C’est connu: la partie de l’Histoire du monde que je préfère, c’est le vingtième siècle. Alors, disons que ma visite en Estonie me sert bien. Parce que le petit pays sur la mer Baltique a passablement souffert pendant ce dernier siècle. Heureusement, depuis 1991, ça se passe mieux…
Dans la suite logique de ma visite au musée de l’Occupation et dans les cellules du KGB d’hier, je suis allée voir le Monument aux victimes du communisme 1940-1991, à l’extérieur de la ville. Parce que dès 1940, alors que l’Union soviétique a envahi le pays, les politiciens, l’élite intellectuelle et les officiers de la police, par exemple, ont été exécutés ou déportés. Au total, au moment où l’Estonie a retrouvé son indépendance (en 1991, après l’éclatement de l’URSS), c’est plus de 100 000 personnes qui ont été tuées, emprisonnées ou déportées (dans des camps en Sibérie ou au Kazakhstan, lieux accueillants, de sinistre mémoire). En 1959, à la mort de Joseph Staline, les Estoniens dans les camps ont demandé à être «retournés» en Estonie. Mettons que ça a pris du temps et que ça n’a pas été facilement accordé. La preuve? Le dernier Estonien est rentré au pays en… 1989.
Le Monument aux victimes du communisme est en deux parties: un long couloir noir, angoissant, oppressant, qui symbolise le pouvoir des régimes totalitaires. Sur les murs de ce long couloir, les noms des victimes. J’ai regardé: il n’y a pas de Roberge dans les Estoniens disparus. Puis, au bout de ce couloir, un parc. Pour symboliser la paix, la tranquillité. C’est dans ce parc que des stèles funéraires font office de respect aux disparus. Parce que, évidemment, on ne sait pas où sont enterrés les Estoniens déportés.
Pas ben loin de là, il y a la tour de la télévision de Tallinn, la Teletorn. Cette tour, la plus haute du pays, a été construite à la fin des années 70, pour remplacer la vieille tour qui datait de 1955. La vieille aurait pu être encore bonne, mais comme Moscou accueillait les Jeux olympiques de 1980, et que les courses de voile se faisaient dans la baie de Tallinn (parce que, je vous le rappelle, l’Estonie était – à son corps défendant – une des républiques soviétiques socialistes et faisait partie de l’URSS), il fallait donc avoir une tour de télé digne de ce nom pour transmettre les activités olympiques. Quand on sait que les Jeux olympiques, généralement, servent de tremplin pour les pays pour revamper (ou carrément construire) les installations sportives, on ne sera pas étonné que l’Estonie en ait profité. Ça a l’air que l’URSS, à l’époque, avait engagé des travailleurs venus de pays étrangers et un Japonais qui était venu prêter main forte a eu le bonheur de gagner… une Lada, comme prix de «participation» aux travaux. Le chanceux.
La tour de la télévision a été par la suite le lieu de manifestation, en 1991, au moment de la quête d’indépendance du pays : les Soviétiques ont voulu empêcher les Estoniens d’y accéder, ces derniers se sont défendus et la tour est restée comme un symbole de cette quête d’indépendance.
Il y a une plateforme d’observation au milieu, au 21e étage, (c’est assez évident) et un restaurant. Je suis allée me faire voir en haut.
| Un trou pour voir la tour sous mes pieds... (bof...) |
| Ottawa est à 6303 km de Tallinn... |
| Pas évident, mais c'est Tallinn au loin! |
Bon, ok, le tramway de Tallinn a 135 ans d’existence: il a commencé à rouler en 1888. Mais comme il va à l’aéroport, je me disais que ça pouvait compter pour le vingtième siècle, rapport que le 20e, c’est le siècle de l’avion. Partez-moi pas sur le fait que c’est le tramway qui va à l’aéroport de Tallinn. Oui, bazwell: le tramway. La ville (et le gouvernement) a construit des rails jusque-là. Pis l’aéroport de Tallinn, c’est mignon comme tout. En fait, comme le pays est minuscule et peu peuplé (1,5 millions d’habitants), l’aéroport est en conséquence.
Mais, contrairement à celui de Chicago (grrrrrr), il y a quelques restaurants (j’en ai vu deux), un dépanneur, des bancs pour s’assoir en attendant que nos amis partent… Non, vraiment, l’aéroport de Chicago, c’était de la merde. Mais celui de Tallinn, c’est chouette. Pis celui de Montréal, ben… il est ben beau, mais tellement pas accessible. Comment ça se fait que l’aéroport de Tallinn est accessible en tramway? Comment ça se fait que celui de Helsinki a un train qui circule aux 15 minutes pour aller en ville en moins de 20 minutes? Mautadine qu’on fait dur, des fois.
On m'a dit dernièrement que les gens de Québec ne voulaient pas de tramway à cause de la neige l'hiver. Il faudrait leur parler du tramway à Helsinki et à Tallinn, ils ont de la neige eux aussi et ça fonctionne.
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