodos sont réservés, mais je ferai quoi quand je ne dormirai pas? J’ai commencé à regarder mon guide vert sur l’Écosse et là, je me suis dit qu’il fallait que je mette la main sur une carte routière plus détaillée que celle que j’ai (qui est pour la Grande-Bretagne au complet). Alors, oui, je suis ressortie de chez moi pour la troisième fois aujourd’hui et je suis allée à la librairie à côté de chez moi. Oh merde. Une chance que ça ne me tente pas de lire en anglais parce que j’aurais tout acheté.


Plusieurs étages de librairie... (c'est tellement dangereux!)
 
Y'a deux cafés-restaurants dans la librairie...

Je suis donc revenue à la maison pour continuer mon organisation. Après avoir placé deutwa trucs, j’ai mis ça sur mon calendrier pis là, je me suis dit que ça serait une bonne chose que je l’imprime, question d’y voir plus clair. Faque je suis ressortie une quatrième fois pour aller à la papeterie pour faire imprimer… et acheter des piles AA parce que ma pile de souris est morte ce matin.

Là, je suis organisée… jusqu’à demain.

mercredi 24 mai 2023

Michael Jackson, ça fite pas avec les scones

Sortie en autobus (la 23) pour aller au Centre des sciences de Glasgow. Pas que je tripe science, vous le savez, mais je tripe film IMAX.

Je suis donc allée voir les deux films IMAX au programme pour la journée: la Terre vue de l’espace et Les derniers glaciers (avec une pensée pour le projet de recherche de mon ami David).

Le film sur la Terre vue de la station spatiale internationale était en 3D. Pas que je tripe 3D, mais c’était vraiment chouette. J'ai capoté de voir les images de la terre vue d'en haut. J'avais déjà vu un film qui ressemblait à ça et j'avais été émue. Les astronautes se sont aussi filmés lors d'une sortie extravéhiculaire. JAMAIS. Autant je pourrais accepter d'aller passer une journée ou deux sans la SSI, autant JAMAIS je ne sortirais dehors. Même attachée avec des chaines. Comme la SSI fait le tour de la terre, on voit des images de partout: les océans, les forêts, les déserts. Ça a quelque chose d'hypnotisant. J’ai essayé de faire quelques photos du film, en mettant les lunettes devant ma caméra pis ça sort pas pire. On sent presque le 3D...

Dans la station spatiale internationale

Dans la station spatiale

Une vue de l'arrimage du vaisseau ravitailleur

Le vaisseau ravitailleur a apporté des fruits que le Japonais a sorti du sac et qui se sont mis à se promener dans l'apesanteur.

C'est l'Italie! À l'envers: la botte est en haut de l'écran!

On voit le lac Érié et le lac Ontario (des taches noires), avec Toronto (la première lumière à gauche), puis Ottawa (la tite lumière), puis Montréal (l'autre lumière à sa droite).

Une image fascinante: la Corée du Sud, tout illuminée et, à sa gauche, la Corée du Nord, dans le noir avec une toute petite lumière au milieu pour Pyong Yang, la capitale. La différence dans le développement des deux pays est fascinante.

Bon. Ça fait chier. Mais c'est tellement beau, les aurores boréales.

Encore des aurores boréales.


La fin du mois de mai, c’est aussi les sorties scolaires. Eh bazwell. Pendant le premier film, il y avait des classes des premières années du primaire, joliment habillées en différents uniformes, selon les écoles. Pis ça se tenait les fesses serrées, ces petits-là, j’en étais franchement étonnée. C’était drôle, quand même, de les voir lever les bras pour essayer de pogner des bouts de station spatiale qui dépassaient de l’écran pour cause de 3D!

Pis pour le deuxième film, encore des classes mais des plus vieux. Je suis même allée demander à deux profs l’âge des élèves: ils avaient 13 ans et étaient en première année de high school. Ça se tenait tranquille euzautres aussi. J’étais contente que ça soit un peu calme, mais en même temps, je m’inquiétais de ce calme… parce que des classes du primaire et du début du secondaire, ça doit pouvoir bouger et parler, il me semble. Pis quand les films se sont terminés, ils ont applaudi. J’ai trouvé ça tellement quioute! Leurs profs aussi: elles ont poussé quelques gloussements bien sentis.

