Encore une fois, du vent à écorner les moutons d’Islande toute la nuit. Ma petite cabane en tremblait presque. Avec la pluie abondante, c’était franchement pas tentant pantoute de sortir dehors.
Conséquence: ce matin, à 8h, alors qu’il faisait encore nuit noire, j’ai annulé mon diner aux serres de tomates. Si j’avais eu vingt-minutes-une-demi-heure de char à faire pour me rendre aux serres de tomates, j’y serai allée. Mais comme j’avais au minimum 2h de char (mais plus 2h30, parce que je ne vais pas toujours à la vitesse limite), je me suis dit que ce n’était pas vraiment une bonne idée de me mettre dans la marde pour aller manger une soupe aux tomates, fussent-elles produites en serre. Je sais que ça ne me ressemble pas beaucoup, moi qui ne rechigne jamais pour avaler les kilomètres. Mais faut savoir être prudent dans la vie.
Faque à 8h, après avoir annulé mon diner aux tomates par Internet, je me suis recouchée… pour me réveiller à midi. Ouan. Encore ben du décalage horaire dans mon vieux corps… qui fait que je me réveille dans la nuit (de 2h à 4h), mais que je me rendors à 8h au lieu de me lever! À midi, il ventait encore, mais il ne pleuvait plus. Je me suis ramassé le corps, j’ai déjeuné et je suis partie pour aller voir des chutes pas loin. Parce que l’Islande est remplie de chutes. Je suis d’ailleurs un peu déçue de la température depuis mon arrivée. Au-delà du vent qui est franchement hallucinant (à la limite de l'épeurant), il n’y a pas de neige. Quelques plaques ici et là, mais rien qui rend le gazon blanc. En fait, le gazon est salement jaune. Je m’attendais à de la neige partout, j’avais envie d’aller marcher dans le frette et dans le blanc. J’avais même apporté mes crampons. Rien de tout ça. Du vent et de la pluie. Je vais devoir revoir mon planning des prochains jours.
En ce dimanche, j’ai avalé une petite cinquantaine de kilomètres pour aller voir une chute que j’ai à peine vu (je vous rappelle, si vous l’aviez oublié, que je n’accorde pas les participes passés avec l’auxiliaire avoir) de la route (pas moyen d’arrêter) et qui était assez minuscule. Une autre patente dézvante.
Mais après, j’ai mis le cap sur Borgarnes. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aime cette petite ville. Je la trouve belle, sur le bord de l’eau, avec ses maisons blanches, vertes et carrées. Malgré les travaux et les cônes oranges (c'est une plaie, ces affaires-là, y'en a partout!)
J’ai eu envie d’aller m’installer quelque part pour lire. Hier, en sortant du musée, j’avais revu le café où Stéphanie et moi, on était allées prendre un décaféiné instantané la journée de notre arrivée, en 2016. À mon grand bonheur, il était ouvert en ce dimanche après-midi. Rempli de toutes les cochonneries de la création que, même à 50% de rabais, je ne vais pas acheter.
Je me suis plutôt commandé un café latte et une gaufre islandaise avec de la confiture de rhubarbe, du chocolat et de la crème fouettée. C’était divin.
J’ai mangé ça (et bu ça) en lisant Boires et déboires d’une déchicaneuse de Marie-Renée Lavoie. Elle me fait rire, elle. Alors j’ai lu. J’ai lu. J’ai lu. Tellement que j’ai fini mon livre et que je suis partie de là à 19h pour rentrer chez moi et me faire à souper.
(Petite note drôle: après le souper, j’ai voulu faire la vaisselle. Sur le comptoir, deux bouteilles qui ressemblent à du savon à vaisselle. J’en prends une, j’asperge la vaisselle – verres, ustensiles et assiettes. Je trouve que c’est glissant et que ça ne lave pas vraiment. Je regarde la bouteille où tout est écrit en islandais. Jusqu’à ce que je réalise que je lavais la vaisselle avec… de l’huile de tournesol! Ça pouvait ben pas laver! Je sais que Patricia va se foutre de ma gueule ici.)
Je vous écris alors qu’il vente encore à écorner je ne sais plus quel animal. Des pointes de vent à 87 km/h, que me dit Météo Islande. Dans ma tite cabane, au milieu de nulle part, je vous jure que ça brasse un peu. Pis que j’ai pas tant de fonne que ça.
Heureusement, il y a la Première chaine de Radio-Canada dans ma tablette.
Entre rire et tristesse : j'ai bien ri de ta mésaventure avec le faux savon à vaiselle. Pas facile de traduire l'islandais en françias, même Reverso ne l'offre pas. Mais je suis triste que ton séjour en Islande soit si peu agréable. Est-ce que les gens que tu rencontres sont plus joyeux? Courage, belle amie!
RépondreSupprimerLes Zislandais sont très gentils. Partout, ils sont accueillants et ne rechignent jamais pour parler anglais.
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