Je suis encore sortie de ma vieille ville, en ce mercredi où, en après-midi, on a eu droit à un peu de soleil. Avec la neige, c’était magique. Une journée d’hiver parfaite.
J’ai pris le tramway no 1 (il y a 4 lignes) jusqu’au parc Kadriorg. C’est là que trône le château de Kadriorg (de la reine Catherine). Ma foi, fort joli.
À l’intérieur, un musée des Beaux-arts. Surtout des peintures des 17e et 18e siècles. De quoi de quioute. Plusieurs tableaux flamands et de l’est de l’Europe. Un genre de musée comme je les aime: pas trop achalandé, pas trop de salles, pas trop de peintures. Je ressors de ce genre de musée encore de bonne humeur. Quand c’est trop plein, je n’ai pas de fonne: il y a des limites à ce que je suis capable d’apprécier dans une seule visite.
J’ai quand même tripé sur les chaufferettes. Je trouvais ça tellement beau, là, dans le coin. Je pense que j’aurais besoin de ça dans mon appartement estonien!
Pendant ma visite, j’ai jasé avec un couple de Français. Il accompagnait sa fille en compétition d’escrime à Tallinn. Comme moi, les Français ont découvert la ville, avec l’intention d’y revenir. Comme moi, ils se sont surpris à ne pas avoir mis l’Estonie sur leur liste de voyage avant.
Pis, t’sais, quand la maison de poupée dans la chambre de l’enfant est une réplique du château…
J’ai aussi fait ma quioute. J’ai diné au château. C’est de mon rang, quand même. Je suis quand même étonnée du peu de manger chauffé… Quelque part cette semaine, j’ai demandé une quiche dans un café. Quiche frette. Ce midi, j’ai commandé une tarte épinards et féta. Frette. Une chance qu’il y avait le café pour me réchauffer!
Pas loin dudit château, je suis allée voir le musée d’Histoire de l’Estonie. Oh que j’ai aimé ça. Encore une fois un peu trop de lecture, mais c’était tellement intéressant pour comprendre l’histoire récente du pays. J’essaie de vous faire ça simple: avant 1917, l’Estonie était une «province» de l’empire de Russie, mais avec des désirs d’indépendance depuis la fin du 19e siècle. Quand la Russie a fait la révolution (en 1917), l’Estonie en a profité pour déclarer son indépendance, le 24 février 1918 (vendredi sera donc jour férié en Estonie!). Le petit pays balte essaie, dans les années suivantes, de se faire une vie. Puis, la Seconde Guerre mondiale va tout bouleverser: le pacte Ribbentrop-Molotov (de non-agression entre l’Allemagne et l’URSS) va voler en éclat au début de la guerre quand les Soviétiques vont envahir l’Estonie. Puis, les Allemands vont repousser les Soviétiques dans leurs terres en envahissant, à leur tour, la petite Estonie. En 1944, quand les Soviétiques vont réussir à repousser les Allemands à leur tour, ils vont s’installer en Estonie, implanter le communisme et faire du petit pays un des territoires de l’URSS. Ainsi va la vie que les Estoniens ne voulaient pas… Plusieurs seront déportés. L’Estonie va rester communiste et soviétique jusqu’en 1991, au moment de l’éclatement de l’URSS. Elle était le pays le plus «développé» de l’URSS (on a souvent dit que son niveau de vie ressemblait beaucoup à celui de l’Ouest). Depuis, elle a pris son destin en main, mettons. L’Estonie serait le pays le plus développé, numériquement parlant. La carte d’identité numérique est instaurée en 2004, le vote électronique existe depuis 2007 et le pays décerne des cartes de E-résidence pour les travailleurs et les étudiants, ce qui veut dire que toute la planète pourrait être un E-résident d’Estonie, tout en habitant dans un autre pays. Toute l’administration est «sans papier» et toutes les demandes se font par le Web. Les écoles sont équipées d’ordinateurs et du Web depuis 1997. Disons qu’ils ont pu se revirer de bord, euzautres, quand la pandémie est arrivée. Et puis, vous le saviez, vous, que Skype était une compagnie estonienne? Ouan. Mais je pense qu’ils ont un peu manqué leur chote quand la pandémie est arrivée, au profit de zoom et de Teams. Eh. Il y a aussi une compagnie qui a patenté des robots pour faire de la livraison autonome. C’est hilarant, cette patente-là. Ça, c’est un exemplaire au musée, mais j’en ai vu une sur le trottoir, vendredi, en arrivant. Ça se promène tout seul et ça fait de la livraison d’épicerie, par exemple. Et ça ne fascine que les touristes.
En soirée, en rentrant, j’ai vu le parlement estonien éclairé aux couleurs de l’Ukraine. Compte tenu de leur histoire, je pense que les Estoniens comprennent, plus que ben du monde.
Le château de Kadriorg, résidence d'été de la grande Catherine de Russie, est vraiment superbe. Le 24 février semble être une date spéciale dans l'histoire russe: en 1918 l'indépendance de l'Estonie et en 2022 la guerre en Ukraine. Comme tu dis, il y a un lien solide entre les estoniens et les ukrainiens. LIBERTÉ!
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