jeudi 30 mars 2023

Observations italiennes

Quelques observations italiennes, après trois semaines passées dans le nord du pays. Un genre de synthèse…

LE TÉLÉPHONE
La surabondance du téléphone. Tout le monde ne regarde que son écran. Dans le métro, dans l’autobus, au resto, sur la terrasse, au café, en marchant. Il est vrai que je ne fréquente pas ben ben le centre-ville de Montréal, mais bazwell que tout le monde a les yeux rivés sur le téléphone.  Et tout le monde parle. Parfois, ils parlent tout seul (avec un bidule dans l’oreille), parfois avec le téléphone à l’oreille, surtout avec le téléphone dans les mains (mais pas à l’oreille). Le plus étrange: une musulmane qui avait son téléphone à l’oreille… et qui tenait à l’intérieur du foulard. C’est le seul intérêt du foulard…

LES ADOS
Une ado italienne, c’est comme une ado québécoise. J’étais dans une boutique pour acheter un cossin, et la jeune flanmoue, assise derrière la caisse, taponnait sur son téléphone. J’ai le cossin dans les mains, je manifeste mon intérêt pour payer, la jeune me regarde d’un air désabusé et retourne à son téléphone. Ça prend une trentaine de secondes (ce n’est pas si long… mais j’ai regardé l’ado pendant tout ce temps, mon air signifiant il-va-tu-se-passer-quetchose?) et sa mère sort du backstore pour venir vers moi. Au ton que la mère avait, je pense qu’elle a engueulé sa fille de ne pas lui avoir dit qu’une signora attendait à la caisse. À l’air que la fille avait, je pense qu’elle a l’habitude de se faire engueuler par sa mère.

LES SOUYERS
Oh l’envie d’acheter des souliers italiens. Mais je me retiens… et c’est facile. À 350 euros, ça fait toujours ben 500 piasses de souyers. Oùssé et avec quoi voulez-vous que porte ça, moi, ces souyers-là? Je vais toujours ben pas porter ça pour aller enseigner au cégep?! Heureusement, à ce prix-là, il y a un pied gauche et un pied droit.

LE TAPON
L’attente. À part à l’épicerie où les Italiens attendent à peu près en ligne, le reste du temps ils attendent en tapon. Et quand vient le temps d’entrer quelque part (dans le métro ou l’autobus, par exemple), ils entrent en tapon. Même s’il y a une indication qui suggère de laisser sortir les gens du wagon avant de s’y engouffrer.

LA GALANTERIE
À l’épicerie, une madame (d’une cinquantaine d’années) a échappé tout son petit change par terre. Devant moi, un jeune homme (la trentaine) n’a pas eu le choix de l’aider: la madame avait des fauzongues qui l’empêchaient de ramasser ses pièces d’argent par terre. J’ai aussi aidé…
Le papa galant. On est tassé dans le métro. À côté de moi, une tite famille de quatre. On arrive à notre arrêt. La maman et l’enfant plus jeune sortent du wagon. La fillette d’une dizaine d’années veut sortir, mais elle tient la main de son père. Alors, même si le père veut être galant et me laisser passer, ça ne marche pas: la fillette m’empêche de sortir puisque je suis entre elle et son père, dont elle tient la main. T’sais, quand on veut être galant, faut que ça se fasse.
Je me demande, quand même, si la galanterie est pas encore un peu un relent de machisme.

LE KLAXON
Bazwell que les Zitaliens klaxonnent. Y’ont la gachette facile. Dès que le feu passe au vert, si le premier en ligne n’a pas décampé, c’est clair qu’il se fait klaxonner. J’ai même assisté à un concert de klaxons alors que la première auto ne pouvait pas avancer: le conducteur laissait passer une vieille italienne avec un vieux foulard noué sur la tête qui finissait de traverser. Ça klaxonnait, m’sieudame, oui.

