J’ai marché, marché, marché. Mais seulement la moitié droite de la vieille ville de Riga. Pourquoi? C’est le hasard de mes pas qui a décidé. Mais ce que j’y ai vu est juste tellement beau, sous une petite neige. Un méchant bon feeling. La moitié gauche, ça sera pour un autre jour.
J’ai erré, donc. Ce qui fait que je ne peux pas vraiment vous dire ce que j’ai vu. Ben, quand même un peu, mais pas tant.
J’ai commencé par visiter l’office du tourisme pour finir de m’organiser, puis trois librairies à la recherche de mon Tintin. Comme en Estonie, ça ne sera pas possible… (insérez un snif ici).
Voici quelques photos de mon errance.
Maison des têtes noires
Bon, une autre affaire que je ne connaissais pas. Mais je me rassure (j’essaie…) en me disant que vous ne connaissez pas nécessairement ça, vous non plus. Les têtes noires. Ouan. Une guilde de marchands célibataires mise sur pied à la fin du 14e siècle, en Livonie (aujourd’hui, l’Estonie et la Lettonie).
La maison des têtes noires a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aujourd’hui, elle est reconstruite à l’identique, sur les fondations de la vieille maison. Ce qu’on visite, c’est la cave, avec les vieilles fondations, justement.
Puis, les salles de réception qui servent au gouvernement.
Vous le saviez, vous, que Vaira Vīķe-Freiberga, l’ancienne présidente de la Lettonie, a longuement habité au Canada et a enseigné la psychologie à l’Université de Montréal (de 1965 à 1998)? Elle est rentrée en Lettonie en 1998 pour occuper un poste administratif et… pouf!, l’année suivante, elle est présidente. Un genre de compromis entre les partis au pouvoir, parce qu’elle est une femme de consensus. N’empêche qu’elle est restée présidente pendant deux mandats, jusqu’en 2007.
Le musée de l’Occupation.
Encore. Rapport que l’histoire de la Lettonie ressemble pas mal à celle de l’Estonie, tiens. Sont voisins, les deux pays… Avec l’Estonie, la Lettonie formait la Livonie il y a longtemps. Les premières traces de Riga datent de 1201. Ça fait comme un boutte. La Lettonie existe, comme entité indépendante, dès 1920. Vingt ans de paix… puis la Seconde Guerre mondiale. Occupée par l’Union soviétique (à cause du traité Ribbentrop-Molotov), puis par l’Allemagne (quand elle a attaqué l’URSS), puis retour à l’occupation par l’URSS après la guerre, jusqu’en 1990.
| «Le» pacte Ribbentrop-Molotov, avec les signatures! |
| Une valise du KGB avec des informations sur les gens espionnés... |
Dans l’histoire des trois pays baltes, une date me touche terriblement: le 23 aout 1989, cinquante ans après la signature du pacte Ribbentrop-Molotov). Ce jour-là, 1,5 millions d’Estoniens, de Lettons et de Lithuaniens se sont donné la main pour faire une chaine humaine de 660 km, de Tallinn à Vilnius, en passant par Riga, pour réclamer l’indépendance de leur pays, de façon pacifique. J’avais vu des photos dans le musée de l’Occupation de Tallinn, j’en revois ici. Ça me vire à l’envers, la force du peuple, quand même. Parce que le Mur de Berlin est tombé 2 ½ mois après.
À cause des années d’occupation par l’URSS et des déportations massives dans les goulags, il y a, aujourd’hui, moins de Lettons d’origine que de Russes dans les grandes villes comme Riga. Sauf que le pays est majoritairement letton d’origine. Ce qui fait que le russe n’est plus la langue seconde enseignée dans les écoles du pays. C’est l’allemand ou l’anglais.
Je suis sortie du musée à 17h55. Ça fermait à 18h. Et personne pour nous mettre dehors. Non, non. Le bureau d’accueil était fermé, les lumières éteintes. J’imagine qu’ils ont confiance que tout le monde va partir un moment donné.
À côté du musée de l’Occupation, le monument aux victimes du
communisme. J’imagine que ça veut dire quelque chose, tout ça. Mais je trouve
ça beau. Dans le trou, en bas, des marches qui descendent dans le sol mais qui vont nulle part...
Après souper, je suis allée me faire peur et me geler la vie en montant (avec ascenseur, quand même) dans le clocher de l’église St-Pierre. C’est qu’il ventait pas mal, en haut.
Mais la vue en valait la peine, même si je ne pouvais pas vraiment m’approcher des garde-fous, rapport au vertige et au vent…
Je poursuis. Demain.
Bravo pour Vaira, femme présidente de la Lettonie, et son parcours au Canada. J'ai lu son histoire sur Wikipedia et elle a toute mon admiration. Ce petit pays a une histoire dramatique en raison des envahissements par la Russie et l'Allemagne. Les Lettons ont fait preuve de beaucoup de résilience, ils méritent d'être plus connus et tu y participes.
RépondreSupprimerÔ Lettonie, ni laitte, ni honnie, mais un ex-goulag soviétique dans un décor de Walt Disney nordique où le peuple est capable de former une chaine d'amour de 600 km et de confier les clefs de ses musées aux passantes ébaubies...
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