mardi 4 avril 2023

Je voulais...

Je voulais vous parler de la dégustation de fromage parmesan et de jambon que j’ai fait ce midi. Oh que c’était bon, ça, mes amis. D’abord, de la crème de parmesan dans le tipot. Sur un pain crouté, c’est divin. Vraiment. Je pense que j’aimerais mieux ça avec un ciabatta, ou avec un pain avec une grosse croute, ou tranché dans l’autre sens. Mais bon, je ne me plaindrai pas. Du parmesan 12 mois (miam). Du parmesan 24 mois (avec des ti-morceaux secs et durs dedans, à cause de son âge…). Du jambon de parme 24 mois. De la tite confiture. Divin, je vous dis. Évidemment, je n’ai pas pris de dessert.



Je voulais vous parler de ma tite marche dans Parme (Parma, pour les Zitaliens). Jolie ville en son centre. C’est sûr qu’une vieille ville au soleil, à 15 degrés, c’est toujours beau. Faque je me suis promenée au hasard. J’avais un peu plus d’une heure pour arpenter, ce que j’ai fait.





Je voulais vous parler du camp de concentration de Fossoli. Vous connaissez? C’est ça que je me disais. La vie fait parfois étrangement les choses. J’ai lu un roman (L’angoisse du poisson rouge) dans mes premiers jours de voyage. Et l’histoire se passe, entre autres, en Italie. Y’a un des personnages qui doit revenir dans sa famille, à Carpi pour assister aux funérailles de son grand-père (alors qu’il habite à Montréal). On apprend, dans l’histoire familiale, que le grand-père avait fait la guerre et avait été interné au camp de Fossoli, notamment avec Primo Lévi (oui, oui, c’est vrai, l’écrivain a vraiment été interné dans ce camp). Le camp était, au milieu de la guerre, un camp de transit, d’où partaient les prisonniers pour Auschwitz ou Buchenwald, par exemple. Alors, en fouillant un peu, j’ai vu que le camp existait toujours, mais qu’il était dans un état de délabrement… et que la commune de Carpi (qui en est propriétaire) était en train de le reniper, à cause de son importance dans l’histoire. Il y aura, à terme, un musée de la Déportation. Étrangement, le camp n’est ouvert que le dimanche… alors j’y suis quand même allée, toujours bien yinque pour voir. Faque c’est ça: je n’ai que vu les bâtiments délabrés.



Fait cocasse: en face du camp, il y a une garderie. Je me disais qu’on pourrait peut-être sauver le monde si les enfants apprennent la vie.

Mais finalement, j’ai décidé de vous parler de la S65. L’autre route de montagne qui va (et qui vient) de Bologne à Florence. Hier, je suis montée vers Bologne avec la S64, et aujourd’hui, j’en suis revenu avec la S65.

Non, mais rapport que le monde vont se crisser dans le haut d’une montagne pis ils s’installent là! Ils font quoi dans la vie, ce monde-là? Tout est loin. Pis y’a pas vraiment d’agriculture à faire là.

Un moment donné, j’ai croisé une vieille FIAT carré qui datait d’un autre âge. Au volant, une religieuse, avec la capine pis toute. Pis là, j’ai vu sur le côté de la route, une affiche qui indiquait un couvent. Faque c’est ça qu’ils font, le monde: ils s’exilent pour mieux souffrir et gagner leur ciel. Mais en même temps… ils sont si près du ciel. Parce que les paysages, c’était beau en tipépère, merci. C’est 100 km de routes en lacets qui montent dans les montagnes des Apennins (près de 1000 mètres d’altitude). Pis une fois qu’on est monté, on reste là. Je veux dire que la route est sur le dessus de la montagne. Faque y’a des grandes vallées à droite pis à gauche de la tite route étroite. Il y a les villages où on peut arrêter, mais c’est généralement des petits villages (un tas de petits villages), mais quand c’est beau et que ça arrache la gueule, ben c’est sur la tite route qui croise, qui vire et qui dévire. Faque pas moyen d’arrêter prendre une photo qui a de l’allure. Si bien que mes photos ont été généralement prises à travers le parebrise du char! Avec le soleil couchant, ce fut absolument magnifique.




Le village de Loiano. Là, j'ai pu arrêter pour prendre ma photo!

Un peu à côté de la photo précédente!

Mine de rien, ça a pris deux heures faire 80 km. Ça vous dit la vitesse à laquelle j’étais capable d’aller. Régulièrement (quand je le pouvais!), je me tassais pour laisser passer les Zitaliens qui connaissaient la route. Parce que, malgré les lacets, la limite était souvent à 70… moi qui avais de la misère à aller à 40.

 💓💓💓

Je voudrais avoir une pensée pour Jean-Maxime, un ancien étudiant, décédé hier d’un cancer. Un gentil garçon, généreux, drôle, sympathique. La petite trentaine. C’est comme pas juste. Alors, je continue à croire qu’il faut vivre. Parce qu’on ne sait jamais.

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