C’est dans le musée de Liverpool qu’on apprend plein d’affaires sur la ville de Liverpool. Quel hasard…
C’est un immense musée sur le bord de l’eau. Et, en ce samedi ensoleillé, y’avait pas mal de monde. Y’avait même une fanfare militaire qui jouait une toune de rock! C’était vraiment étrange d’entendre The Final Countdown du groupe Europe à la fanfare! J’aurais compris si le groupe avait été anglais, mais non… c’est des Suédois.
Je sais pas pour vous, mais j’étais vraiment sous l’impression que Liverpool était une ville industrielle, sale, pauvre… Le problème, c’est qu’elle traine cette impression alors qu’elle a fait tout plein d’efforts pour que ça se passe autrement. Parce qu’il est vrai qu’au début des années 1990, ça n’allait pas très bien à Liverpool: les industries étaient fermées (beaucoup d’emplois ont été délocalisés en Asie, une histoire connue), le taux de chômage était élevé et la ville a souffert des tensions entre ses habitants: on croyait que les immigrants, venus nombreux quand les industries en avaient besoin, volaient des jobs (autre histoire connue). Le quartier chinois de Liverpool, par exemple, est le plus grand de Grande-Bretagne. Alors, tensions entre les habitants de la place. Heureusement, la ville a mis ses culottes pour changer le visage de la ville: destruction des hangars et des habitations mal famées le long du fleuve, construction de musées, de trottoirs de randonnée, réaménagement des berges… (tiens, ça me fait penser à Bordeaux, ça!) Si bien qu’aujourd’hui, Liverpool attire les touristes. Et les berges de la Mersey ont été mises sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (Liverpool Waterfront) en 2004. Ça valait la peine!
Dans le musée, il y avait une section que j’ai trouvé drôle: le parler des Liverpuldiens. Parce qu’ils ont non seulement un accent à couper au couteau (ou à avaler une patate chaude, c’est selon), mais en plus, ils ont des expressions que personne d’autres n’utilise. Oui, ils s’appellent eux-mêmes des scouses (le même nom que le ragout typique de la ville!), ils appellent tout le monde mate ou kid ou sa variante kidda (oui, je me suis fait donner du kid à quelques reprises!), mais ils mettent aussi des like partout (comme mes étudiants mettent des genre partout). Une chance que les propos des scouses étaient écrits dans le bas de l’écran… mais même avec ça, j’avais de la misère à suivre. Pas surprenant que je n’aie rien compris des explications reçues, ici et là (rappelez-vous mon grognage de jeudi sur l’accent et la vitesse d’élocution du guide, dans l’autobus à touristes).Une petite section sur la musique de Liverpool (il ne faudrait pas doubler le musée de la Musique – il faut en donner juste assez pour donner le gout d’aller au musée, qui n’est pas très loin, d’ailleurs).
Il y avait aussi une immense maquette de la Cathédrale que les cathos voulaient faire construire à Liverpool. Une patente totalement indécente, si vous voulez mon avis (et même si nous ne le vouliez pas, je vous l’ai donné quand même). Pour cause de Seconde Guerre mondiale, les autorités ecclésiastiques n’ont pas réussi à recueillir tout l’argent nécessaire pour la faire construire. C’est pourtant pas parce qu’ils avaient ménagé les activités de collecte de fonds : elles vendaient même des cigarettes pour financer l’église! En voyant l’affiche, j’ai éclaté de rire. La dame à côté de moi m’a demandé pourquoi… et on s’est mises à jaser : elle était née à Liverpool qu’elle a quitté à 10 ans et habite maintenant à Barrie, en Ontario. Sa sœur, qui habite à Winnipeg, a récolté tout plein de carrés de courte-pointes qu’elle a cousu ensemble pour faire cette courte-pointe d’exilés de Liverpool. Plusieurs sont au Canada ou en Australie, et quelques-uns sont aux États-Unis. J’ai trouvé ça quioute. Faque, conclusion, ladite cathédrale n’a jamais vu le jour… et ils ont plutôt fait la laide cathédrale que j’ai visité hier!
| Voyez en haut, à gauche, la vente de cigarettes pour financer l'église (remarquez qu'on a un peu fait ça avec le stade olympique à Montréal!) |
Une grande section sur le sport. Le football, notamment. Je suis restée de très longues minutes à regarder un petit film sur le football liverpuldien (je ne me tanne pas!!! 😉) Le film a raconté les succès du Liverpool FC, le drame du stade du Heysel (en Belgique) en 1985 où 39 supporteurs ont perdu la vie dans une bousculade (je me souvenais de l’évènement). C’était un match entre la Juventus de Turin et le Liverpool FC. Rebelotte quatre ans plus tard, au stade de Sheffield où 97 personnes meurent piétinées et étouffées, au moment d’un match entre Liverpool FC et Nottingham Forrest FC. Ça joue dur, les supporteurs.
