Quelques observations italiennes, après trois semaines passées dans le nord du pays. Un genre de synthèse…
LE TÉLÉPHONE
La surabondance du téléphone. Tout le monde ne regarde que
son écran. Dans le métro, dans l’autobus, au resto, sur la terrasse, au café,
en marchant. Il est vrai que je ne fréquente pas ben ben le centre-ville de Montréal,
mais bazwell que tout le monde a les yeux rivés sur le téléphone. Et tout le monde parle. Parfois, ils parlent
tout seul (avec un bidule dans l’oreille), parfois avec le téléphone à l’oreille, surtout avec le téléphone dans les mains (mais pas à l’oreille). Le plus
étrange: une musulmane qui avait son téléphone à l’oreille… et qui tenait
à l’intérieur du foulard. C’est le seul intérêt du foulard…
LES ADOS
Une ado italienne, c’est comme une ado québécoise. J’étais
dans une boutique pour acheter un cossin, et la jeune flanmoue, assise derrière
la caisse, taponnait sur son téléphone. J’ai le cossin dans les mains, je
manifeste mon intérêt pour payer, la jeune me regarde d’un air désabusé et retourne
à son téléphone. Ça prend une trentaine de secondes (ce n’est pas si long… mais
j’ai regardé l’ado pendant tout ce temps, mon air signifiant il-va-tu-se-passer-quetchose?) et sa mère sort du backstore
pour venir vers moi. Au ton que la mère avait, je pense qu’elle a engueulé sa
fille de ne pas lui avoir dit qu’une signora attendait à la caisse. À l’air que
la fille avait, je pense qu’elle a l’habitude de se faire engueuler par sa mère.
LES SOUYERS
Oh l’envie d’acheter des souliers italiens. Mais je me
retiens… et c’est facile. À 350 euros, ça fait toujours ben 500 piasses de
souyers. Oùssé et avec quoi voulez-vous que porte ça, moi, ces souyers-là? Je
vais toujours ben pas porter ça pour aller enseigner au cégep?! Heureusement, à
ce prix-là, il y a un pied gauche et un pied droit.
LE TAPON
L’attente. À part à l’épicerie où les Italiens attendent à
peu près en ligne, le reste du temps ils attendent en tapon. Et quand vient le
temps d’entrer quelque part (dans le métro ou l’autobus, par exemple), ils
entrent en tapon. Même s’il y a une indication qui suggère de laisser sortir
les gens du wagon avant de s’y engouffrer.
LA GALANTERIE
À l’épicerie, une madame (d’une cinquantaine d’années) a
échappé tout son petit change par terre. Devant moi, un jeune homme (la trentaine)
n’a pas eu le choix de l’aider: la madame avait des fauzongues qui l’empêchaient
de ramasser ses pièces d’argent par terre. J’ai aussi aidé…
Le papa galant. On est tassé dans le métro. À côté de moi,
une tite famille de quatre. On arrive à notre arrêt. La maman et l’enfant plus
jeune sortent du wagon. La fillette d’une dizaine d’années veut sortir, mais
elle tient la main de son père. Alors, même si le père veut être galant et me
laisser passer, ça ne marche pas: la fillette m’empêche de sortir puisque je
suis entre elle et son père, dont elle tient la main. T’sais, quand on veut
être galant, faut que ça se fasse.
Je me demande, quand même, si la galanterie est pas encore
un peu un relent de machisme.
LE KLAXON
Bazwell que les Zitaliens klaxonnent. Y’ont la gachette
facile. Dès que le feu passe au vert, si le premier en ligne n’a pas décampé, c’est
clair qu’il se fait klaxonner. J’ai même assisté à un concert de klaxons alors
que la première auto ne pouvait pas avancer: le conducteur laissait
passer une vieille italienne avec un vieux foulard noué sur la tête qui
finissait de traverser. Ça klaxonnait, m’sieudame, oui.
