J’emprunte ici le titre d’un film de Philippe Falardeau… sans l’avoir vu. Parce qu’aujourd’hui, j’ai visité la moitié gauche de la vieille ville de Riga. Et comme il fait en encore frette (et il neige), ça fait frigo un peu. Je me disais, un moment donné, que c’est quand même une bonne idée qu’il fasse froid. Parce que quelques degrés de plus et toute cette jolie neige (il neigeotte plus qu’il neige réellement) serait tombée en pluie crissement désagréable.
Alors, au hasard de mes pas dans la moitié gauche…
Les baraques. Une suite de petites maisons construites aux 18e et 19e siècles et rénovées par la ville pour leur intérêt historique et architectural. C’était franchement joli. Sur le mur (au bout de la rangée de baraques), les blasons de toutes les provinces lettonnes.
Un « restant » de barricade de 1991. Quand la population en a eu assez des Soviétiques et a protégé les édifices gouvernementaux de l’arrivée des chars. Les Lettons ont érigé des barricades autour du parlement. Une fois l’indépendance recouvrée, un petit bout de la barricade est restée là, en souvenir.
| Les députés siègent dans le bâtiment rouge |
Les maisons «des trois frères» qui datent de… 1646. À cette époque, la ville de Montréal avait… 4 ans. Ce sont les plus vieux bâtiments d’habitation de la vieille ville.
Dans les guides touristiques, ils appellent ça «la maison au chat». Franchement. Ça vaut pas une entrée dans un guide, ça. Ça m’a pris un temps fou à trouver le chat, sur le toit. Faire un détour pour voir ça? Heureusement, c’est à quelques pas de chez moi…
Musée de la guerre
Bien fait, gratuit et, disons-le, un peu déprimant en ce dimanche. Rapport que quand les hommes ont la mauvaise idée de se taper sur la gueule, ça donne des affaires infiniment plates.
J’ai passé outre le premier étage. Disons que l’armée lettone d’avant le 18e siècle, ça m’intéressait bien peu.
J’ai commencé ma visite au 2e étage: la Première
Guerre mondiale. Puis, la Guerre d’Indépendance (1918-1920). Puis la relative
mise en place du pays, jusqu’en 1940. Là, la Seconde Guerre mondiale (et l’occupation
allemande, puis soviétique). Il y aura un ghetto à Riga et, de sinistre mémoire, deux rafles contre les Juifs, les 2 novembre et 8 décembre 1941. Vingt-cinq mille Juifs vont être exterminés dans une forêt, pas loin de Riga. À la fin de la guerre, c'est 65 000 Juifs lettons et 20 000 d'autres nationalités qui vont avoir été tués. Ici comme ailleurs, des habitants ont caché des Juifs et, après la guerre, 35 d'entre eux ont reçu le titre de «Justes».
Le 8 mai 1945, c’est la paix… mais pour les Lettons, ce sera une autre guerre, plus larvée celle-là: le combat contre l’occupant soviétique.
Le retour à l’indépendance, en 1990. Finalement, les missions de paix auxquelles la Lettonie a participé, aux côtés d’autres contrées: le Kosovo, la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine, l’Irak, l’Afghanistan. Et, le dernier étage, consacré à la guerre en Ukraine. Misère. Sur les murs, des photos prises l’été dernier de certains combattants ukrainiens. Pour mettre un visage ordinaire sur cette guerre.
C’est ici que j’ai (presque) fini ma journée: une fabrique de chocolat.
Oh vous dire le chocolat chaud, à faire soi-même en faisant fondre le chocolat dans le lait chaud. Y’a de ces jouissances, comme ça.
Demain, je sors des deux moitiés. Mais il restera toujours le frigo.
Ô Riga! Frigo de l'Histoire...
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