LE PNEU
En revenant du Lac Majeur, dans un rond-point, j’ai eu une tite peur. Il y avait un gros camion de livraison qui s’est engagé dans le rond-point devant moi quand, tout à coup… bang! Un genre de bruit qui ressemble à un coup de fusil. Et le camion qui se met à boucaner d’en dessous. En fait, c’est un pneu qui a éclaté. Éclaté, je vous dis. Paf! Bang! De même. Bon, on peut penser que le pneu devait être usé un peu, d’autant plus que le camion n’allait évidemment pas vite pour que ça éclate. Alors, évidemment, je n’ai pas pu avancer puisque le camion bloquait le rond-point: le chauffeur est sorti pour aller tchéquer la gaffe, en jasant au téléphone avec quelqu’un. Qu’est-ce que vous pensez qui s’est passé derrière moi? C’est ça: ça s’est mis à klaxonner!

LE TIBONHOMME VERT
Il y a des bandes blanches par terre pour les traverses de piétons. C’est généralement respecté… même si, avant de me garrocher dans la rue, je prends le temps de zyeuter les chars qui s’en viennent.
Aux carrefours achalandés, il y a des feux de circulation avec des tibonhommes rouge, jaune ou vert, selon ce que vous pouvez faire, comme piéton. C’est sûr que si le tibonhomme est rouge, on attend. Mais pensez-vous que les Zitaliens continussent à attendre quand le trafic est passé et que le tibonhomme est encore rouge? Pas pantoute. Je me sens plus comme chez nous… En Finlande, tout le monde continuait à attendre. En Nitalie, ça va faire, on traverse.

BILLY
Chez IKEA, la Billy italienne est à 59,95 euros, donc 88,95$.  À Reykjavik, c’était 8950 couronnes, l’équivalent de de 89,11$. Pis à Boucherville, la Billy est à 103$. Mieux vaut l’acheter en Italie.



LE CAFÉ
Il se boit du café ici, c’est épeurant. Déjà que je trouvais qu’en Finlande et en Nestonie, c’était la folie… Ici, ça frôle l’indécence. Mais il est bon, le café… même si je ne prends que du capuccino. Et si on fait comme les Zitaliens, on boit le café drette debout en avant du comptoir. C’est pas une activité relaxante, prendre un café. C’est un moste.

LE COUVERT
Très souvent, dans les restos, ça coute de l’argent yinque de s’assoir sur une chaise et avoir envie de taponner la fourchette. Frais de couvert, donc. Ça varie, selon la snobitude du resto, entre 2 et 5 euros. Parfois, y’a du pain et de l’eau qui vient avec le couvert. Mais moi qui ne mange pas de pain et qui ne boit pas d’eau, je trouve ça un peu cher pour avoir droit à une fourchette.

LE DERNIER SOUPER
Dernier soir à Milan. Vous comprenez, à la synthèse que je fais, que je n’ai pas fait grand-chose aujourd’hui. Faut dire que j’ai enseigné jusqu’à 3h la nuit dernière. Alors, ce matin, je me sentais vache. J’ai plutôt taponné dans mes photos (je commence à en avoir une trâlée), je me suis ramassée (mine de rien, ça fait trois semaines que j’habite le même appartement), j’ai fait un peu de ménage… En soirée, j’ai quand même décidé d’aller manger un osso bucco en ville. Oh que c’était bon, ça. Avec le verre de vin qui vient avec, évidemment.

Quand je cherchais un resto milanais pour manger un osso bucco sur Gougueule, j'ai vu une question posée par quelqu'un: «Comment on dit osso bucco en italien?» (ça m'a rappelé Richard qui a demandé «Comment on dit ça, Bed and Breakfast en anglais?»)

Ça va faire. Cap sur Florence.

3 commentaires:

  1. Encore une fois du plaisir à te lire...merci Nicole G.

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  2. Oh alors pour avoir passé 1 mois près de Miami, Dois-je conclure que les américains de la Floride sont de descendance italienne ?? Ils klaxonnent sans arrêt... dès que la lumière rouge commence à pâlir !! Et ils changent de voies sans cesse ne serait-ce que pour gagner 1/1000 de seconde : Dangereux... Donc conduire en Floride c'est un bon entrainement pour l'Italie ?

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    1. Pas tant... parce que les routes floridiennes sont super larges! Les tites rues italiennes laissent pas beaucoup d'espace pour manoeuvrer!

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