En 2005, Liverpool FC était en finale européenne contre l’AC Milan qui menait 3-0 à la mi-temps. Trois buts, au football, c’est quasiment un miracle. C’est un peu comme si on en comptait 12 ou 15 dans un match de hockey. Pis là, au retour de la pause, les joueurs du Liverpool FC se sont mis en marche. Ils ont remonté ça à 3-3, et ils ont gagné le match en tirs de pénalité, à la toute fin. Ce match est intitulé « Le miracle d’Istamboul », parce que le match se déroulait, vous l’aurez compris, en Turquie. Le Liverpool FC est le club le plus titré en championnats européens.
Une autre section a présenté les visages de Liverpool au cinéma. Parce qu’après Londres, Liverpool est la ville où il se tourne le plus de films. Pis de tous les films énoncés, j’en n’avais pas vu un. Faque je peux pas vous les nommer… ou vous dire que c’est donc ben vrai qu’on voit Liverpool au cinéma!
J’ai appris que Liverpool avait déjà eu une espèce de train surélevé sur le bord de l’eau. Il a été détruit pendant la guerre… et n’a pas été reconstruit. Ça a aidé à faire le ménage, quand les autorités ont décidé de revaloriser le bord du fleuve.
Le liver (un oiseau) est l’emblème de la ville, mais le Superlambanana est l’animal aimé des habitants. Il est un croisement d’un agneau et d’une banane! C’est un Japonais qui a fait la première sculpture, toute jaune, et les habitants l’ont aimé. Si bien qu’aujourd’hui, il y a tout plein de Superlambanana dans la ville et on peut en acheter en souvenir de son passage à Liverpool! Et non, je n’en ai pas acheté. Je n’ai plus de place dans mes valises… et, comme dirait l’autre, en as-tu vraiment besoin? Remarquez que j’aurais pu me créer un besoin… Je ne suis vraiment pas à un besoin près.
| À l'entrée du musée, ce Superlambanana aux couleurs de l'Ukraine |
| ...et cet autre, décoré comme un soldat: il a des médailles sur le chest et des coquelicots sur le corps! |
Dans la vie quotidienne des Liverpuldiens et des Liverpuldiennes, la santé, l’école, les transports, l’armée, la vie pendant la Première et la Seconde Guerres mondiales.
Dans la section sur l’école, il y avait ce tableau avec des mots aimantés qu’on pouvait déplacer pour former des phrases. Quelqu’un avait fait cette phrase que j’ai trouvé immensément touchante 😊.
Faque moi, j’ai fait ça 😉:
Fascinant musée. Je me suis demandé, d’ailleurs, s’il y avait quelque chose du genre à Montréal. La vie ordinaire du monde ordinaire.
En marchant vers la gare, je me suis arrêté à l’église St-Luke. Du moins, ce qu’il en reste. L’église a été bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale et, miraculeusement, alors que le toit s’est effondré, les murs sont restés debout. Après la guerre, les autorités avaient décidé de reconstruire… mais ont laissé faire, en se disant que les murs seraient les témoins des horreurs vécues par les Liverpuldiens et les Liverpuldiennes. Alors, aujourd’hui, ben, on visite des murs d’église. Et ce qui est magnifique, c’est que l’église sert encore à des mariages! Il s’en préparait un, d’ailleurs, quand j’y suis passée.
Dans le tour d’autobus, dans les affaires que j’ai compris, le type expliquait que, pendant la pandémie, les règles étaient de ne pas se réunir dans les maisons (on a eu ça, nouzautres aussi). Alors, les gens se donnaient rendez-vous « dans » l’église, sachant qu’ils étaient dehors. Depuis, il y a un bar à l’église…
Et sur le terrain de l’église, une magnifique statue d’un soldat allemand et d’un soldat anglais qui se donnent la main, pour Noël, quelque part pendant la Première Guerre mondiale. Avec tout plein de coquelicots à côté d’eux. J’ai trouvé ça beau.
Et puis là, en cette fin de samedi de la Saint-Jean, je suis de retour dans la plate Manchester.
Ils sont jolis les superlambananas. Ça fait changement des vaches à Toronto
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