Là encore, j’ai fait quelques photos. Je pensais à David et à ses étudiants qui étaient allés prendre des mesures sur la fonte des glaciers au Pérou, ce qu’on a vu dans le film. Parce que le film a été fait par des fous furieux qui escaladaient des montagnes à la recherche de glaciers. Ils sont allés dans les Alpes, dans l’Himalaya et… au Pérou. Et pour pouvoir faire des images de glaciers qui se fissurent, ils montent à pied pendant la nuit (parce que la glace et la neige sont plus solides), puis, au matin, ils font du parapente et filment en bas. Ils ne veulent pas filmer avec un hélicoptère parce que la violence des pales use les glaciers. Sont malades, je vous dis.




Je me suis demandé si tous les jeunes écoliers étaient calmes comme les ceuzes que j’ai fréquenté dans le cinéma… mais la visite du reste du Centre des sciences m’a montré tout à fait le contraire! Il y avait plein de jeunes qui couraient partout, qui essayaient toutes les machines et les patentes, qui criaient. Bon, des jeunes énervés qui sortent de l’école et qui ont l’air vivant. J’étais presque contente… mais c’était épuisant. Je vous l’ai déjà dit que j’aurais été une très mauvaise prof de primaire? Ben je vous le dis.

Faque dans le reste du Centre, j’ai plus regardé ce qui se passait que j’ai participé à l’avancement des sciences. En fait, c’est un centre, pas un musée. Oui, il y avait des trucs à lire (notamment sur les différents types d’énergie ou sur le corps), mais il y a surtout des trucs à essayer, à taponner, ce que les jeunes font avec beaucoup de plaisir, je pense. Faque je suis d’accord qu’il faut les sortir de leur école, ces jeunes-là.


Il y avait des simulateurs de pilotage d'avion.

Non, ça, c'est pas scientifique... c'est plutôt une craque écossaise.

En rentrant en ville, toujours par l’autobus 23, je suis allée chez Primark (un genre de magasin à rayons où c’est comme pas cher – un genre de Walmart?) pour m’acheter des bobettes.

Pis après, j’ai décidé de faire ma fraiche un peu: je suis allée prendre le thé chez Mackintosh. L’architecte glasvégien (j’en reviens toujours pas) est partout, notamment un salon de thé qui s’est meublé dans le genre Mackintosh. C’était un prétexte pour le thé, le scone, la confiture et la clotted cream. Parce que j’aime ça, le scone, la confiture et la clotted cream. J’aime moins le thé, paredzempe. Parce que je trouve ça trop fort. Faque je fais comme les Zanglais pis je mets un nuage de lait dans ma tasse.

La salle était magnifique, avec des meubles (les chaises notamment) Mackintosh. Mais, chose étrange, y’avait du rock à la radio (ben, comme musique). Life is a highway (Tom Cochrane), Dancing Queen (ABBA)… et Billy Jean (Michael Jackson). Je trouvais que ça jurait tellement avec l’ambiance de la place. J’aurais mis, à la limite, un peu de classiquette, voire du new age ou de la musique instrumentale, mais pas du rock (même si j’aime ça, dans l’absolu).



J’ai fini ma journée… au salon de coiffure. En 10 minutes, Julie (la queffeuse) m’a tondu ça au clipper, à 2 en arrière pis à 4 sur le dessus. Oh que ça fait du bien. La prochaine fois, ce sera à Montréal…

Ce soir, il fait soleil (le soleil se couche tard en Nécosse, quelque part vers 22h) alors j’ai fait une brassée de nouvelles bobettes et de ticheurte plein de petits cheveux. C’est con, je pourrais aussi laver quand il pleut, mais on dirait que j’aime plus ça quand il fait soleil…