mardi 13 juin 2023

Tout m'intéresse...

Encore une journée éparpillée qui a commencé de façon un peu pénible: une nuit de marde (un peu d’insomnie et de chaleurs, dues à mon grantâge) et un réveil obligatoire avec la tablette qui me joue son air innocent de bord de mer.

Première balade: une ronne de tramway jusqu’au bateau Britannia, le dernier paquebot utilisé par les monarques anglais (maintenant, ils se déplacent en avion!). Le dernier bout du tramway pour s’y rendre a été inauguré… la semaine passée! Étrange, quand même: l’entrée pour le bateau est dans un centre commercial plutôt désert…

Le Britannia est le 83e bateau royal depuis que Charles II a décidé d’en avoir un, en 1660. Comme il a commencé sa vie de bateau royal en 1954, c’est la reine Elizabeth qui l’a baptisé et elle a été la seule monarque à l’utiliser, étant donné qu’il a été décommissionné en 1997. Dans les faits d’armes du bateau (mouais…), il est venu inaugurer la voie maritime du Saint-Laurent, en 1959.

Depuis qu’il n’est plus bateau royal, il est installé à Édimbourg (dans le port de Leith, en fait). Une entreprise sans but lucratif voit à l’entretenir, vu son apport historique (ils sont d’ailleurs en train de peinturer la coque). Faut se rappeler que Philip, le mari d’Elizabeth, était le duc d’Édimbourg, ceci expliquant peut-être cela.

Tout est dans le bateau: cuisines, chambres, hôpital (la reine voyageait avec son chirurgien personnel… qui ne l’a jamais opéré!), dentiste, fanfare (les musiciens-marins doivent jouer tous les hymnes nationaux du monde sans faire une seule fausse note). Il fallait aussi embarquer la Jeep et la Rolls Royce qui allaient servir, une fois débarqués ailleurs. La voiture était déposée sur une plateforme et levée dans les airs avant d’être redéposée sur le pont du bateau, comme les marins ont fait avec Azarius quand je suis allée sur la Basse Côte-Nord. Un moment donné, les pays visités ont commencé à fournir les voitures, ce qui fait que la Rolls restait en Angleterre.

Évidemment, comme le bateau a arrêté d’être un lieu royal en 1997, la déco… euh… ben, ça fait très 1960. La reine disait, avec une certaine fierté, qu’elle ne voulait pas que la déco soit ostentatoire. Je veux bien… mais c’est pas obligé d’être laitte.

J’ai été étonnée de voir que la reine et le prince consort couchaient… dans des lits simples. L’horreur. Qu’ils ne couchent pas dans la même chambre, ça me va. Mais dans un lit simple??? C’est comme rien, la reine, elle ne devait pas bouger dans son sommeil. En fait, il y a un seul lit double dans tout le bateau, à la demande de Charles, qui est venu y passer sa nuit de noces avec Diana!

La chambre de la reine Elizabeth
La chambre du prince Philip
La chambre au lit double...
Quand le bateau était en royal duty, il était toujours accompagné de croiseurs de la marine britannique et de plein de monde qui travaillaient à toutes sortes d’affaires: la bouffe, le ménage, la musique, le lavage… Tout était tellement programmé, c’est hallucinant. Les marins, par exemple, devait récurer le pont en bois tous les matins, avant 8h, et en silence. Mais ils ne portaient pas leur chapeau, parce que ça enlevait à la reine (ou aux autres royaux) l’obligation de les saluer parce qu’ils n’avaient pas leur uniforme complet. Et les marins devaient toujours être habillés de blanc propre. Certaines journées, ils pouvaient se changer jusqu’à 12 fois!!! Vous comprenez pourquoi une salle de lavage – qui fonctionnait 24h/24h – était nécessaire dans le bateau (lavage, chessage et repassage). La poste arrivait tous les jours, que ce soit par bateau ou par avion. La cuisine partait avec plein d’affaires anglaises à manger, mais se ravitaillait en fruits et légumes dans les pays visités.

Quand la reine recevait, ça prenait 3 heures pour placer les couverts sur cette table. C’est que les serviteurs placent les ustensiles avec une règle! C’est pire que les règles de l’IB pour les 2 mètres entre chaque pupitre pour les examens, ça! J’avais vu une photo d’un type, une règle et les couteaux pis je me disais que ça n’avait pas d’allure. Ben oui. C’est ça que le très intéressant audioguide a raconté.

Il y a des salles pour la royauté, évidemment, mais aussi pour le petit personnel. Et le très petit personnel. Faut savoir son rang. Les ceuzes qui ont une chambre sont pas les mêmes que les ceuzes qui couchent à six dans un dortoir.

On voit aussi la salle des machines immaculée. Parce que les mécaniciens nettoyaient avec un soin maladif toutes les parties des moteurs. Ils ont l’air de ne pas avoir servi… Et pourtant! Ils ont des millions de milles nautiques dans le corps.

Tout au long de la visite, on a placé des chiens Corgi comme ceux que la reine avait. Pis à la fin, dans le gift shop, on peut évidemment acheter un Corgi!

Ça vous tente de visiter? Pas de problème. Venez à Édimbourg et achetez-vous un tiquette. Ça prend à peu près 2h30 faire le tour, avec l’audioguide. Fort agréable. Vous voulez fêter de quoi? Allez-y itou. Vous pouvez réserver le bateau pour des réceptions. J’ai pas demandé le prix, mais ça doit pas être gratisse.

Je suis revenue en ville par le tramway fraichement inauguré. J’avais un rendez-vous, à 14h… à la Edinburg Distillery. Ouan. Font du gin, ces comiques-là. Le gin que j’aime. Faque à mon grand désarroi, je m’étais plogué une visite. Sympathique après-midi de bouésson avec un jeune couple écossais et un vieil Allemand.

J’ai aussi fait un tour d’autobus pour aller chez Sainsbury’s. Je me cherche un chandail brun, du même modèle que le vert que j’ai déjà acheté. J’ai découvert une partie de la ville… pour rien. Mais en voyant cette salopette, je suis partie à rire. Je portais ça à 14 ans.

 
Demain, encore du transport.

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