Totalement. Je suis totalement flabeurgastée. Je savais bien peu de
choses de la République de Saint-Marin (San Marino, dans la langue locale), si
ce n’est qu’il y a un Grand prix automobile de Formule 1, mais qu’il se tient à
Imola, une centaine de kilomètres à l’ouest, parce que la principauté est trop petite
pour avoir une piste digne de ce nom (en fait, c'est plus compliqué que ça parce que la politique s'en est mêlé!)
Pourquoi je voulais aller voir Saint-Marin? Aucune idée. En
fait, je voulais juste pouvoir cocher un autre pays sur ma liste des pays visités
dans mon auguste vie.
La route pour se rendre est épique. Parce qu’encore une
fois, il faut que je traverse les Apennins, la chaine de montagnes qui va du
nord au sud de l’Italie. Disons que je ne m’attendais pas à ce que l’Italie soit
si montagneuse (mais il y a tellement de choses que je ne connaissais pas de l’Italie…)
Faque une fois les montagnes traversées, j’approche de Saint-Marin.
Mon GPS de char m’amène «dans» la montagne de Saint-Marin, comme le vrai monde. Pas en bas, avec le peuple qui doit prendre un titrain ou le téléphérique pour monter. Non, non. Avec le vrai monde, en haut. Je suis flabeurgastée par ce que je vois. Eh que je ne m’attendais pas à ça. En fait, je m’attendais à rien.
Saint-Marin, c’est une trentaine de kilomètres carrés, entourés d’Italie partout (l’Émilie-Romagne au nord et les Marches au sud). Où il y a comme huit villages (ils appellent ça, pompeusement, des châtellenies). La constitution de la place date du 16e siècle. Je suis certaine qu’ils sont tous pour l’avortement et le mariage gay, les gens qui gèrent la principauté. Moi, je pense plutôt qu’ils blanchissent un peu d’argent, tiens.
J’ai été étonnée aussi du nombre de magasins de timbres. Il semble que la philatélie est un passe-temps important ici. Tellement que ça compte pour 10% du PIB du pays! Sont fous, les Sanmarinéens. C’est quand même le tourisme qui est le plus important comme apport d’argent, si bien que les Sanmarinois ne payent à peu près pas d’impôts. C’est ça, une principauté. Pensons à Monaco ou à Andorre, en Europe. Pis comme ils sont entourés d’Italie, l’Italien est la langue officielle, mais compte tenu de l’importance du tourisme, les Sanmarinoques parlent aussi l’anglais, l’allemand ou le français. Pis c’est sur ce piton rocheux que l’écrivain Umberto Eco a fondé la faculté des sciences cognitives de l’université.
J’ai erré. J’ai marché. C’est dur sur le mollet, San Marino.
Parce que la châtellenie de Saint-Marin, la capitale, est en haut. Les autres,
les pauvres, sont en bas. Pis toute la partie du haut est classée au patrimoine
mondial de l’UNESCO. C'est plein d’œuvres d'art là, là. Je vous le dis, je suis flabeurgastée.
Je m’attendais yinque à passer à travers en char, mais j’y suis restée tout l’après-midi.
Je voulais finir ma journée à Ravenne, mais devant tout le temps passé à Saint-Marin, j’ai dû passer outre. Mais hors de question que je ne prenne pas une heure pour aller me mettre les pieds dans la mer Adriatique.
Eh bazwell que c’était frette. Mes pieds ont survécu, mais je n’avais aucune envie de mettre le reste du corps dans la mer.
Petit souvenir supplémentaire: je suis rentrée à Florence par la S67 (voyez ma logique: la S64, la S65 et maintenant, la S67…). Encore une fois, une route qui vire et qui dévire, sur laquelle je ne peux pas aller plus qu’à 35 km/h, alors que la limite est de 70 km/h. Mais le plus tripant, c’est que, quelque part en redescendant la montagne, j’ai entendu des loups hurler!
Belle découverte ce micro-pays. Ça valait la peine de grimper les montagnes.
RépondreSupprimerToujours aussi drôle et agréable à lire...Bonne continuité Nicole G
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