LE PNEU
En revenant du Lac Majeur, dans un rond-point, j’ai eu une
tite peur. Il y avait un gros camion de livraison qui s’est engagé dans le
rond-point devant moi quand, tout à coup… bang! Un genre de bruit qui ressemble
à un coup de fusil. Et le camion qui se met à boucaner d’en dessous. En fait, c’est
un pneu qui a éclaté. Éclaté, je vous dis. Paf! Bang! De même. Bon, on peut
penser que le pneu devait être usé un peu, d’autant plus que le camion n’allait
évidemment pas vite pour que ça éclate. Alors, évidemment, je n’ai pas pu avancer puisque le
camion bloquait le rond-point: le chauffeur est sorti pour aller tchéquer
la gaffe, en jasant au téléphone avec quelqu’un. Qu’est-ce que vous pensez qui
s’est passé derrière moi? C’est ça: ça s’est mis à klaxonner!
LE TIBONHOMME VERT
Il y a des bandes blanches par terre pour les traverses de piétons.
C’est généralement respecté… même si, avant de me garrocher dans la rue, je
prends le temps de zyeuter les chars qui s’en viennent.
Aux carrefours achalandés, il y a des feux de circulation
avec des tibonhommes rouge, jaune ou vert, selon ce que vous pouvez faire,
comme piéton. C’est sûr que si le tibonhomme est rouge, on attend. Mais
pensez-vous que les Zitaliens continussent à attendre quand le trafic est passé
et que le tibonhomme est encore rouge? Pas pantoute. Je me sens plus comme chez
nous… En Finlande, tout le monde continuait à attendre. En Nitalie, ça va
faire, on traverse.
BILLY
Chez IKEA, la Billy italienne est à 59,95 euros, donc
88,95$. À Reykjavik, c’était 8950
couronnes, l’équivalent de de 89,11$. Pis à Boucherville, la Billy est à 103$.
Mieux vaut l’acheter en Italie.
LE CAFÉ
Il se boit du café ici, c’est épeurant. Déjà que je trouvais qu’en Finlande et en Nestonie, c’était la folie… Ici, ça frôle l’indécence. Mais il est bon, le café… même si je ne prends que du capuccino. Et si on fait comme les Zitaliens, on boit le café drette debout en avant du comptoir. C’est pas une activité relaxante, prendre un café. C’est un moste.
LE COUVERT
Très souvent, dans les restos, ça coute de l’argent yinque
de s’assoir sur une chaise et avoir envie de taponner la fourchette. Frais de
couvert, donc. Ça varie, selon la snobitude du resto, entre 2 et 5 euros.
Parfois, y’a du pain et de l’eau qui vient avec le couvert. Mais moi qui ne mange
pas de pain et qui ne boit pas d’eau, je trouve ça un peu cher pour avoir droit
à une fourchette.
LE DERNIER SOUPER
Dernier soir à Milan. Vous comprenez, à la synthèse que je
fais, que je n’ai pas fait grand-chose aujourd’hui. Faut dire que j’ai enseigné
jusqu’à 3h la nuit dernière. Alors, ce matin, je me sentais vache. J’ai plutôt
taponné dans mes photos (je commence à en avoir une trâlée), je me suis ramassée
(mine de rien, ça fait trois semaines que j’habite le même appartement), j’ai fait
un peu de ménage… En soirée, j’ai quand même décidé d’aller manger un osso
bucco en ville. Oh que c’était bon, ça. Avec le verre de vin qui vient avec,
évidemment.
Ça va faire. Cap sur Florence.
Encore une fois du plaisir à te lire...merci Nicole G.
RépondreSupprimerOh alors pour avoir passé 1 mois près de Miami, Dois-je conclure que les américains de la Floride sont de descendance italienne ?? Ils klaxonnent sans arrêt... dès que la lumière rouge commence à pâlir !! Et ils changent de voies sans cesse ne serait-ce que pour gagner 1/1000 de seconde : Dangereux... Donc conduire en Floride c'est un bon entrainement pour l'Italie ?
RépondreSupprimerPas tant... parce que les routes floridiennes sont super larges! Les tites rues italiennes laissent pas beaucoup d'espace pour manoeuvrer!
Supprimer