Encore de la température de pas sortable, en ce mercredi islandais. Alors, je suis allée visiter Perlan, le musée un tantinet scientifique et naturel de Reykjavik. C’est vraiment une chouette place, avec un restaurant tournant au dernier étage. Où j’ai mangé un fish’n’chips. Qu’on me rappelle que j’en ai mangé un en Nislande pour que l’envie ne revienne pas.
L’Islande est devenue une ile il y a 6 millions d’années. Avant ça, elle était reliée à l’Europe et au Groenland. Un moment donné, avec le mouvement des plaques tectoniques de l’Europe et de l’Amérique du Nord, ben, elle a fini par être une ile. J’ai toujours une tite pensée pour les créationnistes de ce monde quand je visite ce genre d’exposition-là.
Parce que rapport qu’il y a des failles dans ce pays étrange peuplé d’elfes. Faque ça génère des tremblements de terre et des volcans (pensée émue pour les Turcs et les Syriens qui composent avec des mouvements de mère Nature). Il y a des liens entre les volcans et l’eau bouillante qui sort de cette terre étrange (et dans laquelle je me suis fait tremper avant-hier, si vous me suivez).
La plupart des sources d’eau bouillante sont autour de 150 degrés. La plus chaude est à 300. C’est clair que c’est pas la chaleur d’un bain, ça. Celle-là sert à créer de l’électricité alors que les plus froides (tout est relatif…) servent à chauffer les maisons, les piscines, les serres. Je vous rappelle que l’Islande est le plus grand producteur de bananes de l’Europe (pour le compte de multinationales, eh). Oui, oui. Depuis 1940, m’sieudame.
Je suis allée marcher dans le glacier que le musée a construit dans le sol. Il fait frette là, autour de -15. C’était à peu près une centaine de mètres. Mais quand on a marché dans les entrailles d’un vrai glacier,(http://julieestailleurs-islande2016.blogspot.com/2016/07/de-glace-et-de-feu.html ), ce glacier construit est un peu moins intéressant. Mais j’ai aimé me rappeler toutes sortes d’affaires de dedans un glacier. Mettons que ça ne fait pas partie de mes sujets de conversation habituels.
Les 400 glaciers d’Islande disparaissent, sans l’ombre d’un doute. Il y a plus de cinquante ans, les gens mesuraient la fonte des glaciers. Au début, avec des moyens artisanaux: des poteaux plantés ici et là par des bénévoles qui habitaient à côté des glaciers. Ils croyaient, d’une année à l’autre, que les glaciers perdaient de leur ampleur. Puis, des scientifiques, des vrais, ont pris la relève. J’ai eu, évidemment, une pensée pour mes étudiants de Technologie du génie physique qui s’activent à créer une patente pour mesurer la fonte des glaciers. Sont mieux de se dépêcher!
J’ai aussi assisté à un magnifique film sur… les aurores boréales. Bon, mettons que je ne venais pas ici pour les voir sur un écran en dôme d’un planétarium! Je voulais les voir en vrai! C’était vraiment beau. Mais j’ai été étonnée de savoir qu’il y a des aurores (pas boréales pantoute) sur d’autres planètes. Mais au fond, pourquoi suis-je étonnée? Je n’avais pas de raison de savoir ça, moi.
J’ai toujours une pensée intriguée pour le tremblement de terre de 1784. Parce que les fumées et les cendres se sont rendues jusqu’en Europe, notamment en France. Avec les effets que la cendre déposée sur la terre a fait sécher les cultures pendant quelques années… et a mené, par la bande, à la Révolution française, les Français crevant de faim et ne pouvant plus cultiver la terre. Ils ont mis ça un peu sur le dos du Roi, qui n’y était évidemment pour rien. Mais ça y’apprendra à être un roi.
L’éruption de 1973, à Heimaey est aussi intéressante. Ben, peut-être qu’intéressante est pas le bon mot… L’ile est juste au sud de l’Islande pis, un soir, un volcan a décidé de se manifester. La plupart des 5000 habitants de l’ile ont été rescapés sur la terre, mais ceux qui sont restés ont combattu l’avancée de la lave avec l’eau frette de l’océan autour. Avec le résultat que la lave a arrêté de progresser (notamment dans le milieu d’une rue) et que l’ile, une fois toute la patente arrêtée, s’est agrandie de 2 kilomètres. Ouan.
Et encore, quand on a marché «dans» un tunnel de lave, ça relativise toutes sortes d'affaires. Parce qu'elle était frette et figée là (http://julieestailleurs-islande2016.blogspot.com/2016/06/on-na-rien-vu.html) .
Et ce soir, concept, je regarde un reportage de la BBC à la tivi de ma chambre d’hôtel de Reykjavik sur l’éruption du Eyjafjallajökull de 2010. Avec un titre un peu alarmant : Ash cloud. The week the world stopped. Rien de moins. The world, toi. Bon, mettons que le world, c’était plutôt le nord de l’Europe. J’ai l’air de rire, mais c’était un maudit bon documentaire. Ça couté des millions et des millions d’euros, de couronnes et de livres, selon les pays. Et tous les journalistes du monde ont eu de la misère à prononcer le mot du « volcan islandais ». Alors, après moi, répétez : Eya. Fjatla. Yo. Kouteule.
On se plaindra pas trop alors ici avec quelques cm de neige !
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